Mission commerciale en Chine : le homard domine, la crevette émerge

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Le marché chinois est devenu un important débouché pour le homard québécois, sept ans après les premiers voyages exploratoires de propriétaires d’usines gaspésiennes. Et la crevette commence aussi à intéresser la Chine, constatent certains participants au salon annuel de Quingdao, la China Fisheries and Seafood Expo. Des représentants de GIMXPORT et de quatre entreprises de la Gaspésie étaient présents du 4 au 6 novembre dernier.

Bill Sheehan, vice-président de E. Gagnon et Fils, est allé une première fois en Chine en 2008, à une époque où il n’y vendait pas un seul homard. «C’était une mission exploratoire», dit-il. Les ventes ont «vraiment démarré» vers 2010-2011, indique monsieur Sheehan. Cet automne, il se rendait à Quindao dans un contexte où son entreprise de Sainte-Thérèse-de-Gaspé vend maintenant 25% de son homard en Chine, pour la plupart du produit entier, cuit et congelé sous vide.

La hausse du niveau de vie est pour quelque chose dans la demande chinoise, observe monsieur Sheehan. «Il y a eu un changement assez considérable depuis 2008. Juste de voir le parc automobile… En 2008, les gens tiraient des «barouettes». Aujourd’hui, on voit des Mercedes, des BMW et des Audi.»

La demande du marché chinois devrait continuer à augmenter, prévoit monsieur Sheehan. Même si «ce n’est pas la majorité qui peut se payer du homard» en Chine, la minorité d’un pays de 1,3 milliard d’habitants représente quand même un bon bassin de consommateurs, fait remarquer l’homme d’affaires.

«C’est un marché de volume si on le compare aux États-Unis et à l’Europe, mais le prix est super important. Si le prix monte, ils vont remplacer le homard par d’autres produits», nuance monsieur Sheehan.

La force du dollar américain, la devise dans laquelle se transigent les fruits de mer, «a fait mal un peu» aux acheteurs chinois cette année. «Nos clients trouvaient les prix un peu élevés», indique monsieur Sheehan. Ils ont tardé à passer leurs commandes et «ont un peu manqué le bateau», dit-il, mais la demande devrait être plus hâtive l’an prochain.

Le crabe des neiges, une autre production phare de E. Gagnon, suscite beaucoup moins d’intérêt, dit monsieur Sheehan. «J’en mets un peu dans le kiosque, mais c’est vraiment le homard qui les accroche.»

Henry Clapperton, directeur des achats pour Whitecap International, qui distribue hors Québec la crevette de Pêcheries Marinard, était également à Quingdao. Lui aussi remarque le développement éclair de la demande chinoise en homard, une espèce aussi offerte par son employeur. «Du homard, il y a cinq ans, on n’en vendait pratiquement pas en Chine. Aujourd’hui, un tiers du chiffre d’affaires est vendu en Asie, soit en Chine et au Japon.»

La crevette commence aussi à intéresser les Chinois, note monsieur Clapperton. «On a eu beaucoup de questions cette année. Il y a plusieurs espèces de crevette dans le monde et les Chinois sont habitués à d’autres espèces que notre crevette nordique. On espère faire des percées dans la prochaine année. On a des discussions actuellement, on a envoyé des échantillons et on attend la réponse de certains clients», dit monsieur Clapperton.

«Le changement le plus majeur, c’est la croissance de l’intérêt pour la crevette nordique de la part des Chinois, rapporte aussi André-Pierre Rossignol, chef de mission de GIMXPORT. L’an dernier, poursuit-il, trois ou quatre personnes avaient viré le sac de crevettes. Cette année, on a eu des demandes de plus d’une centaine de personnes.»

GIMXPORT en était à sa quatrième présence à la foire de Quingdao. L’organisme s’y présentait, cette année, avec un kiosque illustré par la nouvelle image de marque Quebec Seafood – World-Class Products. «On mise sur les eaux pures et limpides. L’objectif est de représenter l’ensemble des espèces pêchées en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine», explique monsieur Rossignol. Quebec Seafood tente ainsi de regrouper les produits pour faire le poids face aux puissantes provinces maritimes, actives depuis plusieurs années en Asie sous la marque Atlantic Canada Exports.

La Chine est devenue un marché «pas seulement important, mais incontournable, déclare monsieur Rossignol. Le défi principal, c’est au plan des ressources marines. Il y a des quotas, des saisons, une quantité maximale qui peut être prise. Le plus gros défi, face à la demande mondiale, c’est d’y répondre. Du homard, on n’en a pas plus à vendre. Il faut substituer par d’autres produits qu’on a davantage : du turbot, du flétan et même des algues.»

Les distances entre le Québec et la Chine ne sont pas un obstacle, puisque le cout du transport n’est pas significatif dans l’équation, explique monsieur Rossignol. Expédier un conteneur en Chine peut couter  3 000 $ à 5 000 $, mais la valeur de son contenu peut tourner autour de         300 000 $, illustre-t-il.

Au salon de Quingdao, le groupe MDMP avait, quant à lui, son propre kiosque. «MDMP met beaucoup d’emphase sur le marché asiatique, rapporte André-Pierre Rossignol. Ils ont cinq usines et c’est sans doute l’entreprise qui fait le plus de ventes en Chine.»

MDMP développe le marché chinois différemment des autres. «Ils recherchent   des partenariats plutôt qu’une relation acheteur-vendeur. Ils ne travaillent pas qu’avec des brokers, mais avec certaines chaines d’alimentation pour vendre des produits adaptés aux marchés», explique monsieur Rossignol.

Les usines de transformation de la péninsule continueront de fréquenter le salon de Quingdao, qui compte environ 1 300 exposants, dans les années à venir. «C’est devenu un show qui fait partie du circuit, dit Bill Sheehan. On en profite pour rencontrer nos clients actuels, chinois, mais aussi canadiens ou américains. Il y a beaucoup de gens qu’on voit aussi à Boston et à Bruxelles aux autres foires de produits marins.»

«Ce qui est important, c’est la présence, indique Henry Clapperton. Il faut y aller annuellement. C’est comme ça qu’on bâtit des relations avec nos clients existants et des futurs clients.»

La délégation gaspésienne comptait aussi Kevin Caron de la Poissonnerie Caron de Cap d’Espoir et GIMXPORT représentait Gaspé Cured.

COMMERCIALISATION – page 16 – Volume 28,6 – Décembre 2015 – Janvier 2016

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À propos de l'auteur : 

Geneviève Gélinas

Geneviève Gélinas travaille comme journaliste pour Graffici et à la pige principalement pour Le Soleil et The Spec. Elle se fait un plaisir de plonger dans le monde des pêches et de l’aquaculture plusieurs fois par année pour le compte de Pêche Impact. Elle s’est fixée à Gaspé pour de bon en 2002, après des études à l’Université de Montréal où elle a complété un certificat en journalisme et un baccalauréat en musique. Née et élevée à Yamachiche en Mauricie, rien ne la destinait à faire sa vie en Gaspésie, sinon des racines à Mont-Louis côté maternel. Elle a débarqué ses bagages à Gaspé, en 2002, et ne les a plus refaits depuis, sinon pour voyager avec son conjoint et leurs deux jeunes Gaspésiens, de souche ceux-là!

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