Industrie de la chasse au phoque aux Îles-de-la-Madeleine : les acteurs sont toujours actifs pour un meilleur développement

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La négociation de la Boucherie Côte à Côte pour l’achat de l’usine Seawater de Fleur de Lys au nord-est de Terre-Neuve, à des fins de traitement du loup-marin, a échoué. L’objectif, en partenariat avec Mirvest International, est d’y sécuriser ses approvisionnements en viande de phoque du Groenland pour répondre tant au marché domestique qu’extérieur.

De ce fait, le boucher Réjean Vigneau explique qu’il recherche des installations de certification fédérale, de sorte à pouvoir écouler ses produits hors Québec. «Ce sont toutes des technicalités (sic) de petit village qui ont fait qu’on est arrivé comme un chien dans une allée de quilles, dit-il. Il y a de vieilles blessures et tout dont on n’était pas au courant. Ça fait que ç’a tombé à l’eau. Mais on est encore en négociations avec d’autres usines pour pouvoir travailler à Terre-Neuve.»

CERTIFICATION FÉDÉRALE POUR L’ABATTOIR      

Ainsi, malgré ce contretemps, Mirvest et Boucherie Côte à Côte maintiennent leur partenariat qu’ils formaliseront bientôt par l’enregistrement d’une nouvelle identité commerciale. Monsieur Vigneau indique également que des discussions sont en cours aux Îles-de-la-Madeleine afin de doter l’abattoir régional de la double certification provinciale-fédérale, en particulier pour le phoque gris. «Tout ça est quand même encore très embryonnaire. La chasse commence à la mi-janvier, c’est-à-dire quasi demain. Ça fait que, pour 2016, ça va surement être difficile.»

SILICYCLE PRÉSENTE UN PROJET

D’autre part, SiliCycle, une entreprise spécialisée en chimie organique, déposera, sous peu, une demande de financement auprès du ministère québécois des Pêcheries pour contribuer au développement de l’industrie du phoque gris dans l’archipel. C’est ce que nous apprend le président de l’Association des chasseurs de phoque des Îles (ACPÎM), Denis Longuépée. L’entreprise d’origine gaspésienne, créée en 1995, est basée à Québec. Elle compte au nombre des membres fondateurs de l’Office de gestion du phoque de l’Atlantique, aux côtés des Bilodeau, Mirvest International et autres dont l’objectif est de contrôler la population de mammifères pour rétablir l’équilibre de l’écosystème du sud du golfe du Saint-Laurent, tout en assurant une pleine exploitation commerciale.

«Il est trop tôt pour pouvoir parler du projet de SiliCycle, indique cependant monsieur Longuépée. On reste quand même très discret, parce que, souvent, quand on en parle, il y a beaucoup de gens qui voient de l’intérêt au niveau de la chasse au phoque et qui partent toutes sortes de projets. On a vu le projet au niveau du phoque gris qu’on a déposé auprès de la ministre Shea et tout de suite on s’est aperçu que Terre-Neuve en avait déjà déposé un similaire au nôtre.»

Cela dit, Denis Longuépée planifie présenter une nouvelle version de ce projet pilote au nouveau ministre des Pêches et des Océans dès le début de 2016. Le président de l’ACPÎM se félicite de ce que Hunter Tootoo, originaire du Nunavut, arborait fièrement une cravate de loup-marin le jour de son assermentation. Il a bon espoir de s’en faire un allié. «C’est sûr, ça, qu’il n’y a pas aucun autochtone qui n’a pas un préjugé favorable au niveau de la chasse au phoque, fait-il remarquer. Il reste qu’on va avoir de belles discussions avec lui dans les prochaines semaines à venir, peut-être mois, parce qu’on sait que ça va prendre un peu de temps avant de le rencontrer.»

ÇA BOUGE À TERRE-NEUVE      

Pendant ce temps, l’entreprise terre-neuvienne PhocaLux International, basée à Fleur de Lys depuis le printemps dernier, entreprend une expansion de ses activités. Elle fait fonctionner l’usine qui appartenait jusque là à la coopérative de chasseurs du village, à côté de laquelle se trouvent les installations de Seawater, que Boucherie Côte à Côte et Mirvest ont tenté en vain d’acheter. PhocaLux est dans l’attente de la certification environnementale nécessaire au fonctionnement d’une tannerie, actuellement en voie de construction.

L’entreprise veut aussi développer ses installations de traitement de l’huile de phoque du Groenland afin d’en augmenter ses exportations. Ayant bénéficié d’un prêt d’un million de dollars, en avril, du gouvernement Davis, son objectif est de faire travailler de 30 à 35 personnes à l’année. Elle partage aussi les visées madeleiniennes d’assurer une pleine utilisation de l’animal, incluant sa viande.

Et déjà, ses fourrures de loup-marin ont pignon sur rue en Chine, une première pour le phoque du Groenland, sous la   bannière Always in Vogue. Cette dernière a également une boutique à Saint-John’s, Terre-Neuve, depuis 1983. C’est elle, en fait, qui s’est associée à la Northeast Coast Sealers Coop de Fleur de Lys pour créer PhocaLux International, afin de s’approvisionner en peaux. On se rappellera aussi que ce sont des groupes de chasseurs de cette même coopérative que le boucher Réjean Vigneau a lui-même formé ces deux dernières années pour s’assurer que ses approvisionnements en viande respectent les règles de manutention et les normes de salubrité du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec.

Always in Vogue a enregistré des ventes de plus de 80 000 $ au cours de son premier mois d’activités de fonctionnement, en octobre, dans un centre commercial de la ville de Shenyang, au nord de la Chine. Elle s’attend à ce que ce bilan augmente en ce début d’hiver.

REPÈRE – page 26 – Volume 28,6 – Décembre 2015 – Janvier 2016

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux

Hélène Fauteux, journaliste et coordonnatrice de la salle des nouvelles de CFIM, la radio communautaire des Îles-de-la-Madeleine depuis 29 ans. Je collabore à Pêche Impact depuis les premières heures du journal. Diplômée de l'Université Concordia, à Montréal, où je me suis spécialisée en presse électronique, au sein des facultés de communication et de journalisme. J’ai fait mes premières armes dans la presse écrite pendant mes études, au Canada français, à l'hebdo du Haut-Richelieu. Depuis j’habite dans l'archipel madelinot où elle j’ai épousé un pêcheur de homard et j’ai développé une solide expertise du secteur des pêches et de la mariculture, épine dorsale de l'économie locale.

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