Recrutement de main-d’œuvre : des solutions évoquées en colloque à Gaspé

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Les employeurs du domaine des pêches et de l’aquaculture devront améliorer les conditions de travail, faire valoir les avantages des postes offerts et retenir les employés qu’ils ont déjà. Ce sont quelques-unes des pistes de solution ressorties du panel de discussion sur la main-d’œuvre et le recrutement, lors du colloque régional sur les pêches et l’aquaculture en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent, le 30 octobre à Gaspé.

«Ce que les employés veulent, c’est de la sécurité et des revenus», rapporte Bill Sheehan, vice-président de l’usine E. Gagnon et Fils de Sainte-Thérèse-de-Gaspé. «Ils nous demandent s’ils vont faire leurs timbres [se qualifier à l’assurance-emploi]. Avec les différentes espèces, on réussit à faire un nombre de semaines suffisantes [notamment grâce au homard importé].»

«Avoir des heures régulières, des bonus sur le quart de travail de nuit, des partys de Noël» aide aussi à attirer et retenir les employés, selon M. Sheehan. «La mécanisation, c’est bien beau, mais ç’a ses     limites», ajoute-t-il.

E. Gagnon a embauché une trentaine de travailleurs mexicains en 2018 et en prévoit une dizaine de plus en 2019. «On est limités par l’hébergement», explique M. Sheehan.

Le vice-président d’E. Gagnon reconnaît que les mesures prises pour avoir tous les employés requis se butent à certains écueils. «Présentement, on transforme du homard du Maine. S’il fait tempête, ce n’est pas évident de faire des semaines complètes, assurables […]. Ce n’est pas nous qui allons payer 40 $ de l’heure, c’est un environnement humide, assez frais. Et il y a un boum en mai-juin, toutes les usines sont en marche, tout le monde travaille jour et nuit.»

Chez Poisson Salé Gaspésien de Grande-Rivière, le responsable des ressources humaines, Guillaume Dubé, indique que son entreprise «a beaucoup travaillé sur la rétention, pour que les employés se sentent chez eux, intégrés. C’est la bonne façon de faire, ça diminue le roulement. Mais la moyenne d’âge est de 52 ans, 75 % de notre personnel a 45 ans et plus. Il va falloir recruter quand même.»

Le comité sectoriel de main-d’œuvre des pêches maritimes a complété ces derniers mois un diagnostic qui confirme l’ampleur de la pénurie de main-d’œuvre, particulièrement dans les usines de transformation. Lors des entrevues menant au diagnostic, un responsable a même affirmé que le manque est tel qu’il embauche tous les postulants qui se présentent, la seule condition étant qu’ils n’aient pas de dossier judiciaire.

Selon la directrice générale du comité sectoriel, Marjorie Chrétien, «ce qui ressortait beaucoup dans le diagnostic, ce sont les conditions de travail, la reconnaissance, les avantages sociaux. […] Il faut revoir nos façons de faire, être ouverts d’esprit. La conciliation travail-famille est importante aussi. C’est ce que veulent les gens. Ça fait partie des conditions de travail générales, pas juste les salaires.»

À l’issue du diagnostic, le comité suggère de valoriser la formation initiale et continue, de diffuser les bonnes pratiques pour améliorer les conditions de travail et de poursuivre la promotion du secteur et la valorisation des emplois.

Le responsable du Bureau école-industrie à l’École des pêches et de l’aquaculture du Québec, Robert Nicolas, estime qu’une campagne de promotion est «essentielle». «Étant donné la moyenne d’âge [des travailleurs], on répète depuis des années qu’il va y avoir des problèmes tantôt. On est presque dans le tantôt. Il reste beaucoup de travail à faire au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie. Je ne suis pas contre d’avoir de la main-d’œuvre de l’extérieur, mais il y a encore beaucoup de gens disponibles qui pourraient être intéressés. Ce sont des gens qui côtoient l’industrie, mais qui n’ont pas nécessairement la bonne perception [du métier].»

M. Nicolas entend parfois des témoignages de travailleurs qui mériteraient d’être diffusés plus largement. «À l’année longue, je me promène dans les trois régions [maritimes]. Quand j’entre dans une usine de transformation, on me dit «je travaille ici depuis 35, 40 ans, et j’aime ça».»

MAIN-D’OEUVRE – page 28 – Volume 31,5 – Décembre 2018 – Janvier 2019

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À propos de l'auteur : 

Geneviève Gélinas

Geneviève Gélinas travaille comme journaliste pour Graffici et à la pige principalement pour Le Soleil et The Spec. Elle se fait un plaisir de plonger dans le monde des pêches et de l’aquaculture plusieurs fois par année pour le compte de Pêche Impact. Elle s’est fixée à Gaspé pour de bon en 2002, après des études à l’Université de Montréal où elle a complété un certificat en journalisme et un baccalauréat en musique. Née et élevée à Yamachiche en Mauricie, rien ne la destinait à faire sa vie en Gaspésie, sinon des racines à Mont-Louis côté maternel. Elle a débarqué ses bagages à Gaspé, en 2002, et ne les a plus refaits depuis, sinon pour voyager avec son conjoint et leurs deux jeunes Gaspésiens, de souche ceux-là!

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