Pêche au crabe des neiges : les prises en légère baisse mènent tout de même à de solides revenus

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La légère baisse des prises de crabe des neiges a été contrebalancée par une solide hausse des prix, lors de la saison 2016, ayant pour résultat une augmentation significative des revenus totaux des crabiers.

Les prises totales ont atteint 14 538 tonnes métriques, en légère baisse de 2% comparativement aux 14 767 tonnes de 2015. Les débarquements ont augmenté de 6% sur le Côte-Nord, de 6 875 à 7 293 tonnes, alors qu’ils ont atteint 5 984 tonnes en Gaspésie, une baisse de 6% par rapport aux 6 358 tonnes de l’année précédente. Aux Îles-de-la-Madeleine, les prises ont totalisé 1 260 tonnes, une baisse de 18% comparativement aux 1 533 tonnes de 2015.

Quant au prix moyen québécois, qui tient compte des pêcheurs actifs dans toutes les zones de pêche au Québec maritime et dans le sud du golfe du Saint-Laurent, il est passé de 2,65 $ la livre en 2015 à 3,14 $ en 2016, soit une hausse de 19%.Ces données demeurent préliminaires pour l’instant et pourraient bien être bonifiées à la hausse en raison d’une décision prochaine de la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec quant au litige opposant les crabiers de la zone 16 et les usines de transformation concernées.

C’est en Gaspésie que la plus forte hausse a été remarquée, le prix augmentant de 2,71$ à 3,39 $ la livre, un bond de 25%.

Les crabiers des Îles-de-la-Madeleine ont bénéficié de la seconde plus forte augmentation, de 15%, le prix passant de 2,85 $ à 3,39 $ la livre. Sur la Côte-Nord, le prix a grimpé de 2,56 $ à 2,92 $ la livre, un saut de 14%.

Les revenus totaux ont franchi le cap des 100 millions $, à 100,8 millions $. Ce n’est pas un record, mais c’est une donnée qui se situe dans le peloton de tête, historiquement. Ces revenus avaient été de 86,4 millions $ en 2015. La hausse de 2016 a donc constitué un bond de 17%.

Sur la Côte-Nord, les crabiers ont vu leurs revenus totaux bondir de 38,8 millions $ à 46,9 millions $, la plus forte hausse des trois régions, à 21%. La Gaspésie n’a pas été en reste, avec un bond de 18%, de 37,9 millions à 44,8 millions $. Les pêcheurs madelinots ont écopé une baisse de revenus de 5% puisqu’ils ont fléchi de 9,6 millions à 9,1 millions $. Tous les chiffres sont encore préliminaires, rappelle Martial Ménard, économiste au ministère fédéral des Pêches et des Océans (MPO).

Monsieur Ménard souligne que la plus grande des zones auxquelles les pêcheurs québécois ont accès, la zone 12, du sud du golfe Saint-Laurent, «a été marquée par une baisse de 12% des débarquements (…), le reflet d’une baisse de 16% des quotas dans cette zone.»

La mise a été sauvée par des hausses de contingent dans les autres zones, «11% dans la zone 16, la plus importante après la zone 12, 25% dans la zone 17, 10% dans la zone 15 et 5% dans les zones 13 et 14», ajoute l’économiste, avant d’expliquer la question des prix.

«La hausse des prix moyens au débarquement du crabe des neiges dans la région du Québec, et ailleurs au Canada, est attribuable à la forte hausse des prix du crabe des neiges du golfe du Saint-Laurent de la section cuite de cinq à huit onces sur le marché de la côte est américaine, elle-même une conséquence de la baisse de l’offre américaine de crabe des neiges», remarque Martial Ménard.

«En effet, les quotas de crabe des neiges pêchés dans la mer de Béring en Alaska ont totalisé 40,6 millions de livres pour la saison de pêche 2015-2016, soit une baisse de 40% par rapport à la saison précédente, alors que les quotas totalisaient 67,9 millions de livres», poursuit-il.

Monsieur Ménard observe que la tendance à la hausse du prix du crabe des neiges au Québec a été observée dès la compilation des statistiques de début de saison, en avril.

«Le prix de gros du crabe des neiges du golfe Saint-Laurent se transigeait sur le marché américain à    5,95 $ américains la livre, en hausse de 3% par rapport au mois précédent. Il ne cessera d’augmenter au cours des mois suivants. Entre avril et août 2016, le prix américain de gros du crabe des neiges augmentera de 22%. C’est dire à quel point le crabe des neiges canadien a connu une forte demande de la part des consommateurs américains en 2016», signale l’économiste.

C’est ainsi que pour la période d’avril à août 2016, ce qui correspond à la saison de pêche des crabiers québécois, le prix moyen de la section cuite de cinq à huit onces s’est établi à 6,51 $ américains la livre, en hausse de 28% par rapport à la même période en 2015, alors qu’il était de 5,07 $ américains la livre.

En dollars canadiens, pour la période correspondante d’avril à août, ce prix moyen a bondi de 6,38 $ canadiens à 8,42 $ canadiens la livre entre 2015 et 2016. C’est une hausse majeure de 32%.

«C’est une hausse supérieure à la hausse en dollars américains en raison de la faiblesse du dollar canadien par rapport au dollar américain», signale monsieur Ménard.

L’offre de crabe des neiges aux États-Unis ne s’améliorera certainement pas en 2017. Alors que les quotas de crabe d’Alaska ont fléchi de 40% en 2015-2016, ils baissent de nouveau pour la saison d’hiver qui a débuté en octobre et qui se poursuit jusqu’en avril, et la chute est encore plus abrupte, à 50%, pour totaliser 21,6 millions de livres. Les baisses combinées entre 2015 et 2017 totaliseront ainsi 68%.

«À cela, il faut ajouter la fermeture complète de la pêche de Tanner Crab et une réduction de 15% des quotas de Red King Crab, tous deux des espèces de crabe concurrentes du crabe des neiges canadien, puisqu’elles sont également vendues en section», souligne Martial Ménard.

En octobre 2016, ce qui correspond au début de la saison de pêche au crabe en Alaska, le prix de gros du crabe des neiges du golfe Saint-Laurent s’est transigé sur le marché américain à 7,72 $ américains, ou 10,23 $ canadiens la livre, en hausse de 6% comparativement à septembre. En novembre, le cours de ce crabe sur le marché américain a été de 8,09 $ américains la livre, ou 10,86 $ canadiens. C’est une autre hausse, de 5% en devise américaine et de 6% en devise canadienne. Les perspectives pour le prix de gros du crabe des neiges canadien sur le marché américain sont bonnes, assure monsieur Ménard.

Entre janvier et septembre 2016, les usines québécoises ont exporté 8 639 tonnes de crabe des neiges pour une valeur de 148,8 millions $, soit une hausse de 4% en volume et de 34% en valeur par rapport à la même période en 2015. Ces exportations ont été expédiées dans une proportion de 94% aux États-Unis et de 5% au Japon en 2016.

«Tout comme par les années passées récentes, le taux de change a joué en faveur des exportateurs québécois et ce, même si le dollar canadien s’est légèrement apprécié par rapport à la devise américaine en 2016. Les exportations québécoises de crabe des neiges à destination des États-Unis ont augmenté de 12% en volume et de 45% en valeur, expliquée par la baisse de l’offre domestique américaine de crabe des neiges d’Alaska, un concurrent direct du crabe des neiges canadien. Vraisemblablement, la bonne croissance économique aux États-Unis, la meilleure de tous les pays du G7 en 2016, a participé assurément à cette croissance des exportations québécoises de crabe des neiges vers nos voisins du sud, combinée à la baisse de l’offre domestique américaine de crabe des neiges», analyse Martial Ménard.

«Le ralentissement économique qui sévit au Japon et la hausse du prix de gros du crabe des neiges du golfe du Saint-Laurent sur le marché américain sont autant de facteurs qui ont contribué à une hausse du prix au détail du crabe des neiges canadien sur le marché japonais. Conséquemment, les exportations québécoises de crabe des neiges au pays du soleil levant en 2016 ont diminué de 51% en volume et de 38% en valeur», conclut-il.

ÉCONOMIE (crabe) – pages 6-7 – Volume 29,6 – Décembre 2016 – Janvier 2017

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À propos de l'auteur : 

Gilles Gagné

Gilles Gagné, né à Matane, le 26 mars 1960. J'ai fait mes études universitaires à Ottawa où j'ai obtenu un baccalauréat avec spécialisation en économie et concentration en politique. À l'occasion d'une offre d'emploi d'été en 1983, j'ai travaillé pour Pêches et Océans Canada comme observateur sur deux bateaux basés à Newport, deux morutiers de 65 pieds. Le programme visait l'amélioration des conditions d'entreposage des produits marins dans les cales des bateaux et de leur traitement à l'usine. Cet emploi m'a ouvert des horizons qui me servent encore tous les jours aujourd'hui. En 1989, après avoir travaillé en tourisme et dans l'édition maritime à Québec, je suis revenu vivre en région côtière et rurale, d'abord comme journaliste à l'Acadie nouvelle à Campbellton. C'est à cet endroit que j'ai rédigé mes premiers textes pour Pêche Impact, à l'été 1992. Je connaissais déjà ce journal que je lisais depuis sa fondation. En octobre 1993, j'ai déménagé à Carleton, pour travailler à temps presque complet comme pigiste pour le Soleil. J'ai, du même coup, intensifié mes participations à Pêche Impact. Je travaille également en anglais, depuis près de 15 ans, pour l'hebdomadaire anglophone The Gaspé SPEC et je rédige l'éditorial du journal Graffici depuis 2007.

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