Propulsion électrique des navires de pêche : une technologie encore inconnue des pêcheurs

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Bien qu’elle offre certains avantages, la propulsion électrique des navires de pêche est une technologie qui reste encore inconnue des pêcheurs, selon une récente étude intitulée Perceptions des capitaines-propriétaires sur la technologie des navires de pêche électriques. Cette étude a été menée par le Centre d’initiation à la recherche et d’aide au développement durable, du Cégep de la Gaspésie et des Îles, pour le compte d’Ocean Marine, de Chandler.

Il en ressort que l’électrification des flottes de pêche apparaît comme un incontournable, mais que, pour des raisons de sécurité, les pêcheurs privilégient le moteur hybride, explique Jean-Daniel Glazer Allard, chargé de recherche au CIRADD. «Il y a beaucoup, beaucoup d’inconnus, dit-il. Et celui qui est vraiment le principal, bien, c’est l’autonomie de la batterie, parce qu’on ne peut pas se permettre de rester pris en mer, par exemple. On ne peut pas non plus se permettre de partir en mer et devoir revenir au quai et de recharger sa batterie, puis de repartir dans la même journée.»

PERFORMANCE

L’étude révèle aussi que les capitaines-propriétaires ont l’impression que le moteur électrique est moins performant que le moteur à combustion. «Les capitaines-propriétaires ont une vision plus ou moins positive de la performance, note M. Glazer Allard. Mais c’est sûr que, comme il n’y a pas encore d’exemple concret, alors c’est difficile d’en avoir une vision exacte, pour eux.»

Cela dit, la trentaine de Gaspésiens et de Madelinots qui ont participé à l’enquête du CIRADD, conviennent que la propulsion électrique a l’avantage de réduire le bruit à bord des navires de pêche. «De plus, elle pourrait contribuer à la promotion de la certification écoresponsable des pêcheries», relève le chargé de recherche.

PROTOTYPE EN DÉVELOPPEMENT

À ce propos, Ocean Marine dit être à développer le premier prototype d’un navire de pêche à propulsion électrique au monde, qui devrait faire l’objet de tests pilotes en avril 2019. L’entreprise spécialisée en électronique maritime y travaille en collaboration avec Innovation Maritime, un centre de recherche de Rimouski. «Le CIRADD a identifié les défis au niveau social et environnemental, explique le vice-président d’Ocean Marine, François Bossé, tandis qu’Innovation Maritime a vraiment identifié les défis technologiques, au niveau de la propulsion.»

Monsieur Bossé entend intégrer ces défis et faire la démonstration que la propulsion électrique est de 50 % à 80 % plus économique que le moteur à essence. «C’est certain que la propulsion électrique a des preuves à faire, mais sur la durée de vie d’un bateau, il y a des économies substantielles à faire, affirme-t-il. Il y a une formule comptable aussi, qui est intéressante à regarder.»

D’ailleurs, le vice-président d’Ocean Marine est d’avis que les pêcheurs ont tort de croire que l’électricité est moins performante que la combustion au diésel. Il explique que c’est davantage le stockage de l’énergie qui pose un défi. «Les moteurs électriques sont beaucoup plus fiables et sont moins coûteux, soutient-il. Donc, si on compare des pommes avec des pommes, dans le domaine terrestre, la batterie se compare au réservoir à essence. Puis, un réservoir à essence, ça ne coûte pas cher. Mais la batterie, elle, coûte très cher encore.»

François Bossé est toutefois confiant que cette contrainte de coûts s’estompera avec le temps. «Il y a de nouveaux bateaux de pêche qui se construisent à toutes les années, fait-il valoir; ça évolue. Les coûts d’adaptation évoluent.»

Ocean Marine espère obtenir dès cet automne, un financement du programme Techno-Climat du ministère québécois des Ressources naturelles, pour concevoir son prototype à 100 % électrique. L’entreprise de Chandler adaptera à cette fin la propulsion du navire de pêche de série Robitaille 45, de Caraquet.

DÉVELOPPEMENT – page 24 – Volume 31,4 – Septembre-Octobre-Novembre 2018

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux

Hélène Fauteux, journaliste et coordonnatrice de la salle des nouvelles de CFIM, la radio communautaire des Îles-de-la-Madeleine depuis 29 ans. Je collabore à Pêche Impact depuis les premières heures du journal. Diplômée de l'Université Concordia, à Montréal, où je me suis spécialisée en presse électronique, au sein des facultés de communication et de journalisme. J’ai fait mes premières armes dans la presse écrite pendant mes études, au Canada français, à l'hebdo du Haut-Richelieu. Depuis j’habite dans l'archipel madelinot où elle j’ai épousé un pêcheur de homard et j’ai développé une solide expertise du secteur des pêches et de la mariculture, épine dorsale de l'économie locale.

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