Produits à valeur ajoutée : un marché à conquérir au Québec, selon une consultante

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«Les consommateurs sont mûrs pour une offre plus complète et plus raffinée du côté des produits marins. Mais le secteur tarde à s’organiser, actuellement, pour saisir ces opportunités, qui sont donc saisies par des produits d’importation.» C’est le constat fait par Emmanuelle Choquette, de la firme Papilles Développement, qui incite l’industrie québécoise de la pêche à se lancer dans le développement de produits à valeur ajoutée pour le marché québécois.

Mme Choquette s’est exprimée lors du Colloque régional sur les pêches et l’aquaculture, le 30 octobre à Gaspé.

Les aliments sont dits «à valeur ajoutée» quand ils comportent des éléments distinctifs comme les ingrédients, le mode de production ou l’emballage. Les ventes de ces produits ont crû de 15 % de 2014 à 2016, alors que la hausse n’était que de 2,3 % pour les autres aliments. Les produits à valeur ajoutée représentent maintenant 13,1 % des ventes totales d’aliments.

«Les gens achètent les produits de spécialité de plus en plus dans les supermarchés. On n’est pas obligé d’aller juste dans les marchés de créneau» comme les épiceries fines, remarque Mme Choquette.

Parmi les motivations des consommateurs à acheter un produit, il y a le goût, la qualité, la facilité d’utilisation, les arguments santé et les découvertes de voyage. Tous des aspects que l’industrie de la pêche peut mettre de l’avant, estime Mme Choquette.

«Des fois, les gens ont l’impression que de cuisiner des produits marins, c’est compliqué. Peut-on les aider un peu? […] Des arguments santé, vous en avez plein : pigez dans le sac!», lance-t-elle. Par ailleurs, le tour de la Gaspésie est une occasion de faire découvrir des produits que les gens rechercheront une fois de retour chez eux.

L’industrie ne doit pas hésiter à faire valoir l’argument du «produit local» à la grandeur du Québec. «Vous êtes les fournisseurs de produits marins locaux pour la province», insiste Mme Choquette.

Les produits marins ne sont pas assez visibles, estime Mme Choquette. «Contrairement au secteur agroalimentaire, les consommateurs voient très peu le secteur des pêches, à l’exception du homard. Ils sont prêts à payer un peu plus cher pour des produits québécois. Une fois qu’ils vont vous connaître, ils vont vous adopter, j’en suis convaincue.»

Mme Choquette rejette les excuses traditionnelles de l’industrie pour ne pas se lancer dans des produits à valeur ajoutée pour le marché québécois. L’industrie a plutôt l’habitude d’exporter de grandes quantités vers l’international, rappelle-t-elle. «Je sais que ce sont des marchés de volume, mais peut-on en garder une partie pour le marché d’ici? […] On pourrait aller tellement plus loin. Et il y a de l’argent à faire là.»

La consultante reconnaît que les normes qui régissent la transformation sont compliquées. Mais l’industrie laitière et les distilleries font face à une réglementation au moins aussi complexe et trouvent le moyen de s’y conformer, a-t-elle exprimé en substance.

MONTRER SA DIFFÉRENCE

Les producteurs doivent rendre leur différence perceptible pour le consommateur, et ne pas sous-estimer le travail requis pour la promotion. «Une fois le produit dans le beau petit pot, le travail commence», dit Mme Choquette.

Pour se différencier des autres produits, il faut faire valoir la saveur. «Les gens sont sensibles aux arguments santé, mais jamais au détriment du goût», prévient-elle.

Les consommateurs sont de plus en plus sensibles à la notion de tradition, rappelle Mme Choquette. «Si votre produit a un aspect traditionnel dans sa pêche, sa cueillette ou sa transformation, mettez-le de l’avant.».

Les produits écoresponsables ont la cote. Encore faut-il expliquer en quoi le produit respecte l’environnement. «Ayez un site Internet qui a de l’allure et que la moyenne des ours peut comprendre.»

La saisonnalité est aussi un argument de vente convaincant : «Rendez-vous au marché du Vieux port quand la crevette en écailles arrive : ça fait la file!», illustre Mme Choquette. Même chose pour l’engouement pour le homard à la Fête des mères.

Les arguments doivent être clairement exprimés sur l’emballage, indique Mme Choquette, qui donne l’exemple des moules de bouchot, en France. Le secteur réussit à faire valoir qu’il s’agit d’une «culture traditionnelle, spécifique à la France, à la croissance plus lente, une production saisonnière, qui fait l’objet d’une appellation « Spécialité traditionnelle garantie »», énumère-t-elle.

En prime, les mariculteurs publient une carte des différents «crus» de moules de bouchot le long des côtes françaises. Une stratégie qui pousse le visiteur à se dire : «Il va falloir que j’en mange trois fois dans ma run, elle ne goûte pas la même chose partout!», lance Mme Choquette.

Selon Mme Choquette, il est possible de faire reconnaître les produits marins québécois comme une source de fierté, de les rendre accessibles, facilement identifiables et de les adapter aux besoins du consommateur. «Par le fait même, on fait en sorte que ses artisans et ses experts soient reconnus», conclut-elle.

TRANSFORMATION – page 27 – Volume 31,5 – Décembre 2018 – Janvier 2019

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À propos de l'auteur : 

Geneviève Gélinas

Geneviève Gélinas travaille comme journaliste pour Graffici et à la pige principalement pour Le Soleil et The Spec. Elle se fait un plaisir de plonger dans le monde des pêches et de l’aquaculture plusieurs fois par année pour le compte de Pêche Impact. Elle s’est fixée à Gaspé pour de bon en 2002, après des études à l’Université de Montréal où elle a complété un certificat en journalisme et un baccalauréat en musique. Née et élevée à Yamachiche en Mauricie, rien ne la destinait à faire sa vie en Gaspésie, sinon des racines à Mont-Louis côté maternel. Elle a débarqué ses bagages à Gaspé, en 2002, et ne les a plus refaits depuis, sinon pour voyager avec son conjoint et leurs deux jeunes Gaspésiens, de souche ceux-là!

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