Crabe des neiges de la zone 12 : l’industrie du crabe des neiges s’attendait à une baisse de contingent

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Les principaux joueurs de l’industrie du crabe se raisonnent à l’idée d’une baisse probable de 42% du contingent dans le sud du golfe du Saint-Laurent, parce qu’ils s’y attendaient, sachant pertinemment qu’une répétition des abondants quotas de 2017 serait hors de question. Ce contingent passera vraisemblablement de 43 475 à 25 286 tonnes métriques, en raison d’une diminution de la biomasse totale exploitable de 99 125 à 66 021 tonnes métriques. Le taux d’exploitation chute aussi, de 44% à 38,3%. «C’est pas mal prévisible. On pensait à une réduction un peu plus basse, autour de 30%, mais ça reste dans les écarts d’incertitude. Ça reste une bonne année. On revient au niveau de 2016. C’est l’année passée qui était exceptionnelle», précise Daniel Desbois, président de l’Association des crabiers gaspésiens. D’une moyenne du plus de 400 000 livres par bateau, les quotas individuels passeraient à environ       225 000 livres. «C’est ce qu’on verra quand le plan de pêche sera annoncé. Ils suivent la formule depuis qu’on l’a établi. Ce sera la troisième année», ajoute M. Desbois en faisant référence aux règles de calcul en fonction du niveau de biomasse commerciale disponible. «L’an passé, une quantité de crabes était allée à une communauté autochtone de Miramichi. Ce devait être pour une seule fois», note-t-il également à propos des facteurs qui pourraient influencer le contingent global. La possibilité de voir le prix au débarquement demeurer fort constitue certes un aspect rassurant pour le secteur du crabe des neiges. «Ça se présente bien. Le quota en Alaska a encore diminué. Seules les zones du côté nord de la Gaspésie (zones 17 et 12A) vont bénéficier de hausses de quotas», souligne-t-il à propos de l’effet de rareté qui pousse le prix à la hausse. Les crabiers suivent le taux de change entre le dollar canadien et le dollar américain. «Le dollar canadien est un peu moins avantageux qu’au printemps passé, mais il y a généralement affaiblissement de notre dollar au printemps», note M. Desbois. Un dollar canadien plus faible par rapport à la devise américaine, ou vis-à-vis le yen japonais, favorise les exportations et rapporte davantage aux transformateurs d’ici, et aux pêcheurs par extension. Bill Sheehan, vice-président de la firme E. Gagnon et Fils de Sainte-Thérèse-de-Gaspé, le plus gros transformateur de crabe des neiges au Québec, observe le même phénomène au sujet du dollar canadien. «Il était à 1,24 $ et il est passé à 1,27 $ (dollar canadien pour un dollar américain) en une semaine, récemment. Il était à 1,39 $ durant la saison passée. Il est à souhaiter que la devise canadienne se déprécie dans les prochaines semaines», signale M. Sheehan. «Par contre, il y a une différence entre le crabe et le homard. La mise en marché du crabe, c’est plus long dans le temps et le marché fluctue plus», ajoute-t-il. Bill Sheehan ne s’en fait pas outre mesure avec la baisse à venir du contingent dans le sud du golfe du Saint-Laurent. «Ce sera comparable à 2016. C’est le retour à la normale. Ce n’est pas un désastre comme en 2010», souligne-t-il au sujet de la baisse de 63% du quota annoncée en avril 2010. «Cette année pourrait même offrir un quota un peu supérieur à 2016. Ce serait alors la deuxième meilleure année depuis 10 ans.» Indépendamment du dollar canadien, le prix du crabe des neiges sera fort cette année puisque d’autres zones importantes vivent des baisses de contingent. «Le quota en Alaska est tombé à 20 millions de livres. Il a déjà atteint plus de 100 millions de livres. Vingt millions de livres, c’est moins de deux fois la capacité de transformation de notre usine au printemps. Les quotas à Terre-Neuve baissent aussi. L’an passé, les prises dans le golfe ont été supérieures aux débarquements à Terre-Neuve, où ça devrait encore baisser cette année. Les quotas dans les zones 16 et 17 (le nord du golfe du Saint-Laurent et dans l’estuaire) sont à surveiller : celui de la zone 16 pourrait être le même que l’an dernier et celui de la zone 17 pourrait augmenter jusqu’à 25 %. Il est aussi question que la Russie montera ses livraisons. Au total, il y aura moins de crabes sur le marché et le prix devrait donc rester fort. On le saura bientôt à Boston», analyse Bill Sheehan. Le Boston Seafood Show se tiendra du 11 au 13 mars. C’est un évènement phare dans la détermination des prix et des transactions à venir dans la saison de pêche qui suit. À la fin de février, le prix du crabe sur le marché américain était comparable au prix de 2016 à la même période. «On est dans des niveaux semblables. Ça va ressembler à 2017. Là où ça peut jouer, c’est dans la devise», insiste Bill Sheehan. Quant au prix de gros, il est resté stable à 8,25 $ américains (10,25 $ canadiens) la livre, pour les sections cuites de cinq à huit onces, entre août 2017 et janvier 2018,   remarque l’économiste Martial Ménard, de Pêches et Océans Canada. «Étonnamment, le prix du crabe des neiges sur le marché américain n’a pas augmenté lors de l’annonce de la baisse des quotas de crabe des neiges en Alaska (…) Comment interpréter cette réalité? Se pourrait-il que le prix moyen au débarquement soit rendu à ce point élevé, qu’il était prévisible qu’il atteigne un sommet tôt ou tard? Un prix moyen au débarquement élevé signifie que les prix de gros et ultimement, le prix au détail seront également élevés. Cette stabilité du prix est   rendue nécessaire, car il y a une limite au-dessus de laquelle le consommateur n’accepterait plus de payer pour se procurer du crabe des neiges», dit-il. En 2017, les pêcheurs de crabe des neiges du sud du golfe du Saint-Laurent ont touché autour de 5 $ la livre au débarquement. L’an passé, l’usine de Sainte-Thérèse-de-Gaspé a transformé 12,7 millions de livres de crabe des neiges, un sommet depuis que la famille Sheehan en a acquis la majorité des parts, en février 2010. L’usine devrait transformer autour de 8 millions de livres de crabe en 2018. En comptant les travailleurs d’usine, les employés assignés au débarquement des bateaux et le personnel administratif, E. Gagnon et Fils emploie 500 personnes en période de pointe. Pour la première fois cette année, l’entreprise fera appel à des travailleurs étrangers, soit 30 Mexicains, pendant la saison de transformation. La firme s’occupe de les loger. «Personne de la région ne perdra son emploi. Nous avons des difficultés à recruter. La main-d’œuvre vieillit. À 500 employés, il y en a tous les jours quelques-uns qui sont malades et qui ne peuvent entrer au travail. En plus, on développe des produits spécialisés qui demandent plus de manutention, pour le marché japonais. Il faut de la main-d’œuvre de plus. On est rendus là, l’embauche de travailleurs étrangers. L’autre option, c’est la mécanisation. Chaque année, on ajoute des choses à l’usine, mais il n’y a pas de percée technologique dans le crabe et le homard, comme dans la crevette par exemple»,   explique Bill Sheehan. LE SUD DU GOLFE – page 7 – Volume 31,1 – Février-Mars 2018

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À propos de l'auteur : 

Gilles Gagné

Gilles Gagné, né à Matane, le 26 mars 1960. J'ai fait mes études universitaires à Ottawa où j'ai obtenu un baccalauréat avec spécialisation en économie et concentration en politique. À l'occasion d'une offre d'emploi d'été en 1983, j'ai travaillé pour Pêches et Océans Canada comme observateur sur deux bateaux basés à Newport, deux morutiers de 65 pieds. Le programme visait l'amélioration des conditions d'entreposage des produits marins dans les cales des bateaux et de leur traitement à l'usine. Cet emploi m'a ouvert des horizons qui me servent encore tous les jours aujourd'hui. En 1989, après avoir travaillé en tourisme et dans l'édition maritime à Québec, je suis revenu vivre en région côtière et rurale, d'abord comme journaliste à l'Acadie nouvelle à Campbellton. C'est à cet endroit que j'ai rédigé mes premiers textes pour Pêche Impact, à l'été 1992. Je connaissais déjà ce journal que je lisais depuis sa fondation. En octobre 1993, j'ai déménagé à Carleton, pour travailler à temps presque complet comme pigiste pour le Soleil. J'ai, du même coup, intensifié mes participations à Pêche Impact. Je travaille également en anglais, depuis près de 15 ans, pour l'hebdomadaire anglophone The Gaspé SPEC et je rédige l'éditorial du journal Graffici depuis 2007.

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