Fonds de solidarité FTQ : un prêt plus souple réservé à l’industrie des pêches

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Le Fonds de solidarité FTQ offre un nouveau type de prêt adapté à l’industrie de la pêche. Ce financement plus souple devrait répondre aux besoins de la relève en pêche commerciale, espère le Fonds, mais aussi à ceux des entreprises de transformation qui veulent se diversifier ou se moderniser.

«Il y a beaucoup de pêcheurs d’âge avancé. Le coût des quotas est de plus en plus élevé. Souvent, un membre de la famille ou un aide-pêcheur a les connaissances pour prendre la relève, mais c’est difficile pour eux d’avoir les capitaux pour réaliser la transaction», observe Frédéric Bernier, vice-président régional du Fonds pour la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine et le Bas-Saint-Laurent.

«Les prêteurs prennent en garantie les quotas, mais ils ne sont pas capables de leur attribuer la valeur à laquelle ça se transige aujourd’hui. Il y a un manque à gagner», ajoute-t-il.

Le Fonds finance déjà des entreprises de l’industrie de la pêche via ses outils réguliers. «On a peaufiné une offre plus ciblée et mieux adaptée à ce secteur», déclare M. Bernier. «On veut faciliter l’accès au capital de développement pour les entreprises existantes qui ont un projet de relève ou d’acquisition», explique-t-il.

Le secteur des pêches «est un secteur très réglementé, où les quotas peuvent varier, où c’est cyclique à cause des stocks ou des saisons», remarque M. Bernier.

La principale différence par rapport aux outils réguliers est donc «la souplesse», indique-t-il. «On va être flexibles au plan des remboursements», qui pourront être annuels, mensuels, saisonniers ou selon un pourcentage des fonds générés excédentaires. «Ça pourrait être des remboursements aux six mois, ou en fonction des quotas ou des volumes transformés», illustre M. Bernier.

«On peut accorder des moratoires de remboursement de capital qui peuvent aller jusqu’à cinq ans. On peut devenir un partenaire patient. Ça permet de préserver les liquidités de l’entreprise», ajoute le vice-président.

Souvent, la structure financière des projets de relève en pêche implique une cote de risque élevée, qui fait grimper les taux d’intérêt, explique M. Bernier. «Mais comme c’est un secteur porteur à long terme, on va pondérer moins fortement ce risque-là […]. On va être très libéral dans notre façon de l’évaluer pour faire bénéficier [l’entreprise] d’une tarification concurrentielle, nonobstant le risque.»

Les taux d’intérêt varieront entre 5 %   et 15 %, avec un taux moyen de 8 % à 10 %, prévoit M. Bernier. L’amortissement, c’est-à-dire la durée du remboursement, devra être d’un minimum de cinq ans. Le prêt maximum est de 3 millions de dollars par entreprise. Toutefois, il peut être combiné à d’autres produits du Fonds de solidarité pour compléter le financement.

Le Fonds ne prend pas de garantie ni de caution. Une fois les documents d’usage déposés, il s’engage à donner sa réponse en 15 jours quant au montant d’investissement et au taux d’intérêt.

Le prêt est offert aux entreprises dont les sièges sociaux se situent dans les trois régions maritimes : Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Bas-Saint-Laurent et Côte-Nord. Outre les pêcheurs et les transfor- mateurs, des entreprises liées à l’industrie, comme un fabricant d’engins de pêche ou un réparateur de bateaux, pourraient aussi y avoir accès.

Le Fonds de solidarité y trouve évidemment son compte : «Notre mission est de faire des profits. Il faut que ce soit rentable. On ne se parlerait pas aujourd’hui si on ne voyait pas un potentiel à long terme. La planète a faim et il y a une grosse demande pour les produits marins», dit M. Bernier.

Par ailleurs, «certains joueurs de l’industrie se demandent si ces sources de financement font augmenter le prix des quotas, prévient M. Bernier. On s’assure que les projets sont viables et qu’on ne crée pas de surenchère. Chaque projet est évalué.»

Actuellement, quatre des onze financements réalisés par le Fonds régional FTQ Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine le sont auprès d’entreprises de l’industrie des pêches. Il s’agit de deux usines de transformation, soit Lelièvre, Lelièvre et Lemoignan et Pêcheries Marinard, et de deux entreprises de la capture, les Pêcheries Yan Bourdages et les Pêcheries M Langford. Au Bas-Saint-Laurent et sur la Côte-Nord, aucun prêt n’est actif dans le secteur des pêches.

Depuis la fondation des Fonds régionaux de solidarité de la FTQ en 1996, ceux-ci ont investi dans 15 dossiers du secteur des pêches dans les trois régions maritimes du Québec. Ces investissements ont totalisé 10 millions de dollars dans des projets qui eux-mêmes totalisaient 60 millions.

FINANCES – page 31 – Volume 31,5 – Décembre 2018 – Janvier 2019

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À propos de l'auteur : 

Geneviève Gélinas

Geneviève Gélinas travaille comme journaliste pour Graffici et à la pige principalement pour Le Soleil et The Spec. Elle se fait un plaisir de plonger dans le monde des pêches et de l’aquaculture plusieurs fois par année pour le compte de Pêche Impact. Elle s’est fixée à Gaspé pour de bon en 2002, après des études à l’Université de Montréal où elle a complété un certificat en journalisme et un baccalauréat en musique. Née et élevée à Yamachiche en Mauricie, rien ne la destinait à faire sa vie en Gaspésie, sinon des racines à Mont-Louis côté maternel. Elle a débarqué ses bagages à Gaspé, en 2002, et ne les a plus refaits depuis, sinon pour voyager avec son conjoint et leurs deux jeunes Gaspésiens, de souche ceux-là!

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