De la valeur ajoutée dans les… résidus marins!

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Les entreprises devront se conformer d’ici 2020 à la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles qui leur interdira l’enfouissement de matières périssables. Dans le secteur des produits halieutiques, issus de la pêche ou de l’aquaculture, ceci implique d’importants volumes de résidus qui devront être détournés des sites d’enfouissement pour être valorisés. Selon les espèces, souvent plus de 50 % du produit initial devient un coproduit, c’est-à-dire une partie non utilisée, mais récupérable lors des opérations de transformation dans les usines. Une situation assez unique dans l’industrie alimentaire! LA TRANSFORMATION ET LE DÉVELOPPEMENT DURABLE Pour faciliter la gestion des coproduits par les entrepreneurs, Merinov a mis sur pied le projet pilote, Maillage transformation halieutique - 100 % réutilisation, qui propose de nouvelles avenues de valorisation. Ce projet pilote qui se déroulera durant deux ans vise notamment à instaurer un système de mise en relation entre les transformateurs qui doivent disposer, par exemple, de carapaces de crustacé, de coquilles de moule ou de peaux de poisson, et les preneurs de ces mêmes coproduits. Le projet est en quelque sorte un gestionnaire de l’offre et de la demande en matière de résidus halieutiques, et ce, dans un cadre qui respecte la confidentialité des informations transmises par les divers participants. Ainsi, des tonnes de matières à fort potentiel connaîtront une nouvelle utilisation ou application au lieu d’être enfouies inutilement. UN PROJET D’ENVERGURE AUX NOMBREUX AVANTAGES Pas moins de cinq régions où se concentrent les usines de transformation du secteur sont ciblées : Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Bas-Saint-Laurent, Côte-Nord, Québec et Montréal. Quelques entreprises qui se situent à l’extérieur de ces régions, dont certaines piscicultures, sont également visées. Adhérer à Maillage transformation halieutique - 100 % réutilisation comporte plusieurs avantages. En plus de poser un geste écologique, les entreprises ont tout à gagner puisque la participation au projet pilote est gratuite. D’autant plus que si elles payent en ce moment pour se débarrasser de leurs résidus, elles trouveront un intérêt économique à les valoriser. Outre l’aspect monétaire, l’accès à tout un réseau, qui dépasse les frontières des produits halieutiques, est aussi intéressant. Le cercle de relations d’affaires, s’étendant hors des contacts déjà établis, offre un monde de possibilités. Par exemple, Merinov collabore avec plusieurs autres centres de recherche, grâce notamment au Réseau Trans-Tech, qui regroupe tous les centres collégiaux de transfert de technologie. Ces collaborateurs travaillent dans des secteurs diversifiés, comme les produits de santé naturels, les cosmétiques ou les biomatériaux de sorte que l’éventail d’utilisateurs potentiels de coproduits marins s’élargit à maintes possibilités. Des entreprises disposent déjà de solutions de réutilisation, mais existe-t-il des voies de valorisation plus intéressantes, voire plus lucratives pour leurs coproduits? De plus, le système de maillage rend possible le regroupement de résidus en provenance de plusieurs PME pour des applications qui nécessitent des volumes plus importants. La mise en commun crée alors des occasions de partenariats, impossibles autrement. Finalement, il ne faut pas oublier que chaque effort déployé par les entreprises en matière de développement durable est toujours très apprécié par les consommateurs. L’INFORMATION VAUT SON PESANT D’OR Avant d’être en mesure d’effectuer des jumelages, une étape cruciale de collecte de données doit avoir lieu. Pour ce faire, Merinov se rend directement en entreprise selon les disponibilités des transformateurs. La visite est d’une durée variable selon les besoins et la capacité de production et se combine à une autre intervention au besoin. Traitées de façon confidentielle, les informations essentielles à la réalisation du projet sont : les types de coproduits, leurs volumes, le moment de l’année où ils sont disponibles et leurs utilisations actuelles. À titre fictif, une entreprise pourrait avoir xyz tonnes de carapaces de crabe en mai, dont elle dispose par épandage dans les champs. Elle a aussi une petite quantité d’arêtes de flétan en été qui sont, pour le moment, jetées aux rebuts. Bien connaître la situation de chacune des entreprises participantes contribue à proposer des solutions personnalisées qui collent à leur réalité. Les informations seront ensuite colligées dans une banque de données et un outil de maillage informatisé, appelé Synergie Québec, sera utilisé. Cet outil a été développé par le Centre de transfert technologique en écologie industrielle à Sorel-Tracy. Il a été utilisé avec succès dans plusieurs régions du Québec et a fait ses preuves pour la gestion d’information sécurisée et l’identification de maillage pour la réutilisation de coproduits industriels. Lorsqu’une correspondance sera identifiée entre les besoins d’un utilisateur et les coproduits disponibles, Merinov effectuera le premier contact, et ce, dans le but de préserver la confidentialité des participants. S’il y a une volonté partagée, les entreprises seront mises en contact et pourront développer leur propre relation d’affaires. LOIN DES SITES D’ENFOUISSEMENT À terme, Maillage transformation halieutique - 100 % réutilisation dressera un portrait de la situation en matière de coproduits dans les entreprises de transformation de produits halieutiques au Québec. Le système de maillage entre acteurs de tous les horizons permettra de développer des utilisations innovantes aux coproduits de façon à tenir les résidus marins loin des sites d’enfouissement. REMERCIEMENTS Ce projet est financé par le Fonds vert dans le cadre d’Action-Climat Québec, un programme découlant du Plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques. Il a été rendu possible grâce à la contribution du Fonds d’action québécois pour le développement durable (FAQDD) et de son partenaire financier, le gouvernement du Québec. Il a obtenu l’appui, entre autres, du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation et de l’Association québécoise de l’industrie des pêches. Par Marie-Gil Fortin, chercheuse industrielle, et Maude Sirois, professionnelle de recherche du centre d’expertise en biotechnologies marines chez Merinov RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT – page 28 – Volume 31,2 – Avril-Mai 2018

300 X 250 Hydraunav
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À propos de l'auteur : 

Maude Sirois
maude.sirois@merinov.ca'

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