Dur, dur de négocier le juste prix du crabe de la zone 16

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Une séance de médiation du 3 au 5 juillet tentera de fixer le prix du crabe des neiges versé au débarquement sur la Côte-Nord. Pêcheurs et industriels ne s’entendent toujours pas, malgré de bonnes conditions de marché. Les crabiers de la Côte-Nord ont espoir d’obtenir 5 $ la livre pour leur capture de 2017. C’est ce qui est présentement accordé à leurs homologues de la Gaspésie et du Nouveau-Brunswick. «Le prix sur le marché international à Boston a continué de progresser pendant la saison», annonce le président de l’Office des pêcheurs de crabe de la zone 16, Paolo Gionet. PAS D’ENTENTE NÉGOCIÉE Quelques rencontres avant le début de la pêche n’ont pas permis de conclure d’entente sur le prix au débarquement. Les crabiers de la Côte-Nord ont reçu tout au cours de la saison le prix de départ de 4,23 $ la livre, en vertu d’une décision du tribunal administratif. La négociation est difficile entre l’Office des pêcheurs et l’Association québécoise de l’industrie de la pêche (AQIP) depuis la mise en place d’un plan conjoint pour la commercialisation du crabe des neiges de la Moyenne-Côte-Nord, il y a 7 ans. La Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec étudie le conflit presque chaque année pour trancher en arbitrage. La présidente de la Régie, Me France Dionne a été très sévère envers les deux parties lors de sa plus récente analyse du conflit. Elle a constaté une absence de confiance entre les pêcheurs et les industriels, «qui conduit à des coûts additionnels en argent, en temps et en énergie». «La formule de partage entre pêcheurs et industriels fait l’objet de discussions et de décisions de la Régie depuis longtemps. Nos coûts sont connus», estime Paolo Gionet. Il affiche de l’enthousiasme pour le prix final avantageux que pourraient obtenir les pêcheurs, mais peu de confiance envers le processus de médiation, qui sera expérimenté pour la deuxième fois avec les propriétaires des usines de transformation de la Côte-Nord. Parmi les facteurs favorisant un bon prix au débarquement pour les pêcheurs du Québec en 2017, notons la forte demande chez les consommateurs américains, une mauvaise saison de pêche en Alaska l’hiver dernier et un taux de change favorisant les exportations canadiennes vers le royaume de Donald Trump. L’industrie a profité d’une hausse de 20% de la valeur des débarquements l’an dernier. La tendance se maintient pour 2017. «C’est très dommage de ne pas pouvoir s’entendre année après année. La formule de partage est simple. L’utilisation du Seafood Price Current de notre catégorie de crabe affiché sur le marché de Boston est acceptée de tous. Il suffit de s’entendre sur le pourcentage. Tout est analysé par la Régie chaque année. Il y a peu de volonté de négocier quand c’est le temps de la part des propriétaires d’usines. Notre demande d’obtenir 50% du prix du marché est raisonnable en fonction de la réalité de notre industrie», défend le président de l’Office des pêcheurs. Avec sa décision de janvier dernier, la Régie a accordé jusqu’à 47,8 % du Seafood Price Current en dollars canadiens aux pêcheurs de crabe de la zone 16, pour la dernière semaine de pêche de la saison 2016. Le directeur de l’AQIP, Jean-Paul Gagné souhaite un partage équitable des profits et de la marge bénéficiaire de la pêche au crabe. Pour lui une entente négociée demeure idéale. Il déplore toutefois le manque de confiance des pêcheurs envers les industriels. L’Association défend que les industriels assument plus de dépenses que les pêcheurs et doivent obtenir un plus fort pourcentage du prix de vente. Paolo Gionet croit que les perspectives sont bonnes pour plusieurs années tant pour un prix intéressant sur les marchés, que pour la ressource dans les différentes zones de pêche de la Côte-Nord. «C’est très triste de ne pas parvenir à des ententes négociées dans le cadre d’un plan conjoint. Il faut pourtant seulement fixer ensemble le pourcentage de chacun. On n’a pas juste ça à faire de négocier! Lorsque la pêche débute, nous avons des bateaux à opérer et les usines ne manquent pas de travail. Même les médiations en juillet, ce n’est pas l’idéal pour moi, qui pêche d’autres espèces», précise le pêcheur de crabe du Groupe B, qui détient aussi des permis de capture du turbot, du buccin, entre autres. LE CRABE AU RENDEZ-VOUS La saison a démarré un peu plus tard en raison des glaces et du mauvais temps. La Basse-Côte-Nord a été particulièrement retardée par les glaces épaisses et présentes jusqu’à la deuxième semaine de juin sur le territoire de Tête-à-la-Baleine à Blanc-Sablon. À la demande de l’industrie, les gestionnaires du ministère des Pêches et des Océans (MPO) ont prolongé la saison dans certaines zones de pêche comme la 13, au large de Blanc-Sablon et de Terre-Neuve. Le secteur fait l’objet d’une controverse frontalière. Des pêcheurs de Terre-Neuve ont déposé des casiers pour revendiquer un plus grand accès à cette zone de pêche qui montre de bons signes de santé depuis 3 ans, après avoir fait l’objet d’un moratoire sur la pêche au crabe dans les années 2000. Plusieurs gestes se sont succédé au printemps dans le cadre de ce mouvement de protestation des pêcheurs terre-neuviens du fait que la majorité des permis de crabe de la zone 13 sont émis au Québec. Dans l’estuaire (zone 17), une pêche rapide a démontré la pertinence de la décision des scientifiques de permettre une hausse de 25% des prises autorisées pour les 23 pêcheurs détenant des permis   pour le crabe au large de Baie-Comeau, Rimouski et Les Escoumins. En Moyenne-Côte-Nord, la grande majorité du contingent de crabe de la zone 16 a été pêché assez rapidement. Au congé de la Fête nationale du Québec, il ne restait que quelques pêcheurs qui devaient encore transborder des voyages de crabe sur les quais de la région. Le seul secteur où la pêche a été un peu plus difficile est situé au centre de la Minganie. Les crabiers locaux se questionnent sur les impacts du vaste chantier d’Hydro-Québec qui construit depuis 7 ans, quatre centrales hydroélectriques sur la rivière Romaine. Elle se déverse dans le Saint-Laurent entre le territoire de la communauté d’Ekuanitshit (Mingan) et de Havre-Saint-Pierre. Les pêcheurs de Natashquan plus à l’est et ceux de Rivière-au-Tonnerre plus à l’ouest ne rapportent pas de problèmes particuliers, alors que les rendements dans les casiers de crabe des neiges ont été beaucoup plus faibles au large du Havre et du quai de Mingan. Les quotas de la zone 16 ont baissé de 15% en 2017 pour respecter le cycle de reproduction de l’espèce. Les pêcheurs remarquent la présence de beaucoup de crabe de taille juvénile qui annonce un   retour à de meilleurs quotas dans quelques saisons. «À part les inquiétudes sur les effets négatifs des barrages de la rivière Romaine, la ressource est en très bonne santé chez nous. Il faudra attendre les résultats des relevés postsaisons pour entrevoir ce qui s’annonce pour 2018, mais nous n’avons aucune inquiétude pour l’avenir du   crabe des neiges dans la région», assure le porte-parole des crabiers de la Côte-Nord, Paolo Gionet. L’usine Crustacés Baie-Trinité a bonifié sa production de 2017 en recevant du crabe des zones de pêche de la rive sud en plus de celui des zones 13 à 17. L’usine de Pêcherie UMEK à Sept-Îles a transformé le crabe de la zone 15, en plus de celui capturé par les bateaux autochtones de la région et de plusieurs autres pêcheurs, grâce notamment à une entente de cogestion avec Crabiers du Nord. Les usines de Rivière-Saint-Paul, Harrington Harbour, Havre-Saint-Pierre et Longue-Pointe-de-Mingan ont aussi connu de bonnes saisons de transformation de crabe des neiges. LA MOYENNE-CÔTE-NORD – page 17 – Volume 30,3 – Juin-Juillet-Aout 2017

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À propos de l'auteur : 

Jean St-Pierre

Jean St-Pierre œuvre dans le domaine des communications depuis 1983, d’abord dans son Saguenay natal, puis à Havre-Saint-Pierre et à Sept-Îles. Il a travaillé comme animateur et journaliste, notamment au Nord-Est, à CILE-MF et Pur FM 94. Jean agit comme correspondant à Pêche Impact en Côte-Nord, depuis plusieurs années.

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