Le lien affectif avec la crevette conservé malgré le déclin

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Les gens de Sept-Îles et de la Côte-Nord conservent un lien affectif avec la crevette nordique, qui est bien perceptible aux portes des poissonneries chaque printemps. «Le déclin de la ressource peut faire mal à l’économie, mais ne brisera pas l’attachement de la population pour le petit crustacé orangé», assure le seul pêcheur de crevette non autochtone de la région, Jean-Pierre Element. Le crevettier de Sept-Îles promet de toujours garder de la crevette pour le marché local. La baisse importante de quotas recommandée dans les avis scientifiques ne dégarnira pas les assiettes sur les tables des restaurants et dans les foyers des gens de la Côte. Elle va surtout se faire sentir dans les usines de transformation de la Gaspésie, soit à Matane, Sainte-Anne-des-Monts, Rivière-au-Renard et l’Anse-au-Griffon, estime Jean-Pierre Element. Les communautés innues qui disposent de permis de pêche de la crevette alimentent aussi les poissonneries de la Côte-Nord, mais expédient moins de crevettes en Gaspésie. Pour l’Agence AMIK, qui gère les permis de pêche pour plusieurs conseils de bande autochtones, il y aura un impact économique certain. Des pêcheurs attitrés à la capture de crevette pourront, par contre, effectuer des heures pour d’autres activités de pêche au sein de l’organisation, qui a accès à plusieurs ressources. INQUIÉTANT AU LARGE DE SEPT-ÎLES Le déclin est perceptible depuis au moins 2 ans dans l’une des deux principales zones de pêche du golfe du Saint-Laurent, soit au large de Sept-Îles et Port-Cartier. En 2017, les pêcheurs ont réussi à capturer seulement 68% des quotas accordés. Les scientifiques du ministère des Pêches et des Océans recommandent une baisse globale de 35% des quotas de crevette pour 2018. La décision finale est attendue en mars. Jean-Pierre Element exploite 3 des 4 bancs de crevette du Saint-Laurent. Il a capturé beaucoup moins de crevettes nordiques près de Sept-Îles et au large des Escoumins, dans la zone de l’Estuaire. Par contre, il constate que la population de crevette d’Anticosti est encore en bonne santé. «C’est vraiment inquiétant, ce qui se passe en mer. C’est certain que nous aurons une grosse coupure dans nos quotas. Je ne suis pas d’accord avec tout ce qui est dit par les scientifiques. Je ne comprends pas que l’on recommande une baisse de quotas, même de 15%, à Anticosti. La pêche a toujours été bonne dans cette zone. Dans l’ensemble, on ne peut pas nier les statistiques qui sont là.» L’année 2017 a été difficile pour tout le monde dans cette pêcherie parce que le prix n’était pas au rendez-vous. «On a retardé la pêche en début de saison, rappelle Jean-Pierre Element. Les pêcheurs ont quand même fourni l’effort de pêche nécessaire par la suite, mais chaque voyage a été beaucoup moins rentable. Le banc de Sept-Îles au complet subit une diminution de volume, mais aussi de grosseur. La crevette a beaucoup rapetissé.» Pour 2018, les pêcheurs de crevette   espèrent qu’une hausse des prix au débarquement compensera en partie la baisse des quotas. Il comprend que les pêcheurs du Nouveau-Brunswick vont aussi défendre leurs intérêts. «Le ministre peut difficilement aller contre les avis scientifiques. Il peut amener certains correctifs à partir des avis des pêcheurs. L’impact va être drastique, surtout dans les usines de crevette de la Gaspésie. Les gouvernements seront invités à aider.» DEVENIR PÊCHEUR DE SÉBASTE? M. Element croit que l’abondance de sébaste et le réchauffement des eaux du Saint-Laurent expliquent en bonne partie cette situation. Le crevettier de Sept-Îles souhaite des études scientifiques plus approfondies. «L’impact de l’arrivée massive du sébaste partout dans le golfe depuis 3 ou 4 ans est bien plus important que la pêche. C’est le plus gros prédateur de la crevette. Les températures d’eau changent. Le taux d’oxygène change. Il y a beaucoup d’études à faire pour expliquer ce qui se passe dans le golfe du Saint-Laurent. Peut-être que nos pratiques de pêche ne sont pas les bonnes. On pêche peut-être trop dans les deux frayes. La crevette fraye deux fois par année. On pêche dans la grosse période de reproduction au printemps. Maintenant, les bateaux pêchent jusqu’en fin novembre. On “magane” la deuxième fraye aussi.» À plus long terme, Jean-Pierre Element ne rejette pas l’idée de diversifier ses activités en capturant du sébaste, par exemple. Cet ancien pêcheur de morue a été victime des moratoires sur la pêche au poisson de fond dans les années 1990. «La transition n’a vraiment pas été facile à cette époque. Ils nous ont donné des petites pêches, comme des allocations de crabe. À peine assez pour vivre! Finalement, nous avons réussi à nous organiser pas trop pire dans la crevette. Jusqu’à l’an dernier, les crevettiers traditionnels réalisaient de bonnes saisons.» Jean-Pierre Element ne croit pas que l’on peut transformer rapidement une partie de l’industrie de la crevette en une industrie du sébaste. «Maintenant, va-t-on devoir recommencer encore à zéro avec d’autres espèces?, questionne-t-il. Pour l’instant, les chalutiers qui capturent la crevette n’ont pas le droit de pêcher autre chose et ne sont pas équipés pour le faire». LA CÔTE-NORD – page 4 – Volume 31,1 – Février-Mars 2018

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À propos de l'auteur : 

Jean St-Pierre

Jean St-Pierre œuvre dans le domaine des communications depuis 1983, d’abord dans son Saguenay natal, puis à Havre-Saint-Pierre et à Sept-Îles. Il a travaillé comme animateur et journaliste, notamment au Nord-Est, à CILE-MF et Pur FM 94. Jean agit comme correspondant à Pêche Impact en Côte-Nord, depuis plusieurs années.

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