Crabiers pour les Baleines : vaste projet de recherche développé

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Les crabiers traditionnels du Nouveau-Brunswick, avec le consentement de leurs collègues du Québec, ont développé un vaste projet de recherche, intitulé Crabiers pour les Baleines, sur les façons de minimiser leurs interactions avec les baleines noires menacées de disparition. Plusieurs experts et firmes d’experts internationaux, spécialisés dans les mesures de protection des mammifères, prennent part à la réalisation de la quinzaine de sous-projets qu’il comporte. DOCUMENTER EN TEMPS RÉEL Un des volets de ces travaux de recherche initiés par l’Association des crabiers acadiens est déjà en branle depuis cet été pour détecter la présence des baleines en temps réel, sur les fonds de pêche. Des hydrophones sont déployés à même les casiers, précise la chercheuse scientifique Lyne Morissette, directrice générale de M - Expertise Marine, qui valide les protocoles scientifiques du programme intitulé Crabiers pour les Baleines. D’ailleurs, le traitement de l’information en direct que ça permet est une première, dit-elle. «Ce qui va être important de développer aussi - et là on est vraiment aux premiers pas de cette expérience-là, où on développe les tests pour voir comment ça marche et comment on est capables de détecter combien de temps ça prend avant d’avoir le signal - bien, après, ce qui va être important c’est de développer une action en lien avec cette détection-là», souligne Mme Morissette. Le programme de recherche s’étendra sur une durée de trois ans. Ses coûts estimés de 2,2 millions $ sont financés par le gouvernement du Nouveau-Brunswick et le Fonds des pêches de l’Atlantique, du ministère des Pêches et des Océans. La contribution de l’industrie vient de la participation d’une dizaine pêcheurs semi-hauturiers. À terme, les travaux devraient permettre une meilleure adéquation entre la gestion de la pêcherie du crabe des neiges et de la protection des mammifères menacés de disparition, expose la chercheuse spécialisée en mammifères et écosystèmes marins. «La gestion intégrée et le développement durable, ça inclut aussi les humains. Il ne faut pas juste gérer les baleines et quand est-ce qu’elles sont là et quand est-ce qu’elles ne sont pas là. Il faut aussi gérer l’impact économique et social que ça peut avoir sur les communautés.» DIMINUER LES RISQUES D’EMPÊTREMENT Un autre volet du programme Crabiers pour les Baleines porte sur la réduction des risques d’empêtrement dans les câbles des casiers. Des essais en mer débuteront en septembre avec des engins sans cordages. Le directeur général de l’Association des crabiers acadiens, Robert Haché, précise que trois types de casiers développés en Californie et sur la côte Est américaine seront expérimentés. «Mais ça prendra plusieurs années, probablement plus de trois ans, avant que ces systèmes-là puissent être produits et distribués et être efficaces dans des situations où il y a des milliers de casiers à gérer, prévient-il. Alors ce n’est pas une solution pour demain matin.» Les essais en mer porteront aussi sur trois différents types de cordage prêts à se rompre lorsque des baleines s’y empêtrent. Les mécanismes de ces engins seront aussi soumis à des simulations virtuelles, grâce à l’expertise scientifique et technique en modélisation informatique développée par l’Aquarium de Nouvelle-Angleterre à Boston. «Il y a la résistance des câbles et il y a des mécanismes qui peuvent couper les câbles si le câble est empêtré sur une baleine et qu’il y a une tension continue sur le câble, illustre M. Haché. Alors, il y a différents aspects qui ont soit déjà été testés, ou sont en voie d’être testés, dans le contexte de la pêche au homard, aux États-Unis, et qu’on tente d’adapter à la pêche au crabe des neiges.» Le programme de recherche Crabiers pour les Baleines est coordonné par la firme Corbo Génie Conseil, de Caraquet. Corbo mettra d’ailleurs à l’essai des prototypes de casiers à crabe des neiges et de cordages intelligents de sa propre conception, l’an prochain. AIRES D’ALIMENTATION D’autre part, des travaux scientifiques de l’Université Dalhousie, qui se penche sur les aires d’alimentation des mammifères menacés de disparition, démontrent que les baleines noires privilégient les fonds marins profonds en pente pour se nourrir. Lyne Morissette explique que les pentes abruptes favorisent les accumulations de nourriture dont ils profitent. «C’est d’ailleurs pourquoi on voit autant de baleines, par exemple dans la baie de Fundy, ou dans le secteur de Tadoussac où la profondeur passe rapidement de 300 mètres à quelques 25 mètres. Puis, c’est la même chose un peu partout où il y a ces espèces de dépressions avec un mur», indique la scientifique. Les chercheurs de l’Université Dalhousie, dont les études portent entre autres sur le bassin Roseway, au large du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, et sur le secteur de Grand Manan, dans le golfe du Saint-Laurent, ont repéré une autre zone d’alimentation à l’entrée de la baie des Chaleurs, soit l’Orpheline Trough. Or, parce qu’il est beaucoup moins profond, le plateau madelinien autour des Îles-de-la-Madeleine est, lui, peu susceptible d’offrir un garde-manger attrayant pour les baleines noires, selon Mme Morissette. «C’est sûr qu’autour des Îles-de-la-Madeleine il peut toujours avoir des baleines, mais techniquement, quand on regarde l’ensemble des paramètres qui pourraient expliquer où il y a plus de baleines, où il y a moins de baleines, les Îles-de-la-Madeleine se retrouvent avec moins de critères favorables.» Notons que le ministère des Pêches et des Océans et le Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie du Canada ont débloqué, en juillet, une somme de 3 millions $ pour soutenir la recherche universitaire visant à protéger les baleines en voie de disparition, incluant les bélugas et les épaulards. LE SUD DU GOLFE – page 5 – Volume 31,4 – Septembre-Octobre-Novembre 2018

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux

Hélène Fauteux, journaliste et coordonnatrice de la salle des nouvelles de CFIM, la radio communautaire des Îles-de-la-Madeleine depuis 29 ans. Je collabore à Pêche Impact depuis les premières heures du journal. Diplômée de l'Université Concordia, à Montréal, où je me suis spécialisée en presse électronique, au sein des facultés de communication et de journalisme. J’ai fait mes premières armes dans la presse écrite pendant mes études, au Canada français, à l'hebdo du Haut-Richelieu. Depuis j’habite dans l'archipel madelinot où elle j’ai épousé un pêcheur de homard et j’ai développé une solide expertise du secteur des pêches et de la mariculture, épine dorsale de l'économie locale.

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