En route vers le comité consultatif du poisson de fond du golfe : les stocks sur la bonne voie

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Certaines espèces de poisson de fond du golfe du Saint-Laurent se portent bien, ou au moins, se portent mieux, selon les dernières analyses des scientifiques de Pêches et Océans Canada (MPO). Les stocks de flétan atlantique se maintiennent à des niveaux record et ceux de turbot sont stables et élevés. Deux espèces en zone critique sont sur la voie du rétablissement, le sébaste par une «explosion» des juvéniles et la morue du nord du golfe par une lente remontée. Ces bonnes nouvelles arrivent à quelques semaines du comité consultatif de l’industrie du poisson de fond du golfe qui se tiendra les 22 et 23 mars à Moncton. TURBOT La population de flétan du Groenland (turbot) est en excellente santé. «Depuis 2010, la biomasse est très élevée et les cohortes qui s’en viennent dans la pêche sont très fortes», indique Hugo Bourdages, biologiste en sciences halieutiques chez Pêches et Océans Canada. Depuis trois ans, la majorité des captures provient de l’ouest du Golfe. Les prises sont plus faibles dans Esquiman et négligeables au nord d’Anticosti. Une situation due en partie à la pêche commerciale, explique monsieur Bourdages. «Il y a plusieurs années, beaucoup de pêcheurs se sont déplacés vers le nord d’Anticosti et le chenal d’Esquiman, où les rendements étaient meilleurs, donc il y a eu une augmentation de l’effort de pêche.» La température de l’eau influence aussi l’emplacement des stocks, plus à l’ouest du golfe, ajoute le biologiste. Les eaux se sont réchauffées de 1 °C dans les secteurs nord Anticosti et Esquiman, aux profondeurs de 200 à 400 mètres. En conséquence, le turbot, un poisson d’eau froide, se réfugie vers la tête des chenaux, pas encore atteints par ces eaux plus chaudes. Dans le Golfe, «le turbot est dans sa limite sud, dans ses eaux les plus chaudes. On ne connaît pas bien sa limite de tolérance [à la chaleur]», précise monsieur Bourdages. Des études suggèrent que l’aire de répartition du turbot pourrait rétrécir avec le réchauffement de l’eau. Les débarquements de turbot ont atteint jusqu’ici 3228 tonnes en 2016-2017, sur une allocation de 3751 tonnes. La pêche se poursuivra tôt au printemps jusqu’au 14 mai. Le Québec compte environ 167 permis actifs de pêche au turbot. MORUE La morue du nord du Golfe montre des signes encourageants de rétablissement. Les rendements de la pêche commerciale sont à la hausse et les morues pêchées sont de plus en plus grandes. Les relevés de recherche de Pêches et Océans montrent une légère augmentation des stocks, une bonne nouvelle quand on sait que la morue du sud du golfe, elle, est en déclin, même sans pêche. Le réchauffement de l’eau pourrait influencer les stocks de morue, mais contrairement au cas du turbot, cela jouerait un rôle positif, combiné à d’autres facteurs. «Depuis quatre ou cinq ans, la morue revient dans son habitat traditionnel près de la Côte-Nord et de l’île d’Anticosti. Elle aime l’eau plus chaude, alors la hausse de température peut l’aider. La mortalité naturelle est plus faible que dans le sud du Golfe. Il y a de la prédation par les phoques, mais moins. Il y a aussi des chenaux, à 100 ou 200 mètres de profondeur, où elle peut   se mettre à l’abri des phoques», explique monsieur Bourdages. La morue du nord du Golfe n’est pas encore tirée d’affaire. Le stock reproducteur doit tripler avant que la population s’extirpe de la zone critique. Le taux d’exploitation doit demeurer faible pour laisser à la morue une chance de se reproduire, estiment les scientifiques. Les captures autorisées en 2016-2017 étaient de 1500 tonnes. Les débarquements ont totalisé 1312 tonnes. En regard des indicateurs actuels, la charte du plan de rétablissement prévoit une augmentation des totaux de captures autorisés. FLÉTAN ATLANTIQUE Dans le flétan atlantique, il faut remonter en 1952 pour observer des débarquements aussi élevés que ceux des deux dernières années. Les pêcheurs à la palangre profitent de captures par unité d’effort qui sont à leur plus haut niveau historique. Cette abondance est jumelée à un prix au débarquement élevé. Et l’avenir augure bien : «Le recrutement est en hausse, il y a beaucoup de jeunes flétans», indique monsieur Bourdages. Le total autorisé de capture (TAC) est fixé à 1050 tonnes et les débarquements préliminaires se chiffrent à 1024 tonnes en 2015-2016 et à 950 tonnes en 2016-2017, avant la pêche printanière. Les scientifiques demeurent quand même prudents parce qu’ils ne savent pas la quantité de poissons en âge de se reproduire que recèle le Golfe. La taille légale de capture du flétan atlantique s’établit à 85 cm. Or, le mâle mature autour de 93 cm et la femelle, autour de 130 cm. Seulement une capture sur cinq dépasse les 130 centimètres. «Les poissons que l’on pêche sont immatures, ça nous amène à être prudents. On garde des taux d’exploitation faibles. On veut laisser la chance à des poissons d’atteindre la taille de reproduction», indique Hugo Bourdages. Les flétans adultes sont trop rapides pour les chaluts de pêche scientifique, ce qui nuit à la récolte de données sur le stock reproducteur. Pour remédier au problème, des pêcheurs se préparent à faire un relevé à la palangre à l’automne 2017. Ces relevés permettront d’amasser des données sur la population reproductrice et de marquer certains poissons. En comptant la proportion de flétans marqués recapturés par les pêcheurs commerciaux, les scientifiques pourront estimer le taux d’exploitation, soit la proportion de flétan pêché par rapport à la quantité présente dans le Golfe. SÉBASTE «Le sébaste a la biomasse la plus élevée depuis 1984, mais elle est constituée de poissons juvéniles. La biomasse d’adultes est encore faible, mais ils seront adultes dans deux ou trois ans», indique monsieur Bourdages. En fait, la population adulte de sébaste est encore dans la zone critique mais va «rapidement en sortir», prévoit le biologiste. Dans le nord du Golfe, les juvéniles de l’espèce S. mentella sont 80 fois plus abondants que la moyenne de 1993 à 2012. En 2018, la moitié des sébastes de la forte cohorte de 2011 atteindra la taille légale de 22 cm et, en 2020, la moitié sera rendue à 25 cm, la taille où ils peuvent se reproduire. Pourquoi une telle explosion? Les conditions de température dans le golfe ressemblent à celles qui prévalaient vers 1980, lors du dernier épisode de fort recrutement, remarque monsieur Bourdages. Le sébaste peut vivre de 30 à 50 ans. Et dans le passé, la pêche a toujours reposé sur quelques fortes cohortes, rappelle-t-il. Les scientifiques ne comprennent pas encore si un environnement propice crée ces fortes années de reproduction ou si c’est la nature de l’espèce de se reproduire par à-coups. «Il faut essayer de minimiser la mortalité de ce petit poisson, leur laisser le temps d’atteindre les 22 centimètres, la taille légale», affirme monsieur Bourdages. Les crevettiers voient déjà des quadrilatères de pêche fermés à cause de l’abondance du jeune sébaste. Les pêcheurs de sébaste eux-mêmes ont vu se multiplier leurs prises de poissons trop petits. «Dans la pêche dirigée au sébaste, c’est normalement 5% [en nombre] de poissons plus petits que   22 cm». Cette proportion a atteint 40% à 50% récemment. «À l’échelle minime où la pêche se fait, ça n’a pas d’impact», précise monsieur Bourdages. Toutefois, les prises de juvéniles pourraient être limitées par des mailles de chalut plus larges ou par la concentration de la pêche dans les zones où se trouvent moins de juvéniles. Les débarquements de sébaste moyens de 2010 à 2015 ont été de 481 tonnes par an sur un contingent de 2000 tonnes. De 1977 à 1994, avant le moratoire de 1995, les débarquements annuels moyens étaient de 37 000 tonnes. LES POISSONS DE FOND – page 8 – Volume 30,1 – Février-Mars 2017

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À propos de l'auteur : 

Geneviève Gélinas

Geneviève Gélinas travaille comme journaliste pour Graffici et à la pige principalement pour Le Soleil et The Spec. Elle se fait un plaisir de plonger dans le monde des pêches et de l’aquaculture plusieurs fois par année pour le compte de Pêche Impact. Elle s’est fixée à Gaspé pour de bon en 2002, après des études à l’Université de Montréal où elle a complété un certificat en journalisme et un baccalauréat en musique. Née et élevée à Yamachiche en Mauricie, rien ne la destinait à faire sa vie en Gaspésie, sinon des racines à Mont-Louis côté maternel. Elle a débarqué ses bagages à Gaspé, en 2002, et ne les a plus refaits depuis, sinon pour voyager avec son conjoint et leurs deux jeunes Gaspésiens, de souche ceux-là!

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