Gestion des baleines noires : le MPO ouvert à une certaine flexibilité

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Pêches et Océans Canada a tenu les 22 et 23 octobre, à Halifax, une séance d’information pan- atlantique sur le Marine Mammal Protection Act et la baleine noire de l’Atlantique Nord, sous le thème La voie à suivre. La rencontre visait à discuter des ajustements aux nouvelles restrictions du marché américain prévues pour 2022, mais qui pourraient être devancées à 2020, pour protéger les mammifères marins. Les crabiers madelinots y étaient représentés par la chercheure spécialisée en mammifères et écosystèmes marins, Lyne Morissette, tandis que c’est O’Neil Cloutier, directeur général du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie, qui représentait les homardiers gaspésiens, et que Bill Sheehan, vice-président de E. Gagnon et Fils et vice-président de l’Association québécoise de l’industrie de la pêche, était le délégué des industriels. WILKINSON PRÉSENT Le ministre fédéral des Pêches Jonathan Wilkinson s’est lui-même déplacé dans la capitale néo-écossaise pour la seconde journée des discussions. Elles ont notamment porté sur les impacts socio-économiques des mesures de gestion 2018, pour atténuer les interactions entre les activités de pêche et les baleines menacées de disparition, de même que sur de possibles modifications pour 2019. À cet effet, Mme Morissette explique que Pêches et Océans Canada se montre ouvert à rapetisser le périmètre de la zone d’alimentation des mammifères qui était fermée à la pêche cette année, au large de la Gaspésie et du Nouveau-Brunswick, et à la rendre évolutive. «Si on veut faire preuve d’une certaine flexibilité, bien, il va falloir accepter un certain niveau de risque, expose-t-elle. Et puis là, s’asseoir pour décider quel niveau de risque on est prêt à accepter pour permettre une coexistence et être plus flexible que cette année.» Il ressort également des pourparlers de Halifax que l’absence de décès de baleines noires dans le golfe cette année, par opposition aux trois répertoriées sur la côte Est des États-Unis, relève davantage du hasard que des mesures de tolérance zéro mises en place par le MPO, affirme la scientifique. «Ce qu’on a soulevé qui était intéressant, aussi, dit-elle, c’est qu’ultimement, on va évaluer la performance et non pas les moyens pour y arriver. Au final, il faut arriver au même résultat (qu’aux États-Unis), et on n’a pas   besoin de passer par les mêmes chemins. Cependant, je pense qu’on a fortement à s’inspirer des Américains, chez qui un des facteurs de succès, depuis le début des années 1990, est l’implication des pêcheurs en amont, dans le processus.» LE MPO CONFIRME De son côté, le directeur général régional du MPO pour le Québec, Patrick Vincent, confirme l’intention d’assouplir les mesures de gestion adoptées en catastrophe, cette année, pour protéger les mammifères menacés de disparition. Il explique que le Ministère a multiplié les rencontres avec les pêcheurs, depuis le mois d’août, pour prendre note de leur bilan, qu’ils ont qualifié de très difficile, et pour voir comment donner du lest. L’objectif, dit-il, est de réduire le taux de mortalité des baleines, tout en assurant leur coexistence avec les activités de pêche commerciale. «Pour que les pêcheurs puissent quand même faire leurs activités de pêche et être rentables, puis que ce soit sécuritaire pour eux, aussi, mentionne le haut fonctionnaire. Ça fait qu’il faut essayer de balancer tous ces facteurs-là dans les prochains mois.» M. Vincent précise que la dernière réunion scientifique du Comité national d’examen par les pairs sur les mammifères marins, qui avait lieu à Montréal, du 26 au 30 novembre, avait pour but de guider les recommandations de gestion 2019, à soumettre au ministre Wilkinson. Pêches et Océans y abordait la question du risque d’interaction des baleines noires avec les engins de pêche et les collisions avec les navires. «Lorsqu’on aura l’information, l’avis des sciences, on va savoir où sont les fréquences de baleines; où est la répartition géographique des baleines, dans le temps, dit-il. Et là, à ce moment-là, de voir où est-ce qu’il y a des fréquences de présence qui sont plus faibles, bien, à ce moment-là, on peut davantage ajuster les mesures de gestion.» L’industrie accueillait d’ailleurs avec satisfaction son invitation à participer, pour la toute première fois, à cette rencontre organisée par le Secrétariat canadien de consultation scientifique. Elle y était représentée par Mme Morissette, justement. «Ce qui rassure, c’est que le ministre Wilkinson consent à dire que le MPO est allé trop loin, en nous mettant une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes, souligne O’Neil Cloutier. Il s’est engagé à instaurer un climat de franchise, d’honnêteté et de communication, pour faire contrepoids aux mesures imposées aux crabiers en janvier 2018, sans autre préambule.» PROJET PILOTE M. Cloutier se félicite également du projet pilote auquel participent les pêcheurs de homard de Grand Manan, dans la baie de Fundy, depuis la reprise de leurs activités, à la mi-novembre, pour éviter des fermetures de 15 jours dès qu’une baleine se pointe. Ils ont convenu de mettre en place une vigie, d’augmenter leur nombre de cages par lignée, pour réduire les risques d’empêtrement, et de couper leur bouée de surface ou leurs cordages à casiers, sitôt un signalement. Le directeur général du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie note que ces mesures sont en tout point semblables à celles qu’il avait proposées l’été dernier, avant que près de la moitié de ses membres ne soient contraints à mettre précipitamment fin à leur saison, trois semaines avant son échéance. «On veut qu’on augmente le nombre de baleines d’une à trois pour décréter la fermeture d’une zone, indique M. Cloutier. On réclame aussi une réduction de la grandeur des quadrilatères utilisés à l’approche de la côte, pour éviter qu’on ferme automatiquement une zone si on voit une baleine, par exemple, à 18 kilomètres.» Quant au porte-parole des crabiers madelinots, Paul Boudreau, il appelle à l’ouverture de la saison 2019 dès que le golfe sera libre de glace, pour permettre la capture d’un maximum de crabe des neiges avant l’arrivée des baleines. Il fait valoir que les pêcheurs de crevette, également sous contingent individuel, bénéficient déjà de la   liberté de prendre la mer à leur rythme, peu importe que tous les ports soient déglacés ou non. «Ça n’a aucun bon sens de laisser les pêcheurs à quai, qui pourraient très bien aller pêcher en attendant qu’on déglace les ports qui ne sont pas libres de glace, insiste M. Boudreau. C’est des quotas individuels; donc, qu’ils y aillent au tout début de la pêche ou plus tard, ça a très peu d’impact sur la pêcherie.» Notons que le MPO prépare aussi la tenue éventuelle d’un forum sur la technologie et l’innovation des engins de pêche. Par voie de communiqué, il fait valoir la nécessité de modifier les équipements et le point de déclenchement des fermetures, pour aider les baleines en péril tout en «gardant à l’esprit les répercussions économiques, la réalité des pêches bien spécifiques et les conditions régionales spécifiques.» ACTUALITÉ – page 7 – Volume 31,5 – Décembre 2018 – Janvier 2019

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux

Hélène Fauteux, journaliste et coordonnatrice de la salle des nouvelles de CFIM, la radio communautaire des Îles-de-la-Madeleine depuis 29 ans. Je collabore à Pêche Impact depuis les premières heures du journal. Diplômée de l'Université Concordia, à Montréal, où je me suis spécialisée en presse électronique, au sein des facultés de communication et de journalisme. J’ai fait mes premières armes dans la presse écrite pendant mes études, au Canada français, à l'hebdo du Haut-Richelieu. Depuis j’habite dans l'archipel madelinot où elle j’ai épousé un pêcheur de homard et j’ai développé une solide expertise du secteur des pêches et de la mariculture, épine dorsale de l'économie locale.

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