Crevette du Golfe : des prises similaires à 2017 et des usines au ralenti

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La crevette est aussi difficile à capturer que l’an dernier dans la zone de Sept-Îles. Une nouvelle pas si mauvaise qu’il y paraît pour les pêcheurs puisqu'ils s’attendaient à pire et que la hausse des prix au débarquement compense en partie les faibles prises. Par contre, les usines sont frappées de plein fouet par la diminution des quotas. Leurs travailleurs pourraient avoir besoin de l’aide du gouvernement pour passer à travers 2018. Le 7 mai, Martin Paré, capitaine du JD CAROLINE KRISTINE, débarquait son troisième voyage de la saison. Lors des deux précédents, dans la zone de Sept-Îles, il avait capturé respectivement 53 000 livres et 32 000 livres de crevettes. «C’est similaire à l’an dernier. On s’attendait à pire», commente-t-il. Son premier voyage dans la zone d'Anticosti a été agréablement surprenant, avec 100 000 livres de crevettes capturées en six jours. «J’ai été chanceux, précise M. Paré. Les autres à côté de moi n’ont pas pris ça.» Patrice Element, directeur de l’Office des pêcheurs de crevette du Grand Gaspé, confirme que les «taux de capture sont à peu près comme l’an passé». «Dans Sept-Îles, on parle de 30 000 à 40 000 livres par voyage», indique-t-il. C’est peu, si l’on compare à 2015 ou à 2016, mais c’est autant qu’en 2017. En 2018, les pêcheurs s’étaient plutôt préparés à une nouvelle baisse. Au moment de l’entrevue, les pêcheurs étaient à l’œuvre dans Anticosti depuis trop peu de temps pour que M. Element ait une idée représentative du succès de pêche. Toutefois, la pêche dans la zone Estuaire serait «relativement bonne», rapporte-t-il. Une bonne surprise, puisque des indicateurs en forte baisse ont entraîné une réduction des quotas de 74 % cette année dans cette zone. Les prix au débarquement, en hausse de 37 %, vont «compenser en partie, mais pas complètement», croit M. Element, car le coût du diesel a augmenté de 25 % entre 2017 et 2018, note-t-il. Le 6 avril, les membres de l’Office des pêcheurs de crevette du Grand Gaspé se sont prononcés en faveur d’une offre des usines : 1,68 $ la livre pour la grosse crevette, 1,35 $ pour la moyenne et 1,14 $ pour la petite. Il s’agit de prix records pour la Gaspésie; le précédent record datait de 2016. En 2017, les prix négociés étaient de 1,19 $, 0,99 $ et 0,85 $ la livre. Le total des captures autorisées dans le golfe a baissé de 35 % cette année, pour se fixer à 17 338 tonnes. La baisse encaissée par chacun des capitaines dépend de ses zones de pêche. Les captures autorisées dans Anticosti sont en baisse de 15 %, alors qu'elles diminuent de 60 % dans Sept-Îles. Ces deux zones sont les plus fréquentées par les crevettiers de Rivière-au-Renard. USINE AU RALENTI Chez Pêcheries Marinard de Rivière-au-Renard, on prévoit transformer 5 millions de livres de crevette du golfe en 2018. À titre de comparaison, l’usine avait traité 12 millions de livres en 2016, puis 9 millions de livres en 2017. «On travaille fort pour trouver des solutions intéressantes, c’est la viabilité du village qui est en jeu. C’est un dossier de 25 heures par jour, on prend ça au sérieux. Il faut s’entendre avec le ministère et avec nos employés», déclare le président-directeur général, Pascal Noël. Marinard compte près de 200 employés de production. Au moment d’écrire ces lignes, M. Noël refusait d’en dire plus à Pêche Impact, puisque rien n’était encore conclu. Selon le président du syndicat des travailleurs de Pêcheries Marinard, Réjean Aubut, le MAPAQ, le Centre local d’emploi et les gestionnaires du système fédéral d’assurance-emploi négocient une entente pour aider les travailleurs qui se retrouvent sans paie ni prestation de chômage. Marinard fonctionne très au ralenti, rapporte M. Aubut. «L’usine a trois shifts [équipes de travail]. La semaine dernière [celle du 30 avril], le premier a travaillé quatre jours, le deuxième a fait un seul jour de travail et sur le troisième, il reste à peu près quatre personnes», décrivait M. Aubut. Il est question de formation pour combler les heures des employés, indique le président du syndicat. Malgré cette possibilité, «les travailleurs ne sont pas rassurés. Avec le Centre local d’emploi, ce serait seulement le dernier recours, pour ceux qui n’ont pas de revenu présentement». Mais vu la cadence de l’usine, des travailleurs risquent de se retrouver dans le trou noir (sans paie ni prestations) dès novembre ou décembre, estime M. Aubut. Au cours des dernières semaines, les employés de Marinard ont transformé de la crevette congelée pêchée au nord du Labrador, rapporte le président. Ils s’attendent à en traiter de nouveau au mois d’août. Les travailleurs risquent tout de même de se retrouver inoccupés d’ici là, estime M. Aubut. Pêche Impact n’a pas réussi à obtenir les commentaires de l’usine Crevette du Nord Atlantique, de L’Anse-au-Griffon. GASPÉ-NORD – page 3 – Volume 31,2 – Avril-Mai 2018

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À propos de l'auteur : 

Geneviève Gélinas

Geneviève Gélinas travaille comme journaliste pour Graffici et à la pige principalement pour Le Soleil et The Spec. Elle se fait un plaisir de plonger dans le monde des pêches et de l’aquaculture plusieurs fois par année pour le compte de Pêche Impact. Elle s’est fixée à Gaspé pour de bon en 2002, après des études à l’Université de Montréal où elle a complété un certificat en journalisme et un baccalauréat en musique. Née et élevée à Yamachiche en Mauricie, rien ne la destinait à faire sa vie en Gaspésie, sinon des racines à Mont-Louis côté maternel. Elle a débarqué ses bagages à Gaspé, en 2002, et ne les a plus refaits depuis, sinon pour voyager avec son conjoint et leurs deux jeunes Gaspésiens, de souche ceux-là!

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