Espèces envahissantes : des actions pour protéger les productions aquacoles

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Au terme de sa saison de monitorage 2016, Pêches et Océans Canada conclut que l’abondance des tuniciers coloniaux est stable depuis quatre ans aux Îles-de-la-Madeleine. Le botrylle étoilé et le botriloïde violet sont deux espèces envahissantes gélatineuses qui risquent de nuire aux productions aquacoles. La biologiste Nathalie Simard, responsable du programme de suivi à l’Institut Maurice-Lamontagne (IML), qualifie d’intermédiaire leur seuil d’abondance sous les quais des pêcheurs et dans les marinas. EXPÉRIENCES ANTISALISSURES Or, afin d’en contrôler le début d’infestation sur les sites aquacoles de la lagune de Havre-aux-Maisons, le Ministère est à expérimenter deux types d’enduits antisalissures pour les structures d’élevage d’huîtres et de pétoncles. «Ce sont des structures aquacoles comme des lanternes, explique la biologiste. Mais on ne vise pas seulement les salissures d’espèces envahissantes; donc, toutes les salissures. On a débuté le projet l’automne dernier.» Ce projet, financé au coût de 65 000 $ par le Fonds de Partenariat, un nouveau programme du ministère fédéral des Pêches, est mené en collaboration avec Merinov. Par précaution, une phase deux est prévue en 2017, pour s’assurer que la peinture ne soit ni toxique, ni un frein à la croissance des mollusques, poursuit Nathalie Simard. Parallèlement, le MPO et Merinov mènent des travaux de suivi larvaire des tuniciers, pour déterminer le moment le plus propice au nettoyage des structures maricoles, afin d’en tenir les espèces envahissantes à l’écart. C’est que les mariculteurs doivent sortir leurs cages d’élevage de l’eau une fois par été pour les   nettoyer des salissures. L’idée est de faire en faire sorte que ce nettoyage se fasse après la période de reproduction du botrylle étoilé et du botriloïde violet, souligne madame Simard. «On veut savoir vraiment à partir de quand il n’y a plus de larves dans l’eau, dit-elle, pour que les activités aquacoles puissent procéder sans craindre que [les structures] soient à nouveau complètement recouvertes par les   tuniciers, ce qui peut avoir un impact sur la croissance des mollusques.» Ces travaux impliquent, entre autres, une lecture en continu des paramètres environnementaux de la lagune, de même que le déploiement de plaques collectrices de larves. «Ce sont les mêmes plaques qu’on utilise pour notre suivi standard de détection des tuniciers dans l’ensemble des Îles, précise la biologiste de l’IML. Mais on parle ici d’observations vraiment plus serrées. Toutes les trois semaines, ce sont de nouvelles plaques qui sont remises à chaque fois dans l’eau.» MENACE POUR LES ÉLEVAGES D’ALGUES D’autre part, le ministère fédéral des Pêches mène aussi des travaux de recherche préliminaires pour prévenir l’impact du membranipora, une autre espèce envahissante, sur l’élevage des algues laminaires, tant en Gaspésie que dans la baie de Plaisance, aux Îles-de-la-Madeleine. Selon madame Simard, il a pour effet de fragiliser les algues sur lesquelles il se fixe. «Éventuellement, le membranipora, si on le laisse croître, si on ne sort pas les algues, il va finir par leur nuire dans le sens qu’il va rendre l’algue friable, un peu cassante. Donc, les algues vont se déchirer et vont finir par être complètement détruites.» La recherche vise donc, elle aussi, à faire le suivi larvaire de l’envahisseur pour établir le moment le plus propice au retrait des algues de l’eau, tout en maximisant leurs chances de croissance. Les pousses d’algue laminaire, mises en élevage à l’automne, peuvent atteindre une taille de deux à trois mètres l’été suivant. CRABE VERT SOUS CONTRÔLE Enfin, signalons que dans le cadre de son suivi annuel des espèces envahissantes, Pêches et Océans Canada n’a capturé qu’un seul crabe vert, au mois d’août 2016, dans la baie du Bassin à Havre-Aubert. Ce vorace prédateur, qui détruit les écosystèmes de la zostère et menace les petits homards quand il se trouve dans le même habitat, avait totalement disparu du radar l’année précédente. Nathalie Simard pense qu’une combinaison de facteurs explique cette disparition, dont les hivers 2014 et 2015 très rigoureux qui auraient pu nuire au recrutement. Elle dit que le crabe vert se trouve, dans l’archipel madelinot, à la limite nord de sa distribution. «La situation semble encore bonne, peut-on observer. Mais, bon. Le fait d’avoir eu une capture, c’est sûr que ça nous indique qu’il doit en rester quelques-uns et on n’est pas à l’abri d’une reprise. Mais bon, on garde espoir que ça va demeurer à des niveaux très, très bas.» Pour son échantillonnage du crabe vert, l’IML déploie neuf cages de type Fukui, importées du Japon, sur une dizaine de sites. Cette année, il avait doublé ses efforts de capture. «C’est-à-dire qu’au lieu de pêcher pendant 24 heures, on a fait le cycle à deux reprises. Donc, les cages ont été remises à l’eau pour un deuxième 24 heures», indique madame Simard. Les pêcheurs d’anguille, qui collaborent à l’effort de contrôle de la population de crabe vert dans les plans d’eaux intérieurs de l’archipel depuis une dizaine d’années, n’ont rien capturé eux non plus. Ils en font une pêche dirigée jusqu’au début octobre. REPÈRE – page 28 – Volume 30,1 – Février-Mars 2017

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux

Hélène Fauteux, journaliste et coordonnatrice de la salle des nouvelles de CFIM, la radio communautaire des Îles-de-la-Madeleine depuis 29 ans. Je collabore à Pêche Impact depuis les premières heures du journal. Diplômée de l'Université Concordia, à Montréal, où je me suis spécialisée en presse électronique, au sein des facultés de communication et de journalisme. J’ai fait mes premières armes dans la presse écrite pendant mes études, au Canada français, à l'hebdo du Haut-Richelieu. Depuis j’habite dans l'archipel madelinot où elle j’ai épousé un pêcheur de homard et j’ai développé une solide expertise du secteur des pêches et de la mariculture, épine dorsale de l'économie locale.

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