Élevage de saumon à Grande-Rivière : le projet de Canaquaculture retardé

Actualités, Aquaculture, Nouvelles
0

Canaquaculture repousse d’unan l’échéancier de son projet pour produire du saumon élevé en bassin à Grande-Rivière. L’entreprise n’a pas encore reçu l’autorisation d’importer des œufs de saumon d’Europe et la cession du terrain projeté n’est pas complétée. En ce qui concerne la permission d’importer, la démarche semble vouée à l’échec, a appris Pêche Impact.
Canaquaculture souhaite investir 16 millions de dollars pour construire une pisciculture dans le parc industriel de Grande-Rivière. L’entreprise récolterait 1 000 tonnes métriques de saumon par an (environ 200 000 poissons), un projet qui créerait huit emplois directs et cinq emplois indirects.
Canaquaculture veut importer des œufs de saumon d’Europe, probablement d’Islande, afin de les faire éclore en Gaspésie. Autorisation qui ne lui a pas encore été donnée par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), indique le directeur des affaires publiques de l’entreprise, Jean-Sébastien Thériault. «Ce n’est pas que ce n’est pas permis, mais c’est réglementé de façon très sévère parce qu’on est considérés comme un milieu sans maladie au Québec. On a fait une demande à l’Agence canadienne d’inspection des aliments. On explique qu’on est en circuit fermé, qu’il n’y a pas de danger de contamination. On devrait avoir une réponse, ou au moins un suivi, en mai.»
Canaquaculture privilégierait une entreprise partenaire gaspésienne pour se charger de l’éclosion des œufs et de la croissance du tacon jusqu’à dix grammes. Canaquaculture s’occuperait ensuite de faire croître le poisson jusqu’à cinq kilos. En l’absence d’un tel partenaire, Canaquaculture pourrait aussi se charger elle-même de l’écloserie, précise monsieur Thériault.
Pêche Impact a demandé à l’ACIA s’il était possible, en vertu de la réglementation actuelle, d’importer au Québec des œufs de saumon d’Europe. La réponse est négative. «Les pays européens desquels une entreprise québécoise souhaite importer du saumon ont obtenu des résultats positifs aux analyses de dépistage du virus de l’anémie infectieuse du saumon. Puisque le Québec est actuellement exempt de cette maladie, ces pays ne sont pas admissibles à l’exportation vers cette province», a répondu une porte-parole de l’ACIA par courriel.
Canaquaculture n’envisage pas d’utiliser des souches indigènes au Québec. «Ça ne nous intéresse pas. On veut une croissance optimale, des œufs présélectionnés, tous femelles et stériles», répond monsieur Thériault. Cette expertise se trouve en Europe.
TERRAIN
Canaquaculture veut construire un bâtiment de 45 mètres par 60 sur un terrain situé derrière l’entreprise Fipec et le supermarché IGA de Grande-Rivière. Le terrain appartient au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), qui est actuellement en processus de cession avec la Ville de Grande-Rivière. Canaquaculture attend la fin de cette démarche, indique monsieur Thériault. «C’est la Ville qui négocie avec le MAPAQ pour pouvoir ensuite nous le céder.»
«Vu que le dossier des œufs et celui du terrain ne sont pas réglés, on a préféré décaler l’échéancier d’un an. La construction commencerait en mai 2018 plutôt qu’en mai 2017. On aurait pour un peu moins d’un an de construction. Début 2019, on mettrait les premiers poissons dans le site, pour récolter une première cohorte à la fin 2019», indique monsieur Thériault.
Les actionnaires du projet sont Jean-Sébastien Thériault et Guy Bouchard, d’Havre-Saint-Pierre, ainsi que Yi Zhou, de Montréal. John Doyle, qui était président de Canaquaculture à l’annonce du projet en mars 2016, a disparu de la liste des actionnaires et des administrateurs dans le Registre des entreprises du Québec.
Monsieur Doyle est un ancien représentant en valeurs mobilières, qui a plaidé coupable à des accusations d’évasion fiscale en 2006. Il a dû payer une amende de 86 720 $, soit 70% de l’impôt qu’il a voulu éviter, selon le journal Conseiller. De 1998 à 2000, monsieur Doyle avait omis de déclarer des revenus de 498 500 $ provenant de chèques destinés à ses clients et qu’il avait frauduleusement encaissés.
L’an dernier, Guy Bouchard avait refusé de commenter le passé de monsieur Doyle. Monsieur Bouchard est dorénavant président de Canaquaculture.
Canaquaculture utiliserait un système d’élevage, de circulation et de filtration nommé RAS2020. Une piscine circulaire de 5 millions de litres, divisée en 14 sections, accueillerait les saumons. Un courant de 0,2 à 0,5 mètre par seconde serait induit dans le bassin. Une prise d’eau salée dans la mer apporterait 10% d’eau neuve chaque jour. L’eau serait filtrée à l’entrée et à la sortie grâce à des bactéries et des rayons UV. Le fumier de saumon serait asséché et ensaché.
En plus de ce projet, Canaquaculture prévoit construire deux autres sites aquacoles semblables, l’un toujours à Grande-Rivière et le suivant sur la Côte-Nord ou en Gaspésie, pour des investissements respectifs de 15 et de 16 millions de dollars.

Réf.: AQUACULTURE – page 31 – Volume 30,2 – Avril-Mai 2017

300 X 250 Chantier naval Forillon
300 X 250 Kohler Marine
300 x 250 Trinav
300 X 250 Polymos
300 X 250 Raymarine
300 X 250 Entreprises Léo Leblanc
300 X 250 Lelièvre, Lelièvre et Lemoignan
300 X 250 Techno Soude Marine
300 X 250 BAPAP
300 X 250 Hydraunav
300 X 250 Wajax Volvo Penta
300 X 250 ZF
300 X 250 Mackay Marine
300 X 250 Mirapakon
300 X 250 Marindustriel
300 X 250 Pétroles Poirier
300 X 250 Wajax MTU
300 X 250 Desjardins
300 X 250 Diesel-Bec

À propos de l'auteur : 

Geneviève Gélinas

Geneviève Gélinas travaille comme journaliste pour Graffici et à la pige principalement pour Le Soleil et The Spec. Elle se fait un plaisir de plonger dans le monde des pêches et de l’aquaculture plusieurs fois par année pour le compte de Pêche Impact. Elle s’est fixée à Gaspé pour de bon en 2002, après des études à l’Université de Montréal où elle a complété un certificat en journalisme et un baccalauréat en musique. Née et élevée à Yamachiche en Mauricie, rien ne la destinait à faire sa vie en Gaspésie, sinon des racines à Mont-Louis côté maternel. Elle a débarqué ses bagages à Gaspé, en 2002, et ne les a plus refaits depuis, sinon pour voyager avec son conjoint et leurs deux jeunes Gaspésiens, de souche ceux-là!

Nos partenaires

ÉPAQ
MAPAQ
AQIP
Comité sectoriel de main d'oeuvre des pêches maritimes

Abonnez-vous

Connexion des abonnés

Lost Password?

Réseaux sociaux

Nous Contacter

Journal Pêche Impact

167, Grande-Allée Est
Grande-Rivière (Québec) G0C 1V0

Téléphone : (418) 385-2126
Télécopieur : (418) 385-2888

Courriel : pecheimp@globetrotter.net