Le homard fait son nid le long de la côte nord-côtière

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Les stocks de homard sont en croissance partout au Québec. Sur la Côte-Nord, l’augmentation offre des opportunités pour la pêche commerciale qu’on ne voyait pas il y a à peine 3 ans. Précurseur avec le premier permis exploratoire de capture du homard dans la baie de Sept-Îles il y a 5 ans, Pêcheries Uapan a doublé en 5 ans son chiffre d’affaires, en bonne partie grâce à ses 4 permis de pêche commerciale au homard. «Il y a plus de homard partout sur la Côte-Nord», constate le directeur de l’entreprise appartenant au conseil des Innus d’Uashat mak Mani-Utenam, la communauté autochtone enclavée dans la Ville de Sept-Îles. «Lorsqu’on a proposé un permis exploratoire à Sept-Îles au début, on a fait rire de nous, ajoute Yan Tremblay. Aujourd’hui, tout le monde s’intéresse au homard d’ici. Le succès de pêche va aussi avec l’effort et l’expérience. Après quelques voyages exploratoires, les équipages savent où se trouve le homard.» UNE PÊCHE PLUS LUCRATIVE La pêche au homard devient plus lucrative sur la Côte-Nord, selon Yan Tremblay. Pêcheries Uapan vend sa production aux poissonneries de la Côte-Nord qui disposent de permis de transformation. Elles peuvent écouler la marchandise dans leurs réseaux à travers le Québec. Devant la hausse du homard disponible sur la Côte-Nord, Pêcheries Uapan envisage d’investir dans des projets structurants. «Il y a un bel avenir pour le homard d’ici. Les gens de la région attendent nos crustacés en début de saison. La hausse de la production régionale ouvre des portes. Pour nous, ça permet une belle diversification. Nous réalisons des pêcheries déjà profitables avec le crabe des neiges. La nouvelle réalité avec le homard nous permet de supporter des pêches plus exploratoires ou à revenus variables, comme le bourgot, le maquereau, le flétan et le turbot», commente le directeur de l’entreprise qui dispose de permis pour le homard à Anticosti, Havre-Saint-Pierre, Sept-Îles et Baie-Trinité. Il affirme que la saison de pêche 2018 est excellente dans les 4 sous-zones. Une cinquantaine de homardiers exploitent les zones 15, 16, 17-B et 18, localisées sur la rive nord du Saint-Laurent et au nord de l’île Anticosti. La gestion de la pêche s’effectue, entre autres, par un contrôle de l’effort de pêche avec le nombre de permis alloués, le nombre et la grosseur des casiers utilisés, la durée de la saison et une taille minimale de capture. Les pêcheurs profitent d’une saison de 11 semaines avec un nombre de casiers limité à 250 sur la Côte-Nord et 300 à l’Île Anticosti. HAUSSE VERTIGINEUSE La plus récente évaluation pour l’état des stocks de homard pour la Côte-Nord et Anticosti date de 2015. Elle confirmait déjà des hausses marquées depuis 2011. Les statistiques impressionnent : augmentation de 113 % des débarquements dans la zone 15, de 267 % dans la 16 et de 217 % dans la 17-B, par exemple, ainsi que des hausses aussi vertigineuses (151 % par rapport à 2011) des captures par unités d’effort. La taille moyenne des homards du Nord a aussi gonflé de 1,9 mm pour atteindre 95,5 mm. Les homards mesurés en Gaspésie affichent une taille moyenne de 97 mm. Le rapport publié en août 2017 conclut que «les très fortes hausses suggèrent que les stocks de homard sur la Côte-Nord et à Anticosti sont en très bonnes conditions et que l’augmentation de ces indicateurs va se poursuivre.» Les constatations sur le terrain ne font pas mentir le rapport des scientifiques. La Côte-Nord a enregistré des débarquements records en 2016 et encore en 2017. «Les stocks augmentent partout au Québec, rappelle le biologiste en évaluation de la ressource de l’Institut Maurice-Lamontagne (IML) du ministère des Pêches et des Océans (MPO) Benoît Bruneau. Les conditions sont meilleures pour la Côte-Nord, où le homard est plus petit et plus lent à se développer.» PEU DE DONNÉES SCIENTIFIQUES Les hypothèses sur les causes se précisent au fil des études scientifiques, mais les données sur le homard de la Côte-Nord se font encore rares. Benoît Bruneau reconnaît que les changements environnementaux, comme le réchauffement de l’eau, expliquent le déplacement des populations de homard vers le Nord. Le phénomène a aussi des impacts majeurs dans le sud de la zone de répartition de l’espèce. Dans les états américains du Connecticut et du Rhode Island, à la limite sud de l’aire de répartition du homard dans l’Atlantique, le crustacé a été affecté par une maladie, avant de déserter les zones côtières. «La biologie du homard est complexe et nous ne détenons pas toutes les explications, souligne le spécialiste de l’IML. Le changement qui s’opère affecte toutes les étapes du cycle de vie. On sait que la production et le taux de survie des œufs ont grimpé. Le homard n’est pas seul à profiter des changements. Les prédateurs des bébés homards transforment aussi les côtes rocheuses de la Côte-Nord.» Les homards ne mangent pas l’hiver. Ils se déplacent vers les côtes au printemps avec une vitalité fragile face aux animaux côtiers. Les homards n’ont pas traversé le grand fleuve en marchant le fond marin. Les scientifiques pensent que les larves de homard ont toujours voyagé sur de longues distances, après la reproduction avec les vents et les courants marins. Un léger réchauffement des eaux côtières autour des îles et des rives du nord du Saint-Laurent peuvent créer des conditions de survie plus favorable aux jeunes homards. APPELER À GRANDIR Le biologiste du MPO, Benoît Bruneau, précise qu’il y avait peu d’activités de pêche au homard sur la Côte-Nord avant 2010, considérant la vaste étendue du territoire. «Ça signifie aussi que l’information sur la ressource va augmenter avec l’intérêt croissant pour la pêche et l’ajout de nouveaux permis. Les carnets de bord des pêcheurs et quelques expéditions scientifiques fournissent l’information pour   élaborer des recommandations aux gestionnaires.» Avant d’ouvrir de nouvelles zones ou d’ajouter des permis, le MPO a la responsabilité de s’assurer d’une ressource capable de garantir des pêches durables. C’est le cas de la très grande zone 18, qui n’hébergeait que des permis exploratoires il y a 4 ans. «Maintenant, nous réalisons des pêches viables en Moyenne-Côte-Nord. Il nous est permis de penser investir dans l’avenir. Le changement qui s’opère est là pour rester», croit le directeur de Pêcherie Uapan, Yan Tremblay. Le développement des marchés, avec un produit déjà connu des consommateurs, peut connaître un succès rapide. Le scientifique Benoît Bruneau pense qu’il faut suivre attentivement la situation du homard de la Côte-Nord. «La ressource est gérée avec l’effort de pêche, rappelle-t-il. La bonne stratégie est de respecter l’évolution de la ressource. L’industrie s’intéresse au homard lorsqu’il est bien rempli et qu’il a moins faim. Il devient intéressant de documenter tout ce qui se passe dans son cycle de vie sur la Côte-Nord, qui peut être plus lent qu’aux Îles-de-la-Madeleine ou en Gaspésie», conclut Benoît Bruneau. Le homard occupe donc plus aisément la limite nordique de son royaume. Les   scientifiques cueillent toute l’information disponible sur le sujet. Pendant ce temps, l’industrie nord-côtière de la pêche savoure les opportunités qui s’annoncent fleurissantes. LA CÔTE-NORD – page 14 – Volume 31,3 – Juin-Juillet-Aout 2018

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À propos de l'auteur : 

Jean St-Pierre

Jean St-Pierre œuvre dans le domaine des communications depuis 1983, d’abord dans son Saguenay natal, puis à Havre-Saint-Pierre et à Sept-Îles. Il a travaillé comme animateur et journaliste, notamment au Nord-Est, à CILE-MF et Pur FM 94. Jean agit comme correspondant à Pêche Impact en Côte-Nord, depuis plusieurs années.

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