2017 a été une saison exceptionnelle pour les homardiers québécois

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Les homardiers québécois ont connu une autre saison remarquable en 2017, fracassant tous les records de prises et de revenus depuis que des statistiques sont tenues pour les quatre secteurs de captures, soit les Îles-de-la-Madeleine, la Gaspésie, l’île d’Anticosti et la Côte-Nord. Les prises totales ont atteint 7 378 tonnes métriques, pour une valeur consolidée de 112 millions de dollars. Dans le cas des prises, il s’agit d’une augmentation de 42 % alors qu’en ce qui a trait à la valeur, la hausse s’établit à 47 %. Le total des revenus des homardiers québécois a plus que doublé depuis les 51 millions$ de 2014. De plus, quelques ajustements à la hausse pourraient survenir au cours des prochaines semaines, parce que ces données étant encore préliminaires. «C’est une année exceptionnelle à tous les points de vue, que ce soit pour la quantité ou pour la valeur, quand on regarde région par région, sauf à Anticosti, où il a y a eu une petite baisse. Les prises ont quand même été très bonnes à Anticosti, quand on compare à la moyenne des dernières années», précise Ali Magassouba, économiste au ministère fédéral des Pêches et des Océans (MPO). «La valeur des prises québécoises a plus que doublé en trois ans, mais, considérant que cette valeur était de 35 millions$ en 2010, on peut dire qu’elles ont à peu près triplé, en sept ans», ajoute-t-il. Après une année moyenne sur le plan du volume des prises, la situation s’est plus que rétablie pour les 325 homardiers des Îles-de-la-Madeleine. Ils ont déclaré des captures totales de 4 215 tonnes métriques, un record, et un volume représentant une hausse de 64,8 % comparativement à 2016. Les revenus ont conséquemment explosé, atteignant 64,1 millions$, un autre record. Le prix au débarquement a été caractérisé par une légère hausse de 0,8 %, puisqu’il est passé de 6,85 $ à 6,90 $ la livre. Les homardiers gaspésiens ont fracassé un quatrième record de volume de prises et de revenus totaux en autant d’années. Ils ont capturé 2 486 tonnes métriques, une augmentation de 29 % par rapport aux 1 926 tonnes de 2016. Cet élément, juxtaposé à une augmentation de prix de 8%, a propulsé les revenus totaux des homardiers à 38,3 millions$ en 2017, soit un gain de 39,3 % sur les 27,5 millions$ de 2016. Le prix s’est établi à 6,98 $ la livre, alors qu’il avait atteint 6,47 $ un an auparavant. Avec des débarquements de 477 tonnes métriques plutôt que 564 tonnes, les homardiers de l’île d’Anticosti ont connu un recul de 15,5 % sur le plan global. Leurs revenus totaux ont aussi baissé un peu, de 8,5 millions$ à 7,3 millions$, une chute de 13,6 %. Toutefois, comme le nombre de pêcheurs est passé de 15 à 11 entre 2016 et 2017, le succès sur le plan individuel a été significatif. Le revenu par permis de pêche a atteint 665 649 $, comparativement à 565 177 $ en 2016. C’est donc une augmentation de 17,8 %. Le prix a monté légèrement, de 2,2 %, pour atteindre      6,97 $, plutôt que 6,82 $. Les homardiers de la Côte-Nord arrivent en quatrième position en volume et en valeur de prises, mais les captures de cette région commencent à atteindre des niveaux intéressants, à 2 642 570 $, 51,3 % de plus que les 1 746 277 $ de 2016. Les prises ont atteint 199,9 tonnes métriques, comparativement à 134,1 tonnes il y a un an. C’est un bond de 49 %. Le prix s’est établi à 6 $ la livre, légèrement mieux que les 5,90 $ de 2016, une hausse de 1,6 %. Les homardiers d’Anticosti déclarent maintenant, et de loin, la plus forte moyenne de revenus par bateau des homardiers québécois. Ces pêcheurs ont enregistré, rappelons-le, des revenus de 665 649 $ en 2017, comparativement à 565 77 $ en 2016. C’est loin devant les Gaspésiens, avec 248 595 $, comparativement à 172 806 $ il y a un an. Les Madelinots arrivent en troisième place, avec 197 258 $, mieux que les 118 779 $ de 2016. Les homardiers nord-côtiers ferment la marche avec un revenu par bateau de 48 936 $, tout de même en hausse de 42,9 % par rapport aux 34 241 $ de 2016. Le prix moyen payé aux pêcheurs, toutes régions confondues, a atteint 6,91 $ la livre, en hausse de  3,4 % comparativement aux 6,68 $ de 2016. «C’est une hausse de prix modérée, mais il faut dire que 2016 avait donné lieu à un prix très bon», précise Ali Magassouba. Les fortes quantités de prises suivent 20 ans de mesures de protection des géniteurs aux Îles-de-la-Madeleine et en Gaspésie, période au cours de laquelle l’effort de pêche a beaucoup diminué, par le biais de plusieurs dizaines de rachats de permis en Gaspésie, et par la réduction du nombre de casiers et de jours de pêche, entre autres. «Certains biologistes expliquent que les conditions biologiques, comme la température de l’eau, créent des conditions très favorables pour le homard. Il y a une masse critique. On le constate partout, en Gaspésie, aux Îles-de-la-Madeleine, aux extrémités nord du golfe Saint-Laurent. L’aire de répartition s’étend au nord de la Gaspésie, à l’île d’Anticosti. Je ne suis pas biologiste, mais les conditions semblent   favoriser les zones du nord», signale M. Magassouba. CONDITIONS DE MARCHÉ «De 2008 à 2015, l’offre de homard a vécu une véritable explosion. Ça s’est stabilisé depuis deux ans. Ça continue à croître, mais à un rythme beaucoup moindre. De l’autre côté, les transformateurs ont trouvé d’autres marchés», explique l’économiste, au sujet du contexte prévalant dans la mise en marché du crustacé depuis près d’une décennie. Divers autres facteurs ont influencé la mise en marché du homard en 2017, dont le taux de change. Quand le dollar canadien baisse comparativement à la devise américaine, les exportations s’en trouvent favorisées. «Le dollar canadien a arrêté de descendre par rapport au dollar américain. Il a même augmenté un peu, ce qui a fait cesser l’effet d’effritement de sa valeur. Récemment, ça se remet à descendre mais les fluctuations sont modérées», note aussi M. Magassouba. «Un autre important facteur, c’est la Chine, friande de fruits de mer et de homard en particulier. Les chiffres sont difficiles à obtenir. Dans les articles, les informations sont plus anecdotiques que statistiques. Ce qu’on voit, c’est que la Nouvelle-Écosse exporte de plus en plus, bien sûr dans le reste du Canada et aux États-Unis, mais aussi en Chine. Ça compense l’abondance de l’offre», souligne-t-il. Les données sur la transformation de homard et sur la destination des ventes pour 2017 et même pour 2016 ne sont pas encore disponibles. Les derniers chiffres à jour sont ceux de 2015. «En 2015, des producteurs comme Dégust-Mer (une division de la firme E. Gagnon et Fils, de Sainte-Thérèse-de-Gaspé) et ceux des Îles-de-la-Madeleine achetaient du homard à l’extérieur, dans les Maritimes et dans le Maine. Ça a diminué comme phénomène, ces achats hors Québec», signale Ali Magassouba. Raymond Sheehan, président de la compagnie E. Gagnon et Fils, notait en fin de saison que les ventes étaient, en grande partie, réalisées dans l’axe Québec, Montréal et Toronto depuis quelques années, et que la proportion de produits acheminés aux États-Unis n’occupait plus la même place qu’avant. Prudent au sujet de ce qui pourrait se passer en 2018 dans le secteur du homard québécois, Ali Magassouba précise simplement «qu’il n’y a pas de raison de s’inquiéter pour la nouvelle année. Il faut garder confiance». ÉCONOMIE – pages 8 et 9 – Volume 30,5 – Décembre 2017-Janvier 2018

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À propos de l'auteur : 

Gilles Gagné

Gilles Gagné, né à Matane, le 26 mars 1960. J'ai fait mes études universitaires à Ottawa où j'ai obtenu un baccalauréat avec spécialisation en économie et concentration en politique. À l'occasion d'une offre d'emploi d'été en 1983, j'ai travaillé pour Pêches et Océans Canada comme observateur sur deux bateaux basés à Newport, deux morutiers de 65 pieds. Le programme visait l'amélioration des conditions d'entreposage des produits marins dans les cales des bateaux et de leur traitement à l'usine. Cet emploi m'a ouvert des horizons qui me servent encore tous les jours aujourd'hui. En 1989, après avoir travaillé en tourisme et dans l'édition maritime à Québec, je suis revenu vivre en région côtière et rurale, d'abord comme journaliste à l'Acadie nouvelle à Campbellton. C'est à cet endroit que j'ai rédigé mes premiers textes pour Pêche Impact, à l'été 1992. Je connaissais déjà ce journal que je lisais depuis sa fondation. En octobre 1993, j'ai déménagé à Carleton, pour travailler à temps presque complet comme pigiste pour le Soleil. J'ai, du même coup, intensifié mes participations à Pêche Impact. Je travaille également en anglais, depuis près de 15 ans, pour l'hebdomadaire anglophone The Gaspé SPEC et je rédige l'éditorial du journal Graffici depuis 2007.

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