Élevage expérimental de naissain d’huîtres : un succès inespéré pour Fermes marines du Québec

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Fermes marines du Québec obtient un succès inespéré avec sa première production de naissain d’huîtres à son écloserie de Newport. L’entreprise veut poursuivre cet élevage expérimental à plus grande échelle l’an prochain. Fermes marines s’est procuré des huîtres auprès de Trésors du Large, des Îles-de-la-Madeleine, qui s’approvisionnent eux-mêmes au Nouveau-Brunswick. L’entreprise a conditionné ses géniteurs à pondre. Résultat : 12 huîtres, mâles et femelles, ont produit 60 millions d’œufs fécondés. Les larves sont nourries de phytoplancton, jusqu’à ce qu’un pied apparaisse vers l’âge de 14 à 21 jours. Fermes marines les transfère alors dans des contenants où se trouve du sable ou des coquilles écrasées. La larve utilise ce support pour se fixer puis croître. Fermes marines du Québec veut vendre du naissain mesurant entre 2 et 25 millimètres de diamètre, selon les besoins des clients. «Les taux de croissance et de survie sont bien au-delà de nos attentes», indique Jean-Philippe Hébert, président de Fermes marines du Québec. «Normalement, on fait du pétoncle, qui est reconnu comme le plus dur à faire en élevage, alors que l’huître est reconnue comme facile», explique-t-il. L’entreprise peut donc transférer son expertise en élevage de naissain de pétoncle vers l’huître, ainsi qu’une partie de son matériel, puisque la majorité des équipements sont les mêmes que pour le pétoncle. Ce qu’il manquait, Fermes marines du Québec l’a fabriqué, en partie avec des restes inutilisés de matériaux de construction. «Ça ressemble à un «do it on your own» avec ce que tu as dans ta cour!», rigole M. Hébert, qui estime avoir dépensé environ 10 000 $ dans l’aventure, sans compter le temps de ses employés. Fermes marines du Québec s’attend à produire entre 5 et 7,5 millions de naissain d’huîtres cette année. L’an prochain, M. Hébert souhaite quintupler la production, pour atteindre 25 à 35 millions de naissains. «On va demander de l’aide au MAPAQ pour une phase pilote à plus grande échelle», dit-il. 100 % QUÉBÉCOISE Cet automne ou le printemps prochain, M. Hébert souhaite partir en quête d’huîtres aux Îles-de-la-Madeleine, dans le Bassin aux Huîtres, une lagune située près de Grande-Entrée. Il y a plus de 40 ans, un essai d’ensemencement a été fait à cet endroit. «Des légendes madeliniennes disent qu’il y en a encore. Certaines se seraient reproduites ou auraient survécu. On veut en retrouver et en faire nos géniteurs», indique M. Hébert. Monsieur Hébert est loin d’être sûr de mettre la main sur ces huîtres, si elles existent encore. Mais il y voit l’occasion de produire une huître 100 % québécoise. Actuellement, les géniteurs viennent du Nouveau-Brunswick ou de l’Île-du-Prince-Édouard. DÉBOUCHÉS Jean-Philippe Hébert voit plusieurs avantages à développer le marché du naissain d’huître. «Il y a un gros engouement pour l’huître. Plusieurs entreprises en élèvent ou veulent en élever : Trésors du Large, Huîtres Old Harry et d’autres mariculteurs aux Îles, William Bujold dans la Baie-des-Chaleurs.» Avec le réchauffement des eaux, les conditions deviendront peut-être plus propices à l’élevage d’huîtres en Gaspésie. «En 2009, on a mis de l’huître en élevage dans la baie de Gaspé pour tester nos cages. Le taux de croissance était marginal. Mais l’eau était au maximum à 15° ou 16° Celsius à ce moment-là. [Vers le 10 août de cet été], elle était rendue à 18,5° Celsius en surface!», rapporte M. Hébert. «Il y a un très gros marché au Nouveau-Brunswick pour le naissain d’huître. À certains moments, il leur manque 30 à 35 millions de naissains. C’est peut-être une opportunité de prendre des parts du marché», ajoute l’homme d’affaires. En 2015, le Nouveau-Brunswick a produit 937 tonnes d’huîtres pour une valeur de 7,4 millions de dollars. Le prix du naissain au Nouveau-Brunswick varie toutefois beaucoup selon le succès de la collecte naturelle. «Il y a des années où ils ne savent plus quoi faire avec et d’autres où ils courent après», précise M. Hébert. Selon sa taille et le marché, le naissain d’huître se détaille entre 25 $ et 125 $ pour 1 000 individus. Monsieur Hébert s’attend à vendre seulement une fraction de son naissain d’huître de 2018. Il mettra son surplus en élevage dans la baie de Gaspé, pour le vendre l’an prochain ou pour observer sa croissance. DU PÉTONCLE EN MASSE Par ailleurs, Fermes marines du Québec vit une saison record pour sa production de naissain de pétoncle. «On a des résultats au-dessus de toutes les courbes de croissance et de taux de survie. On va produire entre 7 et 10 millions de naissains cette année. Notre meilleure année jusqu’ici était autour de 1,5 million», indique M. Hébert. La vente de pétoncle élevé dans la baie de Gaspé est aussi fructueuse. «On a commencé la récolte début juillet. On a eu notre meilleur mois de vente à date». Fermes Marines de Gaspé, la partie élevage de l’entreprise, commercialise du pétoncle entier, dans sa coquille de 65 à 140 millimètres. Les bons rendements de l’écloserie pour le naissain de pétoncle devraient permettre à Fermes Marines de lancer son projet d’ensemencement en 2019. L’entreprise va demander des baux pour ensemencer six zones, chacune divisée en deux sous-zones. Après quelques années de croissance, l’entreprise commencerait progressivement à pêcher les pétoncles à la drague dans ces zones. «On pêcherait dans deux sous-zones par année. Les pétoncles qui n’ont pas atteint la taille commerciale, on les transférerait dans la deuxième moitié de la zone. On passerait aux cinq à six ans», explique M. Hébert. Comme l’impact de la drague se fait sentir en majorité dans les six à huit mois après son passage, les fonds seraient moins affectés, estime-t-il. Au moment du passage de Pêche Impact, le 15 août, l’écloserie de Newport démarrait sa production de plantules de laminaires, destinées notamment à Salaweg dans la Baie-des-Chaleurs et à Purmer sur la Côte-Nord. «On a aussi vendu plus de trois tonnes d’algues sauvages au printemps. Surtout pour le développement de marchés en transformation, en cosmétiques et en fertilisants. Ce sont des portes qui s’ouvrent. On fournit des petites quantités d’algues sauvages à des entreprises potentiellement intéressées à de grandes quantités produites en aquaculture», explique M. Hébert. MARICULTURE – page 22 – Volume 31,4 – Septembre-Octobre-Novembre 2018

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À propos de l'auteur : 

Geneviève Gélinas

Geneviève Gélinas travaille comme journaliste pour Graffici et à la pige principalement pour Le Soleil et The Spec. Elle se fait un plaisir de plonger dans le monde des pêches et de l’aquaculture plusieurs fois par année pour le compte de Pêche Impact. Elle s’est fixée à Gaspé pour de bon en 2002, après des études à l’Université de Montréal où elle a complété un certificat en journalisme et un baccalauréat en musique. Née et élevée à Yamachiche en Mauricie, rien ne la destinait à faire sa vie en Gaspésie, sinon des racines à Mont-Louis côté maternel. Elle a débarqué ses bagages à Gaspé, en 2002, et ne les a plus refaits depuis, sinon pour voyager avec son conjoint et leurs deux jeunes Gaspésiens, de souche ceux-là!

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