Baisse de quotas de crabe des neiges à prévoir pour les zones 16, 15, 14, 12A, 12B et hausse pour la 17

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La ressource du crabe des neiges reste en santé dans les zones de pêche de la Côte-Nord, mais les pêcheurs devront respecter le cycle naturel de reproduction du crustacé. La rencontre par les pairs scientifiques tenue à la mi-février à l’Institut Maurice-Lamontagne (IML), de Mont-Joli, a permis d’informer les pêcheurs de crabe de la Côte-Nord de l’état de la ressource. Les   scientifiques effectuent leur analyse à partir des journaux de bord des pêcheurs, grâce à des relevés postsaison et à la pêche au chalut par le LEIM, le bateau de recherche de l’IML du ministère des Pêches et des Océans (MPO). ESTUAIRE ET MOYENNE-CÔTE-NORD Pour la saison 2017, ils recommandent des diminutions de capture de crabe dans les principales zones de pêche de la Côte-Nord. Les stocks de crabe des neiges évoluent différemment dans les zones 16 et 17. Les avis scientifiques recommandent une baisse de 25% dans la vaste zone 16 qui s’étend de Pointe-des-Monts à Natashquan et une hausse de 25% dans l’estuaire du fleuve, soit la zone 17 qui couvre les deux rives. La zone 16 demeure la plus productive de la région, avec 39 pêcheurs traditionnels dans le groupe A, qui se partagent 92,7% des captures et 16 détenteurs de permis du groupe B, qui obtiennent 7,3% du contingent global. Ces pêcheurs polyvalents complètent leur saison avec d’autres espèces. «Nous constatons un recrutement pour la pêche plus faible. Il y a moins de crabes accumulés dans les fonds marins disponibles pour la pêche. La ressource se comporte bien dans la zone 16, mais le moment est venu de baisser les quotas», affirme le scientifique de l’IML qui étudie le crabe de la Côte-Nord, Jean Lambert. CYCLE NATUREL Le cycle de reproduction du crabe est généralement de 9 ou 10 ans. Les quotas autorisés varient de façon importante pour respecter la disponibilité de la ressource. Ainsi, les sciences suggèrent une baisse de quotas de 25% dans la plus grande zone de pêche de la région, soit la zone 16. «C’est tout de même une très bonne zone de pêche. Nous avons vu qu’il y avait abondance de petits crabes qui seront disponibles pour la pêche d’ici 5 à 7 ans. Les nouvelles sont bonnes pour le long terme», affirme le biologiste. Les scientifiques ne prennent pas les décisions finales. Ce sont les gestionnaires du MPO qui fixeront les quotas après une consultation auprès des pêcheurs de la fin février à la mi-mars. «Ça n’a rien à voir avec une surpêche. Il faut juste respecter le cycle de recrutement pour la pêche», précise Jean Lambert. Selon le biologiste de l’IML, les changements climatiques constituent la seule préoccupation de l’industrie à long terme. Le crabe des neiges adulte apprécie les fonds marins dans une eau à 3 degrés et moins. «L’habitat du crabe des neiges diminue. On voit la couche intermédiaire froide qui rétrécit. La surface où l’on retrouve de l’eau à 3 degrés et moins diminue partout. C’est une préoccupation pour le long terme.» Les pêcheurs acceptent de réduire leur quota global à capturer ce printemps, en espérant qu’une hausse des prix compense. «Une baisse de 15% à 20% me semble plus raisonnable, mais on veut bien faire attention à la ressource. Il faut une pêche responsable», exprime le président de l’Office des pêcheurs de la zone 16, Paolo Gionet. «Nous comprenons bien le cycle de la nature et nous visons des pêches durables. Les scientifiques effectuent des analyses qui correspondent à ce que nous constatons à bord de nos navires», renchérit   Norbert Fontaine, superviseur technique de la flotte de pêche chez Pêcherie Uapan, qui gère plusieurs permis de pêche au crabe pour la communauté autochtone d’Uashat mak Mani-Utenam près de Sept-Îles. Pour l’instant, les crabiers sont plus préoccupés par les négociations toujours difficiles avec les propriétaires d’usines de transformation. C’est un tribunal administratif qui tranche le prix au débarquement pour la Côte-Nord depuis 6 ans. Quant à la zone 17, qui regroupe des pêcheurs du Bas-Saint-Laurent, de la Haute-Côte-Nord et du secteur de Baie-Comeau, la biomasse disponible à la pêcherie est beaucoup plus abondante. Les sciences proposent une hausse de 25% dans l’estuaire du Saint-Laurent, après des baisses en 2014 et 2015. La reprise s’est fait sentir en 2016 avec des rendements de capture très élevés. Le biologiste Jean Lambert remarque une bonne vague de recrutement qui devrait transparaître dans les pêches pour quelques années. Les pêcheurs de la Rive-Sud ont connu de meilleurs rendements, mais la tendance à la hausse se constate aussi auprès des pêcheurs de la Côte-Nord dans la zone 17. EN BASSE-CÔTE-NORD Le cycle naturel de la ressource est plus lent dans les eaux froides de la Basse-Côte-Nord. Les avis scientifiques y prévoient des baisses moins importantes. Ils penchent pour une baisse de 20% du total admissible des captures (TAC) pour la zone 15 qui regroupe 8 pêcheurs traditionnels dans le secteur de Kégaska. Le relevé au chalut   effectué avec le bateau de l’IML annonce l’abondance de jeunes crabes disponibles dans quelques années, mais pour 2016, le recrutement pour la pêche est moins élevé dans ce secteur et dans l’ouest de la zone 16. Pour la zone 14, la recommandation des sciences va vers une baisse de 15%, après des hausses en 2014 et 2015. «Il y avait encore de bons rendements en 2016 en Basse-Côte-Nord. Nous remarquons souvent un délai plus à l’est dans le cycle. Les relevés postsaison nous indiquent un recrutement en baisse pour la pêche», explique Jean Lambert. Pour la zone 13, il propose un statuquo ou une légère augmentation du TAC. Les pêcheurs ont fait face à un moratoire de 2003 à 2007, dans ce secteur plus froid situé à la frontière du Québec et de Terre-Neuve et Labrador. Le MPO a autorisé une reprise prudente en 2008. Les indicateurs sont encourageants depuis, et les pêcheurs ont profité de quelques hausses de quotas au cours des dernières années. «Il semble que plus de crabes atteignent la taille légale pour la pêche commerciale. Il y a encore beaucoup de plus petits crabes dans le Nord de la zone et dans le secteur Mécatina. Les indices sont bons pour la zone 13», constate le scientifique de l’IML. À plus long terme, les eaux plus froides de la Basse-Côte-Nord et du Labrador pourraient profiter d’un éventuel réchauffement du climat. ANTICOSTI ET NORD DE LA GASPÉSIE Enfin, pour la zone 12B, autour de l’île d’Anticosti, l’information sur les stocks de crabes est moins abondante. Des pêcheurs ont déserté leur zone de capture l’an dernier, avant de prendre toutes les prises qui leur sont autorisées. «De plus, nous disposons de peu d’information pour le Nord de la Gaspésie, soit la zone 12A. Il n’y a pas eu de relevé postsaison», indique Jean Lambert. Les avis scientifiques calculent les rendements de chaque sortie de pêche. Des baisses de quotas d’au moins 25% pour la zone 12B et de 15% pour la zone 12A sont suggérées pour la saison 2017. ESTUAIRE ET NORD DU GOLFE – page 16 – Volume 30,1 – Février-Mars 2017

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À propos de l'auteur : 

Jean St-Pierre

Jean St-Pierre œuvre dans le domaine des communications depuis 1983, d’abord dans son Saguenay natal, puis à Havre-Saint-Pierre et à Sept-Îles. Il a travaillé comme animateur et journaliste, notamment au Nord-Est, à CILE-MF et Pur FM 94. Jean agit comme correspondant à Pêche Impact en Côte-Nord, depuis plusieurs années.

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