La pêche au crabe des neiges nécessite certains ajustements en début de saison

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Le début de la saison de pêche au crabe des neiges est marqué par les difficultés de recrutement dans les usines de transformation et des ajustements sur de nouvelles règlementations en ce qui a trait à la capture de la ressource. Sinon, la pêche est bonne et l’harmonie règne avec une entente sur le prix, avant le début de la saison pour une fois. Les pêcheurs de crabe des neiges les plus à l’Est de la vaste zone 16 ont bien vu un peu de glace lors de leurs premières sorties au large de Natashquan, mais rien pour perturber leur travail. Les forts vents des 3 premiers jours prévus au plan de gestion à partir du 6 avril, ont retardé les premiers voyages en mer. Le coordonnateur des opérations chez Pêcherie Uapan à Sept-Îles/Uashat, Benoît St-Onge, évaluait le 2 mai que les quatre bateaux opérant quatre permis autochtones ont déjà capturé près de 25 % des quotas alloués. Les bateaux de Pêcherie Uapan travaillent au rythme de trois ou quatre voyages par semaine depuis le début de la saison. «Au large ici, le début de saison de pêche au crabe a été plutôt facile. Nous n’avons aucune difficulté à capturer la ressource. Nous planifions nos voyages avec l’usine UMEK, de Sept-Îles. En début de saison comme ça, c’est la capacité de transformation de l’usine qui fixe un peu nos horaires», explique Benoît St-Onge. Le coordonnateur des activités de pêche au crabe de Pêcherie Uapan s’attend à ce que leurs équipages complètent la saison vers la mi-juin. La zone 16 compte 53 permis de pêche au crabe, dont 37 pêcheurs traditionnels qui se partagent 92,7 % du contingent accordé par le ministère des Pêches et des Océans (MPO). Les communautés innues disposent de 15 permis. Le statuquo a été privilégié pour le TAC de 2018, soit 3 615 tonnes, dans cette zone où les biologistes estiment que la ressource est en bonne santé. PROTÉGER LES BALEINES… Le MPO a dû réévaluer rapidement sa décision d’imposer de nouvelles mesures pour réduire les risques d’interaction avec les baleines. La proposition d’écourter la distance entre les bouées principales et secondaires a vite fait réagir les pêcheurs. La longueur maximale de 6,4 mètres de corde et l’interdiction de laisser flotter les cordages à la surface de l’eau imposaient des manœuvres trop dangereuses sur les bateaux de pêche. Les dirigeants des associations de pêcheurs ont effectué des représentations intenses auprès du MPO dès l’annonce du plan de pêche. Les pêcheurs de crabe ont d’abord défié les nouvelles directives. La Commission des normes et de l’équité, santé et sécurité au travail (CNESST) a émis un avis donnant raison aux inquiétudes des pêcheurs et hommes de ponts. Ces derniers auraient dû forcer davantage dans des positions difficiles pour respecter les nouvelles directives imposées. Michel Castonguay, un inspecteur de la CNESST, a estimé que les câbles plus courts augmentent les risques de voir un marin tomber à la mer par mauvais temps. La remise en question de la décision initiale du MPO pour protéger les baleines a choqué les écologistes de la Côte-Nord. Spécialiste affilié à plusieurs groupes, dont la Station de recherche des Îles Mingan, le septilien Jacques Gélineau prétend que l’industrie du crabe réalise de grands profits et agit de façon irresponsable. Selon l’écologiste bien connu dans la région, la grande majorité des baleines qui fréquentent la Côte-Nord du Saint-Laurent montrent des signes d’empêtrement avec des engins de pêche. «Je ne comprends pas les inquiétudes des porte-parole des pêcheurs. Vingt pieds de corde, ça se ramasse facilement de façon sécuritaire, comme ça s’est toujours fait. Il n’y a aucune volonté de changement. Ils ne pensent qu’à hausser les profits», critique Jacques Gélineau. «Les baleines bleues, qui sont aussi en péril, se nourrissent en Moyenne-Côte-Nord en avril et en mai. La carcasse d’un petit rorqual dérivait avec des cages attachées derrière au large de Port-Cartier l’été dernier. J’ai croisé une baleine à bosse à Sept-Îles empêtrée de cordage en octobre. 100 % des 30 baleines à bosse observées dans le secteur en 2017 montraient des stigmates de cordage», affirme Jacques Gélineau en apportant plusieurs photos en preuve. Ce dernier déplore aussi que le MPO écoute d’abord les pêcheurs et tente simplement de protéger la réputation du gouvernement en donnant l’impression d’agir pour sauver les baleines noires, dont le déclin dans l’Atlantique Nord fait l’objet d’une grande médiatisation. …OU LES PÊCHEURS Le directeur général de Pêcherie Uapan, Yan Tremblay, croit que la sécurité doit primer. «Nos pêcheurs de la vaste zone 16 voient parfois des baleines dans le secteur près d’Anticosti jusqu’à Havre-Saint-Pierre, vraiment à la   fin de la saison. Ici, à Uashat mak  Mani-Utenam, les baleines arrivent lorsque nos pêches sont terminées. Nous sommes inquiets et préoccupés par le sort des baleines noires. À partir du moment où une espèce est en danger, il faut agir, mais pas en imposant des façons de faire qui compromettent notre sécurité», commente Yan Tremblay. Le directeur de Pêcherie Uapan précise que la collaboration est devenue très bonne entre les gestionnaires des pêches du ministère fédéral des Pêches et les pêcheurs de la Côte-Nord. Nos ressources sont bien gérées. Ça devient très important pour notre industrie. Il y a des changements en mer. Le réchauffement du climat va entraîner d’autres bouleversements. Nous avons actuellement une belle collaboration entre les sciences et les pêches, qui contribue à protéger les ressources du Saint-Laurent», constate Yan Tremblay. PÉNURIE DE MAIN-D’ŒUVRE Du côté du secteur de la transformation, les difficultés à recruter toute la main-d’œuvre nécessaire dans les usines de la Côte-Nord semblent encore plus marquées en 2018. Il faut dire que tout le problème du trou noir dans les revenus des travailleurs saisonniers de la région a fait réfléchir plusieurs personnes qui concluent qu’il est difficile de vivre 12 mois par année avec les revenus d’une usine de pêche et le programme d’assurance-emploi du gouvernement du Canada. La directrice de l’organisme Action Chômage Côte-Nord, Line Sirois, est convaincue que la pénurie de main-d’œuvre va s’amplifier dans l’industrie de la pêche pour l’Ouest de la Côte-Nord en raison de la division territoriale du programme d’assurance-emploi. Les travailleuses saisonnières des usines de crabe de la Haute et Moyenne-Côte-Nord doivent cumuler plus de semaines de travail pour se qualifier. Les règles d’admissibilité sont bien différentes de celles en Basse-Côte-Nord et en Gaspésie. «Le gouvernement Trudeau n’a pas changé les règles pour 2018, comme promis. Les saisonniers se voient offrir de la formation, mais vivent quand même le trou noir», dénonce Line Sirois. Chez Crustacés Baie-Trinité, la transformation du crabe a commencé au début d’avril avec une centaine d’employés. On espérait en recruter une vingtaine de plus. L’entreprise, propriété de Daley Brother’s, envisage de loger à Baie-Trinité davantage de travailleuses de Terre-Neuve & Labrador et d’ailleurs. Crustacés Baie-Trinité projette d’augmenter la production de l’usine en prolongeant la saison avec le traitement d’autres espèces comme le homard. La stratégie d’affaires de l’entreprise permettrait d’offrir de meilleures conditions de travail aux saisonniers. BASSE-CÔTE-NORD Du côté de la Basse-Côte-Nord, la pêche au crabe des neiges s’est amorcée le 18 avril dans la région de Kégaska. Pour la zone 15, les 30 pêcheurs bénéficient d’un TAC de 631,7 tonnes en 2018, soit le même contingent que l’an dernier. La saison de travail en mer démarrait seulement au début mai pour les 19 détenteurs de permis de la zone 14 en Basse-Côte-Nord. Ils se voient allouer un TAC de 617,3 tonnes pour la présente saison, une baisse des captures de 10 % comparativement à 2017. Enfin, les 43 détenteurs de permis de la zone 13, dont 37 proviennent de la Basse-Côte-Nord et 6 de Terre-Neuve & Labrador, ont accès à un TAC global de 406 tonnes en 2018. Là aussi, le statuquo des captures prévaut pour la saison qui s’est mise en branle au début et à la mi-mai selon les deux options proposées par Pêches et Océans Canada. LA MOYENNE-CÔTE-NORD – pages 14 et 15 – Volume 31,2 – Avril-Mai 2018

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À propos de l'auteur : 

Jean St-Pierre

Jean St-Pierre œuvre dans le domaine des communications depuis 1983, d’abord dans son Saguenay natal, puis à Havre-Saint-Pierre et à Sept-Îles. Il a travaillé comme animateur et journaliste, notamment au Nord-Est, à CILE-MF et Pur FM 94. Jean agit comme correspondant à Pêche Impact en Côte-Nord, depuis plusieurs années.

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