Les années de pêche se suivent, mais ne se ressemblent pas

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Sébaste et bar rayé envahissaient les zones de pêche de la Côte-Nord en 2017. On en voit peu en 2018. C’est au tour de l’abondance de capelan, de maquereau et de homard de surprendre. Parallèlement à ces changements, ce sont les pêcheurs de crabe des neiges en Basse-Côte-Nord et de crevette nordique du Saint-Laurent qui s’inquiètent des résultats de la saison de pêche qui s’achève. «Nos pêcheurs ont eu un peu plus de difficulté à capturer leur quota de crabe des neiges dans toutes nos zones», précise le directeur de l’Association des pêcheurs de la Basse Côte-Nord, Paul Nadeau. INQUIÉTUDE POUR LE CRABE DES NEIGES Le début de saison s’est amorcé sans problème et sans la présence de glace. Par contre, les rendements de pêche ont baissé à la mi-saison, surtout dans les zones 13 (au large de Blanc-Sablon) et 16-A (est d’Anticosti). «Ce n’est pas la quantité de crabe des neiges disponible le problème, croit Paul Nadeau. Il faudrait pêcher en même temps dans la zone 13 et dans la zone 16-A, mais ce sont les mêmes bateaux et les mêmes équipages. Ces zones ne sont pas rapprochées. Les pêcheurs devront trouver la meilleure stratégie pour récolter efficacement nos quotas lorsque la ressource s’y trouve.» Les pêcheurs n’ont donc pas eu de contraintes liées aux glaces en début de saison 2018. Il y avait bien quelques icebergs de passage, mais rien pour déranger la navigation. Le début de saison est important pour la capture du crabe des neiges. Les pêcheurs polyvalents qui exploitent les zones 13 et 16-A ont vu du crabe blanc en juin, ce qui a entraîné une fermeture un peu plus tôt. Les zones 12-C et 15 ont aussi été plus lentes à fournir les quotas des pêcheurs. «Ce fut légèrement plus lent également dans la zone 14. On note des changements pour le crabe des neiges qui ne sont peut-être pas liés au cycle de reproduction qu’on connaît. C’est clair que ça va alimenter nos discussions avec le secteur des sciences et les gestionnaires de la ressource pendant l’hiver. Il y a peut-être aussi un cycle dans la température de l’eau, ce qui affecte l’habitat du crabe des neiges», questionne Paul Nadeau. Ce dernier aspect semble favoriser depuis quelques années la forte croissance des populations de homard autour de l’île Anticosti et partout sur la Côte-Nord, mais affecte aussi la ressource de crabe des neiges qui s’inscrit au cœur de l’industrie des pêches dans la région. Les données scientifiques sont encore bien partielles pour comprendre les récents changements de température de l’eau sur le vaste territoire marin de la Basse Côte-Nord et leurs impacts. Paul Nadeau croit que plusieurs secteurs de pêche bénéficient des courants d’eau plus froide provenant du Labrador, de nature à ralentir un réchauffement plus quantifiable ailleurs dans le Saint-Laurent. Les crabiers de la Côte-Nord ont donc complété leur capture parfois un peu plus tard qu’à l’habitude. Par contre, ils profitent en 2018 d’une meilleure entente avec les propriétaires d’usines de transformation de crabe des neiges. Le prix est en hausse. HOMARD EN HAUSSE ET CREVETTE EN BAISSE Les crevettiers profitent aussi d’une légère hausse du prix au débarquement. Elle est drôlement bienvenue en cette saison marquée par une baisse drastique des quotas de crevette pour les bancs de la Côte-Nord, dont 74 % dans la zone Estuaire et 60 % au large de Sept-Îles/Port-Cartier. Malgré cette baisse prévue au plan de gestion du ministère des Pêches et des Océans pour protéger une ressource en déclin, la capture de la crevette n’a pas toujours été facile. Cependant, le pêcheur de Sept-Îles Jean-Pierre Element précise que le secteur Anticosti a donné de bons résultats et qu’il y a une reprise dans le banc de crevette de l’estuaire du Saint-Laurent. Quelques pêcheurs de crevette pourraient continuer leurs activités en mer tardivement cet automne afin de capturer la totalité de leur contingent. Jean-Pierre Element croit que la croissance de la     population de sébaste exerce une forte pression sur les 4 stocks de crevette de l’estuaire et du golfe du Saint-Laurent, depuis quelques années. Chose certaine, le homard envahit le littoral nord-côtier de façon marquée depuis 3 ans. Les détenteurs de permis de homard doublent ou triplent leurs captures. Ce sont des revenus importants pour eux, mais on n’a pas sur la Côte-Nord une industrie structurée comme aux Îles-de-la-Madeleine et en Gaspésie. UNE BIODIVERSITÉ EN CHANGEMENT La pêche au turbot a aussi été plus lente en Moyenne et Basse-Côte-Nord. Par contre, la capture du flétan atlantique semble plus rapide et efficace, mais le prix versé aux pêcheurs est en baisse. L’abondance de maquereau et de capelan, qui a roulé plus longtemps sur les plages de la Côte-Nord, a aussi alimenté bien des discussions autour des quais au cœur de l’été. L’an dernier, c’est la présence de bar rayé qui faisait jaser chez les gens de la Côte. On n’en a pas vu un seul en 2018. Le poisson rouge nommé sébaste, qu’on identifiait en forte croissance et peut-être coupable en partie du déclin de la crevette, est aussi moins visible cette année. La biodiversité dans le Saint-Laurent et près de Terre-Neuve est encore méconnue et pleine de surprises, selon le pêcheur polyvalent de Blanc-Sablon, Jean-Marie Jones. «Ce n’est pas parce qu’on en capture moins de façon accidentelle que le poisson rouge est moins présent dans le Saint-Laurent. On est loin de comprendre tout ce qui se passe dans l’océan. Les pêcheurs travaillent avec des dates, des zones, des quotas…» «Les pêcheurs polyvalents n’ont pas la vie simple», témoigne Jean-Marie Jones. «Ils utilisent plusieurs types d’engins de pêche pour cumuler la capture de crabe de neiges, de poissons pélagiques, de   flétan atlantique, de homard et autres espèces. On s’adapte aux conditions de navigation. On répond aux attentes des usines de crabe des neiges, puis on pêche le hareng, le capelan, le maquereau… Le flétan atlantique est abondant. On voudrait bien avoir des permis pour en pêcher davantage comme nos voisins  de Terre-Neuve-et-Labrador qui viennent jusqu’en face de chez nous.» «On dirait qu’il y a plus de bourgots et qu’ils sont plus gros. Le prix est bon. Je vais continuer cette pêche tout le mois de septembre. Nous, pauvres pêcheurs polyvalents de la Côte-Nord, nous travaillons avec les permis qu’on nous donne. Cette année, il y avait beaucoup de loups marins et de baleines dans la Baie de Brador. C’est signe que leur garde-manger est plein», conclut le pêcheur de la Basse-Côte-Nord, Jean-Marie Jones. LA CÔTE-NORD – page 3 – Volume 31,4 – Septembre-Octobre-Novembre 2018

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À propos de l'auteur : 

Jean St-Pierre

Jean St-Pierre œuvre dans le domaine des communications depuis 1983, d’abord dans son Saguenay natal, puis à Havre-Saint-Pierre et à Sept-Îles. Il a travaillé comme animateur et journaliste, notamment au Nord-Est, à CILE-MF et Pur FM 94. Jean agit comme correspondant à Pêche Impact en Côte-Nord, depuis plusieurs années.

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