Flétan du Groenland : la moitié des quotas toujours à l’eau

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Les derniers pêcheurs de turbot ont rentré leur bateau le 15 novembre, deux semaines plus tard que la date limite normale. Ils ont malgré tout laissé à l’eau environ la moitié de leurs quotas tellement la pêche a été mauvaise. Ils espèrent pouvoir capturer la différence au printemps prochain, avant le 15 mai. Le 24 novembre, les données compilées par l’Office des pêcheurs de flétan de Groenland faisaient état de 3 millions de livres débarquées, soit 50 % du total permis. Même s’il s’agit de données préliminaires, «c’est pas mal la réalité», évalue Jean-René Boucher, secrétaire de l’Office des pêcheurs de flétan du Groenland du Québec. «Normalement, la saison finit le 31 octobre et 80 % à 90 % des totaux de captures autorisées sont débarqués à cette date», rappelle-t-il. Pour cette pêche, la saison réglementaire chevauche deux années, soit du 15 mai d’une année au 14 mai de l’année suivante. Les millions de livres de turbot qui baignent toujours dans le Golfe pourraient donc être prises, du moins en partie, en avril et au début de mai 2018. Les pêcheurs de turbot en ont vu d’autres. «La dernière année qui a ressemblé à ça était 2013. À l’automne, on avait vu le poisson réapparaître et le printemps suivant avait été excellent. Mais cet automne, on n’a pas vu de signes avant-coureurs», indique M. Boucher. «Le turbot a été plus dur à prendre», confirme Sébastien Dunn, qui pêche à partir de Rivière-au-Renard. «Ça avait bien commencé, mais on dirait que le poisson ne se rendait pas au fond, qu’il restait entre deux eaux. J’ai laissé 50 000 livres à l’eau des 171 000 livres que j’ai.» Pourtant, M Dunn a étiré sa saison bien au-delà de l’an dernier. «En 2016, j’ai commencé vers le 15 mai et, le 25 juillet, j’avais fini. Cette année, j’ai commencé le 10 mai et j’ai fini le 10 octobre.» Pierrot English, un pêcheur de Rivière-au-Renard, laisse lui aussi à l’eau 15 000 de ses 70 000 livres de quota. Une situation inhabituelle pour lui : «Habituellement, on étire le quota parce qu’il se prend trop vite. On va essayer de le finir avant le 15 mai 2018.» Pierre-Nicolas Tanguay-Lévesque, de Tourelle, a laissé peu de quotas à l’eau - 10 000 livres sur 140 000 - mais mentionne que les captures ont demandé du temps. Après la crue des eaux de la mi-mai, «ça a coupé et ça n’a pas augmenté après […]. On voit qu’une biomasse est là, mais elle est trop petite pour être prise». Les différents indices compilés par Pêches et Océans Canada montrent aussi une tendance à la baisse. La pêche par unité d’effort est en diminution, tout comme les relevés de recherche obtenus par des pêches sentinelles et la mission scientifique du ministère. «Les analyses sont préliminaires. Elles seront présentées en décembre. Mais dans tous les cas, c’est sous la moyenne des séries respectives», indique Johanne Gauthier, biologiste chez Pêches et Océans Canada. En fait, les trois indicateurs de performance sont en diminution par rapport à 2016 et à des valeurs comparables à celles observées en 2013. Le réchauffement des eaux profondes du golfe du Saint-Laurent est une des hypothèses qui pourrait expliquer l’insuccès de pêche en 2017, affirme la biologiste. Des eaux chaudes se propagent du détroit de Cabot vers la tête des chenaux, et atteignent en premier les chenaux Esquiman et Anticosti. Le turbot se retrouve donc dans des eaux à 6°C, soit plus de 1° au-dessus de la moyenne 1990-2015. «Les baisses les plus importantes [de capture du turbot] sont dans Esquiman et Anticosti, note Mme Gauthier. Le turbot est une espèce d’eau froide. Le Golfe est sa limite sud. Le réchauffement n’est pas une bonne nouvelle pour lui.» «L’écosystème est en changement, poursuit la biologiste. Il y a beaucoup de sébaste. Il y a certainement une compétition pour la nourriture.» Les modèles tendent à démontrer que l’année 2018, ou 2019 au maximum, devrait voir le retour des turbots dans les filets des pêcheurs, car les cohortes de 2012, 2013 et 2014 ont été très fortes. «Les poissons de 30 à 40 centimètres sont abondants», indique Mme Gauthier. La taille minimale de capture du turbot est de 44 centimètres. Le prix au débarquement du turbot est fixé à 1,80 $ la livre, le meilleur jamais obtenu par les pêcheurs. Entre 125 et 130 pêcheurs capturent le turbot au Québec. LES POISSONS DE FOND – page 16 – Volume 30,5 – Décembre 2017-Janvier 2018

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À propos de l'auteur : 

Geneviève Gélinas

Geneviève Gélinas travaille comme journaliste pour Graffici et à la pige principalement pour Le Soleil et The Spec. Elle se fait un plaisir de plonger dans le monde des pêches et de l’aquaculture plusieurs fois par année pour le compte de Pêche Impact. Elle s’est fixée à Gaspé pour de bon en 2002, après des études à l’Université de Montréal où elle a complété un certificat en journalisme et un baccalauréat en musique. Née et élevée à Yamachiche en Mauricie, rien ne la destinait à faire sa vie en Gaspésie, sinon des racines à Mont-Louis côté maternel. Elle a débarqué ses bagages à Gaspé, en 2002, et ne les a plus refaits depuis, sinon pour voyager avec son conjoint et leurs deux jeunes Gaspésiens, de souche ceux-là!

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