Libre-échange potentiel entre le Canada et la Chine : les réactions sont mitigées

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L’annonce de discussions exploratoires entre le Canada et la Chine sur une éventuelle entente de libre-échange suscite des réactions mitigées dans le secteur des pêches.

Pour l’industrie du homard, une telle entente n’est pas nécessairement souhaitable, selon Jean-Paul Gagné, directeur général de l’AQIP. Il croit qu’elle pourrait entraîner une trop forte hausse du prix de vente sur le marché domestique. «Il faut faire attention dans cette histoire-là, dit-il. Il ne faut pas qu’on vende nos produits en Chine parce qu’il n’y a pas de barrières tarifaires et qu’ils viennent nous revendre ici plus cher! Il faut faire attention dans tout ça. Ça peut peut-être être bon, ou pas bon. Mais moi, je pense qu’il faut être prudent avant de dire oui, on y va.»

De son côté, le président de SeaDNA, Réjean Vigneau, croit au contraire que l’industrie du phoque a tout à gagner d’une ouverture du marché chinois. «Nous autres, on voit ça d’un bon œil. On sait pertinemment bien, par contre, que quand le dossier phoque arrive dans une discussion, quand on arrive au politique tout le monde marche sur des œufs… On a hâte de voir qu’est-ce qui va arriver avec ça.»

MISSION POLITIQUE EN CHINE

À ce propos, signalons que le député des Îles à l’Assemblée nationale et adjoint parlementaire aux Pêcheries, Germain Chevarie, était en Chine au début novembre à l’occasion du China Fisheries and Seafood Expo 2016, le plus important rendez-vous planétaire de l’industrie. En trois jours, l’événement de Qingdao reçoit 25 000 visiteurs provenant d’une centaine de pays.

Monsieur Chevarie y était accompagné du sous-ministre adjoint aux pêches et à l’aquaculture commerciales, Aziz Niang. Il s’agissait de la première représentation politique québécoise à cette foire internationale devenue un incontournable depuis 20 ans. Dans le cadre de son séjour, il a notamment eu l’occasion de s’entretenir avec le maire de Qingdao, de même qu’avec le ministre des Pêches et de l’Agriculture à Pékin. Le député dit avoir profité de toutes ses rencontres pour vanter les produits du loup-marin. «Ça m’a permis d’expliquer, je dirais, toute la problématique de la désinformation et de replacer certaines choses, je pense, au bon endroit, dit-il. Et j’ai eu une écoute assez importante de la part des différentes instances qu’on a rencontrées sur le dossier du phoque.»

La Chine est désormais le premier marché en importance au monde, devant les États-Unis.

D’autre part, l’Union européenne recule et n’imposera pas d’interdit commercial sur le homard vivant nord-américain. Selon l’Associated Press, son Comité des espèces envahissantes exotiques a démontré qu’il n’y avait finalement aucun appui à une inscription du crustacé sur sa liste.

Il rejette ainsi les prétentions de la Suède selon lesquelles le homard des États-Unis et du Canada pose une menace environnementale parce que 32 individus ont été pêchés dans ses eaux en sept ans. En septembre, le comité scientifique consultatif de l’Union européenne avait pourtant conclu que la Suède soulevait des arguments suffisamment valables pour soumettre sa proposition à une vaste consultation.

Dans une décision rendue à la mi-octobre, la Commission européenne a plutôt informé la Suède qu’elle implanterait des mesures pour éviter de perturber le commerce du homard. On suppose que les crustacés nord-américains retrouvés sur les côtes d’Europe se sont échappés d’installations de stockage.

PARANOÏA?

Pour sa part, Jean-Claude Brêthes, professeur à l’Institut des sciences de la mer de l’Université du Québec à Rimouski, qualifie d’exagérée la réaction de la Suède, qui perçoit le crustacé nord-américain comme une menace pour l’habitat marin du homard européen. «D’ailleurs, on parle de homards qui avaient des élastiques, souligne-t-il. Ils ne peuvent pas faire grand-chose, hein? Pour entrer en compétition, il faudrait qu’ils se reproduisent, mais avec les élastiques, ils auraient beaucoup de mal à le faire, souligne monsieur Brêthes. Et enfin, 30 homards, on ne peut quand même pas parler d’une invasion! Dans ce cas-là, je pense qu’il y a eu une espèce de paranoïa.»

De leur côté, ni le directeur général de l’Association québécoise de l’industrie de la pêche (AQIP), Jean-Paul Gagné, ni le député des Îles à l’Assemblée nationale et adjoint parlementaire aux Pêcheries, Germain Chevarie, n’ont vraiment été inquiétés par la menace d’un boycottage européen. «Moi, je pense que, sans dire que c’est farfelu, c’était pas fort», explique monsieur Gagné. «Et la demande est quand même très grande, enchaîne le député. On sait que le homard nord-américain est très en demande.»

Les exportations américaines et canadiennes de homard vivant en Europe totalisent 200 millions de dollars par année. Or, selon les données de l’AQIP, les ventes du Québec sont elles-mêmes inférieures à un million de livres.

COMMERCIALISATION – page 31 – Volume 29,6 – Décembre 2016 – Janvier 2017

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux

Hélène Fauteux, journaliste et coordonnatrice de la salle des nouvelles de CFIM, la radio communautaire des Îles-de-la-Madeleine depuis 29 ans. Je collabore à Pêche Impact depuis les premières heures du journal. Diplômée de l'Université Concordia, à Montréal, où je me suis spécialisée en presse électronique, au sein des facultés de communication et de journalisme. J’ai fait mes premières armes dans la presse écrite pendant mes études, au Canada français, à l'hebdo du Haut-Richelieu. Depuis j’habite dans l'archipel madelinot où elle j’ai épousé un pêcheur de homard et j’ai développé une solide expertise du secteur des pêches et de la mariculture, épine dorsale de l'économie locale.

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