Projets de 8 millions$ pour les capitaines-propriétaires de la Gaspésie

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L’Association des capitaines-propriétaires de la Gaspésie (ACPG) mène un plan de développement de près de 8 millions de dollars. Elle projette notamment d’agrandir le parc à bateaux et l’atelier de fabrication de chaluts. Les résultats escomptés : améliorer les services aux pêcheurs et augmenter les retombées économiques de la pêche dans le secteur de Rivière-au-Renard.

Le parc d’hivernage de Rivière-au-Renard, qui appartient à l’ACPG, accueille entre 110 et 120 bateaux. Non seulement des bateaux de la flotte locale y sont remisés, mais également certains des Îles-de-la-Madeleine et de la Basse-Côte-Nord attirés par la variété de services offerts. «Ce qui les intéresse beaucoup, c’est que Rivière-au-Renard est considérée comme un hôpital où il y a tous les départements: les produits électroniques, de diesel, dans un rayon extrêmement court», explique le directeur général de l’ACPG, Jean-Pierre Couillard.

L’ACPG souhaite acquérir un terrain voisin du parc actuel afin d’y entreposer une cinquantaine de bateaux supplémentaires. La superficie du parc serait ainsi augmentée de moitié environ. L’agrandissement répondrait aussi à la hausse, déjà en cours, de la taille des bateaux de pêche.

En parallèle, l’Association se doterait d’un chariot élévateur de 500 tonnes, comparativement à 300 tonnes pour l’actuel. «Si nos pêcheurs veulent se moderniser, ils ne seront pas limités», note M. Couillard. La cale de mise à l’eau, large de 8,5 mètres (28 pieds), sera élargie jusqu’à 10 ou 11 mètres (35 pieds). Des embarcations comme l’Émilien D., le bateau-usine des frères Dan et Francis Dupuis qui mesure 9,1 mètres de large, pourront ainsi être sorties de l’eau à Rivière-au-Renard. Et plusieurs bateaux de bonne taille ne seront plus obligés de vider tous leurs réservoirs avant d’être hissés hors de l’eau.

L’ACPG espère que des capitaines de l’extérieur décideront en plus grand nombre d’hiverner leur bateau à Rivière-au-Renard. Ainsi, les entreprises du secteur auront plus de travail, ce qui créera de l’emploi, espère l’ACPG. L’acquisition d’un chariot élévateur et l’agrandissement de la cale de mise à l’eau sont évalués à 4,05 millions de dollars, soit plus de la moitié du plan d’affaires de l’organisme.

PLUS D’ESPACE POUR FABRIQUER DES AGRÈS

L’ACPG possède un bâtiment sur la rue de la Mary, dans le parc portuaire de Rivière-au-Renard, où se trouvent son magasin Les Agrès de pêche ACPG et l’atelier de fabrication d’engins de pêche.

L’ACPG a acquis un bâtiment, à quelques pas de là, sur la rue de l’Entrepôt, pour y déménager l’atelier. L’espace de travail des employés deviendra près de cinq fois plus grand, passant ainsi de 350 à 1 740 mètres carrés.

«Ce sera un nouvel atelier à la fine pointe pour la fabrication d’engins de pêche, qui serait unique dans l’Est du Québec et dans la Canada atlantique», déclare Geneviève Myles, agente d’appui et de soutien à la logistique à l’ACPG.

Les travailleurs de l’atelier fabriquent notamment des chaluts, des systèmes de grilles Nordmore et des engins de sauvetage en mer. «On est considérés comme un atelier fiable. Mais avec ce qu’on a là comme espace, on ne peut pas construire tous les chaluts qu’on veut construire», indique Chantal Synnott, agente de développement commercial de l’ACPG.

La fabrication de chaluts pour des bateaux-usines, notamment, requiert plus d’espace. Des demandes d’exportation sont en attente pour des chaluts et des pélagiques destinés à des clients du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse, de Terre-Neuve et d’Europe, indique le plan d’affaires de l’ACPG. Les reports de commandes en raison des locaux trop petits ont été estimés à 250 000 $, seulement pour l’année 2016.

Les travailleurs devraient investir le nouvel atelier, en train d’être aménagé, à la mi-mai. Des équipements plus modernes y seront installés. Leur achat et les travaux de réaménagement coûteront 1,4 million de dollars au total.

L’espace libéré dans l’atelier actuel, au 1, rue de la Mary, permettra d’agrandir de moitié le magasin Les Agrès de pêche ACPG, qui vend des vêtements pour pêcheur et travailleur, ainsi que de l’équipement de sécurité comme des bouées de sauvetage, des gilets de sauvetage et des harnais de sécurité.

Les bureaux administratifs de l’ACPG sont actuellement situés au-dessus de la fabrique à glace, dans un cul-de-sac, en bordure du quai. Le nombre de bureaux y est insuffisant, comme les places de stationnement, et le bruit de la fabrique à glace incommode les employés. Les bureaux seront transférés au 1, rue de la Mary, où seront donc réunis les employés du magasin, de l’ACPG elle-même et d’ACPG Innovation.

L’ACPG souhaite aussi aménager une aire extérieure de travail pour les pêcheurs, près de la fabrique à glace. Actuellement, ils déroulent leur chalut sur le quai en le tirant avec leur camionnette, l’étendent par terre et travaillent accroupis, exposés à la pluie. «On veut construire une aire de travail extérieure où les pêcheurs pourront faire leurs propres réparations de chaluts, de filets, de moteurs, mais à l’abri, avec des treuils», explique Geneviève Myles.

La fabrique à glace, qui date de 1987, aura aussi besoin d’une cure de jouvence, estime l’ACPG. L’association commandera préalablement une étude de faisabilité pour déterminer quel type de glace sera en demande dans l’avenir.

L’ACPG compte 70 membres capitaines-propriétaires. Elle s’est transformée en coopérative en 2016. Sa mission d’améliorer la situation économique des pêcheurs a des retombées sur la collectivité, insiste M. Couillard. «L’ACPG, c’est plus que de rentabiliser les entreprises de pêche. Il y a un gros impact sur la communauté.»

1 865 EMPLOIS

L’ACPG a d’ailleurs documenté l’effet levier de la pêche, qui crée 1 865 emplois à Rivière-au-Renard et dans les communautés environnantes, soit de Grande-Vallée à Cap Gaspé. Ces emplois se divisent en 1070 emplois directs, 378 emplois indirects et 418 emplois induits (dans les commerces et les services où les travailleurs dépensent leurs revenus).

La coopérative a l’intention de mettre sur pied une cellule commerciale chargée de maximiser la rentabilité des entreprises de pêche. «On veut développer une expertise au plan des produits de la mer, comprendre ce qui se fait sur les marchés, développer des partenariats avec les transformateurs pour des produits de niche», illustre M. Couillard. «Les pêcheurs rentrent pour 62 millions de dollars à Rivière-au- Renard. Il faut protéger cette base. Sans pêcheurs, il n’y a plus d’usines de transformation, plus d’alimentation saine.»

L’ACPG veut aussi implanter un service-conseil économique, où travaillerait une équipe d’économistes expérimentés. «Dans l’industrie de la pêche, il n’y a pas assez de réflexion sur comment rentabiliser une entreprise de pêche, quoi faire en temps de crise. Par exemple, un crabier de 6 millions de dollars qui pêche deux mois, comment on fait pour maximiser ses retombées économiques? Les crevettiers ont seulement un permis. Si la crevette tombe, ça tombe. Comment on voit venir?», questionne le directeur général de l’ACPG.

La coopérative continuera d’exprimer l’opinion des pêcheurs sur la scène politique fédérale et d’organiser des missions commerciales à l’étranger.

L’ACPG et ses entités embauchent 23 personnes. Ensemble, l’ACPG, Les Agrès de pêche ACPG et ACPG Innovation cumulent un chiffre d’affaires de 3,5 millions$.

DÉVELOPPEMENT – pages 30-31 – Volume 31,2 – Avril-Mai 2018

 

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À propos de l'auteur : 

Geneviève Gélinas

Geneviève Gélinas travaille comme journaliste pour Graffici et à la pige principalement pour Le Soleil et The Spec. Elle se fait un plaisir de plonger dans le monde des pêches et de l’aquaculture plusieurs fois par année pour le compte de Pêche Impact. Elle s’est fixée à Gaspé pour de bon en 2002, après des études à l’Université de Montréal où elle a complété un certificat en journalisme et un baccalauréat en musique. Née et élevée à Yamachiche en Mauricie, rien ne la destinait à faire sa vie en Gaspésie, sinon des racines à Mont-Louis côté maternel. Elle a débarqué ses bagages à Gaspé, en 2002, et ne les a plus refaits depuis, sinon pour voyager avec son conjoint et leurs deux jeunes Gaspésiens, de souche ceux-là!

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