La pêche durable au sébaste : une opportunité à saisir pour le Québec

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Le sébaste revient en force dans le golfe du Saint-Laurent, et c’est le moins que l’on puisse dire! Les cohortes extraordinaires de 2011, 2012 et 2013 se sont successivement installées dans le golfe et les petits sébastes grandissent progressivement. La biomasse projetée est exceptionnelle. Les facteurs en cause de cet étonnant retournement de situation? Ils sont encore nébuleux, mais des conditions favorables à la survie et à la croissance des larves et des juvéniles en plus de changements attribuables au réchauffement progressif des eaux du golfe pourraient être en cause. L’industrie doit donc se préparer au retour rapide du « rouge » afin d’en assurer une pêche durable pour les années à venir. DES PROJETS INNOVANTS Afin de saisir cette opportunité, Merinov et ses partenaires ont ciblé des activités de recherche innovantes pour soutenir l’industrie dans le contexte d’une reprise éventuelle de la pêche dirigée au sébaste. L’objectif ultime est de développer un chalut efficace et performant pour la pêche, tout en diminuant son incidence sur les écosystèmes marins du golfe du Saint-Laurent. Depuis 2017, Merinov mène en parallèle plusieurs projets grâce à son équipe, ses collaborateurs-experts et le soutien du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, du ministère de       l’Économie, de la Science et de l’Innovation, de Pêches et Océans Canada (MPO). Que de gros sébastes! Un de ces projets vise à mettre au point différents dispositifs de sélectivité efficaces sur la partie arrière du chalut, soit la rallonge et le cul de chalut, qui sont adaptés aux navires de la flotte québécoise. Ces innovations aspirent à réduire les captures de sébaste juvénile et les prises accidentelles de poisson de fond de cette pêcherie. Des systèmes de grilles de sélectivité, des types de mailles (orientation, taille, etc.) et des matériaux innovants seront testés dans un bassin d’essai, puis expérimentés en mer en situation de pêche. Un chalut expérimental pantalon sera développé par l’École des pêches et de l’aquaculture du Québec (ÉPAQ) afin de rendre possible la comparaison des captures avec ou sans dispositifs de sélectivité grâce aux deux culs de chalut. Des simulations numériques serviront de préparation à la phase d’essais en mer. Le chalut expérimental pantalon sera composé de panneaux de fond et d’un chalut, dont le dessin est dérivé d’un chalut pélagique. Le système de pêche sera modifié pour devenir entièrement pélagique une fois que les dispositifs de sélectivité auront permis de trier convenablement les sébastes, pour ne laisser s’échapper que les poissons qui ne sont pas ciblés par cette pêche. Une fois le gréement entièrement pélagique, les impacts sur le fond marin seront réduits au maximum. Limiter l’impact sur le fond marin Des simulations numériques ont permis dans un premier temps de comparer la pression engendrée sur le fond par les chaluts qui pourraient faire l’objet d’une pêche au Québec : chaluts de fond, semi-pélagique et pélagique. Cette année, les technologies existantes pour documenter le contact des chaluts avec le fond marin seront colligées. Les indicateurs et outils seront testés en situation de pêche afin de caractériser le degré d’impact des trois types de chaluts sur les écosystèmes benthiques. Pour du sébaste de haute qualité Un chalut pélagique adapté aux chalutiers de plus petite taille d’environ 15 mètres a été conçu. Il vise à documenter les processus d’optimisation de la qualité du poisson au niveau de l’engin de pêche, c’est-à-dire lors du chalutage. Il consiste également à caractériser la qualité du poisson à bord lors de l’entreposage en cale. Ce projet se penchera sur les techniques les plus performantes pour atteindre les hauts standards de qualité exigés par les marchés actuels du poisson frais. MISSION EN ISLANDE : UN MODÈLE DE PÊCHE DURABLE Le 26 février dernier, une délégation québécoise s’est rendue à Reykjavik, en Islande, où se situent les leaders mondiaux de la pêche au sébaste. Quatre professionnels et chercheurs de Merinov, un enseignant et technologue spécialisé en engins de pêche à l’ÉPAQ, deux capitaines-propriétaires de chalutiers de pêche au sébaste en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine ainsi que la biologiste responsable de l’évaluation du stock du sébaste au MPO ont participé à cette mission. Pendant quatre jours, les participants ont été immergés dans l’industrie maritime islandaise afin de rapporter le maximum d’informations pertinentes au Québec. Ils ont, entre autres, visité le très récent chalutier Akurey AK 10 et une usine de transformation de sébaste hautement mécanisée appartenant à l’entreprise HB Grandi. Plus de 90 % des pêcheries en Islande ont obtenu l’écocertification MSC. L’équipe a porté une attention particulière aux enjeux de sélectivité des chaluts à sébaste ainsi que les moyens pratiques de le pêcher efficacement tout en réduisant l’impact sur le fond marin. Ainsi, elle a pu mieux saisir les modalités de gestion et d’exploitation des stocks de sébaste islandais, leurs différences et leurs similarités avec le Québec. Le modèle islandais actuel est orienté autour du maintien de la qualité optimale des produits de la mer. Toute la chaîne de valeur, de la capture à la transformation, assure une chair de poisson d’une qualité inégalée. Les culs de chaluts construits avec des matériaux innovants, résultat de nombreuses années de recherche, réduisent le compactage des poissons pendant la pêche. Les systèmes de manutention et de transformation automatisés sont développés de façon à ce que les poissons soient conservés au frais et ne subissent aucune chute qui pourrait les endommager. Les Islandais accordent une grande importance à l’utilisation des coproduits dans une optique zéro déchet. Cette mission a été très prolifique pour tous les participants. Les contacts établis contribueront au développement durable de l’industrie de la pêche au sébaste au Québec. La délégation tient par ailleurs à remercier toutes les personnes rencontrées pour le partage de leurs connaissances, et plus particulièrement M. Haraldur Arnar Einarsson, biologiste spécialiste en recherche sur les engins de pêche au Marine and Freshwater Reasearch Institute, qui a contribué à l’organisation de la mission en collaboration avec Merinov. Par Marie-Claude Côté-Laurin, chercheuse industrielle, Pascale Chevarie, professionnelle de recherche et Lise Chevarie, chargée de projet chez Merinov RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT – page 29 – Volume 31,2 – Avril-Mai 2018

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À propos de l'auteur : 

Marie-Claude Côté-Laurin
marie-claude.cote-laurin@merinov.ca'

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