Québec s’engage à investir 200 millions pour supporter les secteurs de la capture, de la transformation et de l’aquaculture

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D’ici sept ans, Québec souhaite augmenter de 20 % la valeur de ses exportations des produits de la mer, mais aussi la valeur des poissons et fruits de mer du Québec dans les assiettes des Québécois. Le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, Laurent Lessard, qui était de passage en Gaspésie le 27 avril dernier, a présenté le plan d’action 2018-2025 de son ministère pour la pêche et l’aquaculture commerciales. «La différence [avec le plan précédent], c’est qu’on vient donner des cibles de croissance, de contenu québécois et de certification dans les produits, dans les usines, et des objectifs d’investissement», a déclaré M. Lessard. Québec veut hausser de 52 % à 70 % la part du volume de produits marins québécois écocertifiés, en l’occurrence par la Marine Stewardship Council (MSC). Les pêcheries de crevette nordique du golfe, de homard de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine et de crabe des neiges de la zone 12 sont déjà certifiées, ce qui correspond au 52 % de départ. Les démarches sont déjà engagées pour faire certifier le flétan du Groenland (turbot) et le crabe des neiges de la Côte-Nord, pour hausser le bilan à 70 %. Québec appuiera les projets pour robotiser et automatiser les opérations de transformation dans les usines, une façon de pallier le manque de main-d’œuvre. Dans son plan, le ministère mentionne aussi la fin du moratoire sur la pêche au sébaste et s’engage à aider les usines à diversifier leurs activités, «notamment par la valorisation d’espèces peu exploitées ou offrant des potentiels de croissance». Le ministère soutiendra le travail des usines qui veulent obtenir des certifications de qualité et de salubrité, comme l'exigent plusieurs acheteurs. L’application de procédés biotechnologiques pour valoriser les coproduits, la biomasse d’algues, les produits du phoque ou des espèces émergentes sera également encouragée. Pour les pêcheurs, Québec s’engage à appuyer la reprise de la pêche au sébaste par des investissements pour adapter les bateaux et les engins de pêche. Le MAPAQ a aussi dévoilé son nouveau programme d’aide à la relève (voir encadré) et ajustera l’appui financier qu’il offre aux acheteurs d’une entreprise de pêche pour répondre à la hausse du prix des permis. En ce qui concerne la commercialisation, le MAPAQ encouragera les initiatives visant à identifier et à promouvoir les produits de la mer québécois. Les initiatives de ceux qui veulent développer des marchés comme la Chine et l’Union européenne seront également soutenues. «En général, le plan de développement nous convient. Maintenant, nous attendons les programmes. Il faut que ça se reflète dans les programmes», réagit le directeur général de l’Association québécoise de l’industrie de la pêche, Jean-Paul Gagné. Les industriels sont prêts pour la robotisation, croit M. Gagné. «Ça fait deux ans qu’on en parle au Congrès. Certains ont commencé la robotisation, d’autres doivent s’y mettre, parce qu’avec le manque de main-d’œuvre, on va en avoir besoin.» La cible de 20 % d’augmentation du contenu québécois dans les assiettes pourrait être «un peu dans le mille», dit Jean-Paul Gagné, «en autant que nos quotas ne continuent pas à diminuer». Les captures autorisées de crevette chutent cette année, tout comme celles de turbot, tandis que les pêcheurs de crabe des neiges n’auront pas accès à un quadrilatère de 14 000 kilomètres carrés, fait-il remarquer. «Mais on peut augmenter la valeur avec la deuxième et la troisième transformations. On va faire plus avec moins. Ça va venir, parce que le libre-échange avec l’Union européenne va dans les deux sens. Ils ne rentreront pas [au Canada] avec de la première transformation, mais avec de la valeur ajoutée», estime le directeur de l’AQIP. Dans les deux derniers budgets provinciaux, le gouvernement a d’abord ajouté 5 millions$ sur cinq ans, puis 7,5 millions$ l’année suivante, pour mettre en œuvre le plan d’action. Le total s’élève donc à 12,5 millions$, ou 2,5 millions$ par année. Dans son plan d’action, Québec s’engage à investir 200 millions de dollars d’ici 2025 dans les secteurs de la capture, de la transformation et de l’aquaculture, dont 80 millions$ de la part du MAPAQ. LA PART D’OTTAWA? Laurent Lessard espère que le fédéral apportera sa contribution. Lors de l’annonce du plan d’action, il revenait d’une rencontre avec le ministre fédéral des Pêches et des Océans, Dominic LeBLanc, et ses homologues provinciaux. «Je lui ai dit : je trouve ça un peu long […]. Je veux la contribution qui correspond à notre part. Notre attente est de 30 millions», rapporte M. Lessard. Selon le ministre, Ottawa pourrait annoncer un fonds pour le Québec au plus tôt en juin. En mars 2017, le gouvernement fédéral a annoncé le Fonds des pêches de l’Atlantique, dotant ainsi les Provinces maritimes de 325 millions$. Le Québec n’en fait pas partie. MERINOV À L’ABRI POUR CINQ ANS Le Centre d’innovation de l’aquaculture et des pêches du Québec, Merinov, voit la part de son budget couverte par le MAPAQ garantie pour cinq ans. La somme sera la même que celle des trois dernières années, soit un peu plus de 4 millions de dollars annuellement, pour un total de 20,4 millions en cinq ans. La dernière entente avait pris fin en mars dernier. «C’est plus longtemps d’argent», lance le ministre Lessard. «Tu arrêtes de te casser la tête : est-ce que je vais perdre mon professionnel? Il y a de la prévisibilité.» En 2017 au Québec, l’industrie des pêches et de l’aquaculture commerciales a débarqué pour 377,2 millions$ de produits de la mer. Les expéditions des usines de transformation se sont chiffrées à 630 millions$. Le nombre d’emplois directs s’élève à plus de 8 000. Le nouveau Plan d’action de soutien à l’industrie québécoise des pêches et de la mariculture est très bien accueilli dans l’archipel madelinot. Le PDG de Cutli-Mer et président du Regroupement des mariculteurs du Québec, Sylvain Vigneau, se déclare enthousiasmé par les mesures visant à doubler les rendements aquacoles d’ici 2025. Aide à la relève, compensations en cas de catastrophes environnementales et financement des stocks de production sont autant d’investissements garants d’un avenir prometteur, dit-il. «Si on veut fournir les marchés québécois, il faut augmenter la production, et, pour augmenter la production, il faut avoir accès à du financement, explique M. Vigneau. Et c’est de là, le financement sur les stocks, qui nous donne accès - qui nous donnerait, c’est ce qu’on va voir - accès à du nouveau financement pour pouvoir investir sur nos stocks et pour pouvoir augmenter nos productions.» Le secteur de la capture, quant à lui, est encouragé par la hausse du budget global destiné à l’industrie, qui passe de 10 à 22 millions et demi de dollars par année, souligne le président du Rassemblement des pêcheurs et pêcheuses des côtes des Îles, Charles Poirier. «On aurait voulu qu’il y ait au moins une enveloppe budgétaire pour en cas de fermeture de zones par rapport à la baleine noire, mais ça, il n’en a pas parlé, déplore-t-il. Mais, pour le reste, il y a des fonds de compensation pour la relève et pour ceux qui veulent se lancer dans de nouvelles pêches. C’est vu d’un bon œil.» Pour sa part, le directeur général de Fruits de Mer Madeleine, Pierre Déraspe, note que le plan d’action ministériel s’inscrit dans la continuité pour le secteur de la transformation, avec des investissements pour l’automatisation des usines, la valeur ajoutée et la certification des produits. «Dans le cas de notre entreprise, les projets soumis ces dernières années ont été réalisés dans les programmes réguliers, puis il y a toujours eu une bonne entente de partenariat entre le ministère et l’entreprise, souligne-t-il. C’est une bonne nouvelle en soi que les budgets soient augmentés et qu’ils visent les certifications qu’on vise aussi de notre côté. Alors, il y a quand même une bonne entente régulière et ça va continuer dans l’avenir; on en est convaincus!» (NDRL - Avec la collaboration d’Hélène Fauteux) SCÈNE PROVINCIALE – pages 7 et 8 – Volume 31,2 – Avril-Mai 2018

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À propos de l'auteur : 

Geneviève Gélinas

Geneviève Gélinas travaille comme journaliste pour Graffici et à la pige principalement pour Le Soleil et The Spec. Elle se fait un plaisir de plonger dans le monde des pêches et de l’aquaculture plusieurs fois par année pour le compte de Pêche Impact. Elle s’est fixée à Gaspé pour de bon en 2002, après des études à l’Université de Montréal où elle a complété un certificat en journalisme et un baccalauréat en musique. Née et élevée à Yamachiche en Mauricie, rien ne la destinait à faire sa vie en Gaspésie, sinon des racines à Mont-Louis côté maternel. Elle a débarqué ses bagages à Gaspé, en 2002, et ne les a plus refaits depuis, sinon pour voyager avec son conjoint et leurs deux jeunes Gaspésiens, de souche ceux-là!

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