Pêche à la crevette : la saison 2018 un peu meilleure que la précédente

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En dépit de la baisse des contingents, tant les pêcheurs de crevette que les usines de transformation du Grand Gaspé ont, dans l’ensemble, connu une dernière saison acceptable. Le portrait n’est cependant pas le même du côté nord de la péninsule.

Même s’il ne dispose pas encore de toutes les données finales pour dresser un bilan complet de la dernière saison, le directeur de l’Office des pêcheurs de crevettes du Grand Gaspé, Patrice           Element, estime que les usines de Rivière-au-Renard et de l’Anse-au-Griffon ont transformé la quantité qu’elles avaient prévue, soit près de 11 millions de livres, ce qui est similaire aux autres années.

RÉSULTATS DIFFÉRENTS POUR ANTICOSTI ET SEPT-ÎLES

Les captures diffèrent des années précédentes selon les zones de pêche. «Dans le cas de la zone Anticosti, ça a été nettement meilleur que l’an passé, souligne M. Element. Dans le cas de la zone Sept-Îles, c’était à peu près comme l’an passé, mais peut-être un petit peu mieux. Il y a eu des taux de captures dans le dernier mois, en octobre, qui étaient pas mal meilleurs qu’au début de la saison. À la fin de l’automne, les taux de captures étaient excellents. Dans le restant de l’année, ça se comparaît.»

Le directeur de l’Office des pêcheurs tient toutefois à apporter quelques nuances: «Si on compare aux données historiques, ça n’a pas été une bonne année; c’est moins bon qu’en 2010, 2013 et 2015. En 2016, on a assisté à une baisse du taux de captures: 2016 a été moins bonne que 2015, 2017 a été moins bonne que 2016. Mais, 2018 a été meilleure que 2017. Ce n’est pas une année excellente par rapport au pic du début des années 2010, mais c’est mieux que l’année passée.»

Le pêcheur Nicolas Chouinard confirme que la crevette était abondante dans la zone Anticosti, tout comme dans la zone Estuaire. Le capitaine du NIDE-P corrobore aussi les propos de M. Element concernant la zone Sept-Îles. «Ça a pris du temps, raconte-t-il. Ça a mal commencé au printemps. À l’été, ce n’était pas fameux et à l’automne, ça a été bon. Au début de la saison, quand je faisais six jours de pêche et que je prenais 20 000 livres de crevettes, j’étais content. À la fin, quand il m’a resté 22 000 livres à pêcher, je les ai prises en moins de deux jours. J’étais rendu à la fin septembre.»

BAISSE DE QUOTA

Nicolas Chouinard évalue sa saison comme étant dans la moyenne. Il explique la situation par le prix au débarquement et la baisse de son quota, qui est passé de 700 000 à 340 000 livres en quatre ans. Cette année, le prix moyen qu’il a reçu se situait à 1,40 $ la livre. Il estime ses pertes de revenus à au moins   25 000 $. «Avec les petits quotas qu’on a, il aurait fallu de 30 à 40 cents de plus pour compenser, mentionne-t-il. C’est toujours la même histoire avec les usines: elles ne peuvent jamais payer plus. Les usines paient le prix qu’elles peuvent et nous, on s’organise avec ça.»

Pour compenser les pertes de revenus liées à sa baisse de quota, le capitaine de Saint-Ulric s’est récemment acheté un deuxième navire afin de pratiquer la pêche au maquereau. «C’est une pêche plus   simple, note-t-il. Il n’y a pas de préparation l’hiver. Avec seulement un gars de pont, je peux partir en mer.»

USINE DE MATANE AU RALENTI

Si les usines de transformation du Grand Gaspé se sont malgré tout tiré d’affaire, le portrait est bien différent aux Fruits de mer de l’Est-du-Québec de Matane. «Ça a été tranquille», laisse tomber la présidente du syndicat des travailleurs de l’usine. L’entreprise qui, dans ses belles années, a déjà compté près de 150 employés, n’en avait plus qu’une cinquantaine au cours de la dernière saison. «On a fait 1 000 heures dans l’ensemble et on prenait la paie de vacances, indique Micheline D’Astous. Les semaines en haut de 35 heures ont été rares. C’était trois à quatre jours par semaine. C’est arrivé quelques fois qu’on a travaillé cinq jours. Je pense que c’est arrivé une fois qu’on a fait sept jours. On a arrêté le 26 novembre.»

Il faut toutefois dire qu’au fil du temps, la technologie a contribué à améliorer la productivité. «Avant, on faisait de 25 000 à 30 000 livres et on en avait pour une journée et la soirée, se souvient Micheline D’Astous qui cumule 40 ans d’ancienneté. Là, avec 100 000 livres, on fait dix heures et on a fini. Avec la machinerie, ça a changé: ça roule pas mal plus!»

Selon elle, il n’en demeure pas moins que tant la crevette que les bateaux se sont faits plus rares à l’usine de Matane au cours de la dernière saison. Seulement deux ou trois par semaine accostaient pour décharger le fameux crustacé. «Ils en     prenaient moins à Sept-Îles, estime Mme D’Astous. Elle était plus difficile à prendre. Quand ils allaient à l’île d’Anticosti, ils en prenaient plus, mais c’était plus long avant qu’ils rentrent.» Au total, la présidente du syndicat estime qu’elle et ses collègues ont transformé au-delà de 7 millions de livres de crevettes et un million de livres du même produit congelé.

PREMIÈRE SAISON DE TRANSFORMATION DE CRABE

Cette année, l’usine Les Fruits de mer de l’Est-du-Québec a converti une partie de sa production et a investi dans des équipements afin de transformer le crabe des neiges. De l’avis de Mme D’Astous, la première saison n’a pas été concluante parce que les travaux ont été terminés trop tard. Par conséquent, elle explique qu’il a été difficile de faire affaire avec les crabiers.

Elle estime qu’il s’est transformé 150 000 livres de crabe tout au plus. «Ce n’est pas énorme, se désole la présidente du syndicat. On faisait un avant-midi de temps en temps et l’après-midi, on transférait sur la crevette.» Elle croit que la prochaine saison pourra déterminer si les investissements en valaient le coup. Mme D’Astous a entendu dire que l’objectif était d’au moins 2 millions de livres de crabe transformé.

CRUSTACÉS DES MONTS EN DIFFICULTÉ

«Zéro et une barre», voilà comment le propriétaire de l’entreprise Crustacés des Monts, Bertrand Langlois, résume sa saison. Le seul bateau qui l’approvisionnait, le NIDE-P, a cessé de lui livrer ses stocks au milieu de l’été. Aucun autre crevettier n’a accepté de décharger ses captures. Pourtant, le propriétaire affirme qu’il payait 15 cents de plus la livre.

Nicolas Chouinard a cessé de faire affaire avec Crustacés des Monts pour revenir à l’usine de Matane. «Je n’ai pas été satisfait du prix que j’ai reçu dans mes derniers voyages, explique le capitaine de 37 ans. À Matane, on m’offrait plus cher. L’usine de Sainte-Anne-des-Monts offrait 15 cents de plus que le plan conjoint. Mais, les pêcheurs ont rappelé l’usine de Matane et elle a réajusté son prix.»

Au début août, après avoir transformé une quantité totale de 150 000 à 200 000 livres, M. Langlois a cessé sa production, mettant par le fait même à pied ses 45 employés. Par conséquent, beaucoup d’incertitude plane sur l’avenir de Crustacés des Monts. Comment s’en sortira-t-elle? «La vie va le dire, répond l’entrepreneur de Sainte-Anne-des-Monts. Soit qu’on décide de vendre à des pêcheurs qui ont des bateaux, soit qu’on s’associe. À date, on ne sait pas ce qui va se passer. Je n’ai pas de plan.»

LE SÉBASTE: UNE MENACE MOINS GRANDE

Les prévisions qui faisaient craindre un effondrement des stocks de crevettes causé par la prédation du sébaste ne se sont pas réalisées, du moins pas de façon aussi catastrophique que les experts l’appréhendaient. «Le sébaste demeure un prédateur, tient à préciser M. Element. Ça fait plusieurs années qu’on dit, du côté des pêcheurs, que le sébaste est un problème majeur. Si on regarde ce que Pêches et Océans a présenté au dernier comité consultatif, il y avait vraiment lieu de s’inquiéter: on disait que ce serait encore pire. Mais, cette catastrophe appréhendée n’est pas arrivée. C’est une excellente nouvelle! On peut espérer que la ressource va se stabiliser ou même remonter un peu. C’est encourageant.» Patrice Element croit néanmoins qu’il ne faut pas trop pavoiser. «Il faut faire attention et rester prudent», prévient-il.

GASPÉ-NORD – page 5 – Volume 31,5 – Décembre 2018 – Janvier 2019

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À propos de l'auteur : 

Johanne Fournier
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