Sécurité des bateaux de pêche : le modèle québécois reconnu

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La formule québécoise du Comité permanent sur la sécurité des bateaux de pêche du Québec (CPSBPQ), qui inclut davantage les pêcheurs, fait figure de modèle pour Transports Canada, qui veut l’implanter à la grandeur du Canada. Malgré cette avance, le comité souhaite élever encore le niveau de connaissance des pêcheurs québécois sur les nouvelles règles de sécurité. La dernière réunion du comité se déroulait les 8 et 9 février à Rimouski. Environ 200 personnes y ont assisté, dont de nouveaux visages, se réjouit le président du comité Marc Doucet, un crabier de     Rimouski. «Il en reste beaucoup à joindre», convient-il. «On dirait qu’on ne vient pas à bout d’informer tout le monde. Certains ne répondent pas à l’appel. Ou ils ont l’impression qu’ils vont se jeter dans la gueule du loup et qu’ils vont sortir avec une amende.» «C’est sûr que se déplacer de la Basse-Côte-Nord ou des Îles, c’est des frais. On va essayer d’aller chercher quelques représentants qui vont ramener l’information aux autres ensuite», propose M. Doucet. L’entrée en vigueur du Règlement fédéral sur la sécurité des bâtiments de pêche, le 13 juillet dernier, rend ce besoin d’information plus pressant. Transports Canada s’est engagé à visiter des propriétaires de bateaux de 15 tonneaux et moins, car ces derniers ne subissent pas d’inspection. «Il n’y a rien de formel de déposé, mais ils parlent de se promener de port en port pour donner de l’information», rapporte M. Doucet. Les bons résultats du comité ont été reconnus par Transports Canada. Le Ministère veut étendre le modèle québécois aux autres provinces, où de tels comités n’existent pas. «On voit que ça fonctionne. La culture de la sécurité a changé. Les gars travaillent avec des vestes de flottaison, des harnais. Pour l’équipement, on a une longueur d’avance [sur le reste du Canada]. On va être là pour accompagner les autres provinces», dit le président. Le conseil d’administration du comité compte huit pêcheurs, en plus de représentants de Transports Canada, de la CNESST, des écoles, des assureurs, de la Garde côtière canadienne et de Pêches et Océans. Depuis 2016, le comité est incorporé comme organisme sans but lucratif. LES LEÇONS DU SIMDAN Le cas du bateau Simdan, qui a perdu un homme passé par-dessus bord au large de Tourelle l’an dernier, a fait partie des discussions lors de la réunion de février, où le capitaine Irvin Jones a raconté l’accident. «On en a appris un peu plus. On n’était pas là pour porter un verdict», déclare M. Doucet. Le capitaine du Simdan avait passé ses inspections avec succès, rappelle-t-il. «Des fois, c’est juste des petites lacunes, mais c’est grave [les conséquences]», dit-il. L’accident du Simdan soulève la question du nombre de personnes à bord. «Des fois, juste deux membres d’équipage, c’est correct», dit M. Doucet. Mais le capitaine n’a pas été capable de remonter son aide-pêcheur à bord. Et si le capitaine était tombé à l’eau, M. Doucet se demande si l’aide-pêcheur aurait été en mesure de manœuvrer le bateau. «Un minimum de trois personnes, c’est peut-être correct», dit-il. L’accident a mis en lumière le bien-fondé de certains pans du nouveau Règlement fédéral. «Quand ils exigent une manière de remonter un gars à bord, on voit que ça en prend une. Et le matériel, on peut l’avoir à bord, mais c’est la familiarisation, de faire des pratiques pour l’essayer.» Une minorité de pêcheurs pratique ces procédures de sécurité, une proportion qui va probablement s’améliorer avec les nouvelles règles, souhaite M. Doucet. «On passera de peut-être 40 % à 70 % ou     80 %», dit-il. De plus en plus de pêcheurs amènent des touristes à la pêche, observe M. Doucet. Cette pêche touristique a fait   l’objet de discussions. «Il y a une frénésie, qu’on voit avec le thon. On commence à voir arriver en Gaspésie des restaurateurs de Montréal pour aller pêcher un thon. Ce ne sont pas des employés, mais des passagers.» Ces passagers n’ont pas les connaissances et l’expérience d’un pêcheur, remarque le président du comité. Les normes applicables aux bateaux de pêche commerciale sont insuffisantes pour la pêche touristique, mais celles prévues pour les bateaux de passagers sont inapplicables sur un bateau de pêche, estime M. Doucet. Transports Canada a recueilli de l’information lors de la réunion du comité pour adapter les règles à la pêche touristique. «Ils vont voir quelles mesures devraient être mises en place. Ça pourrait être : si vous voulez faire une expédition de pêche, il faudra suivre telle norme, passer tel brevet. Pour certains pêcheurs, c’est un bon gagne-pain. On veut qu’ils soient en sécurité», dit M. Doucet. Par ailleurs, les pêcheurs présents à la réunion ont demandé à être consultés dans l’éventualité où de nouveaux câbles sous-marins seraient installés sur les fonds marins. «Il y a eu quelques accidents, des navires se sont accrochés dedans. Des fois, ce sont des vieux câbles pas présents sur les cartes», relate Marc Doucet. Transports Canada a voulu s’assurer que les pêcheurs connaissent bien leur emplacement. Quelques câbles courent   entre Rimouski et la Côte-Nord, et l’un se déploie de l’Anse-à-Beaufils, en Gaspésie, jusqu’aux Îles-de-la-Madeleine. Des pêcheurs ont endommagé des câbles au moins trois fois depuis 12 ans. Le cas le plus médiatisé est celui de Réal Vallée, un crabier de Baie-Comeau qui avait sectionné un câble de fibre optique de Telus en 2006. L’affaire s’était rendue jusqu’à la Cour suprême, qui avait accepté de limiter sa responsabilité à 500 000 $. PRIX ANNUEL C’est une pêcheuse et enseignante, Line Arseneault, qui a reçu le prix annuel du comité. Mme Arseneault pêche depuis 15 ans et enseigne à l’École des pêches et de l’aquaculture du Québec, à Grande-Rivière. «Défenseure d’une saine culture de sécurité dans le milieu des pêches, Mme Arseneault a réussi […] à responsabiliser ses élèves et ses pairs au respect des lois et règlements ainsi qu’à les sensibiliser à l’importance d’adopter des pratiques de travail et de navigation sécuritaires. Elle prêche d’ailleurs par l’exemple en appliquant elle-même des pratiques exemplaires en matière de sécurité dans l’exercice de son métier de pêcheuse professionnelle.» Mme Arseneault est l’auteure du Système de gestion de la sécurité utilisé par les enseignants de l’ÉPAQ pendant les formations de Capitaine de bâtiments de pêche, quatrième classe, reconnu comme un excellent modèle. SÉCURITÉ À BORD DES NAVIRES – page 12 – Volume 31,1 – Février-Mars 2018

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À propos de l'auteur : 

Geneviève Gélinas

Geneviève Gélinas travaille comme journaliste pour Graffici et à la pige principalement pour Le Soleil et The Spec. Elle se fait un plaisir de plonger dans le monde des pêches et de l’aquaculture plusieurs fois par année pour le compte de Pêche Impact. Elle s’est fixée à Gaspé pour de bon en 2002, après des études à l’Université de Montréal où elle a complété un certificat en journalisme et un baccalauréat en musique. Née et élevée à Yamachiche en Mauricie, rien ne la destinait à faire sa vie en Gaspésie, sinon des racines à Mont-Louis côté maternel. Elle a débarqué ses bagages à Gaspé, en 2002, et ne les a plus refaits depuis, sinon pour voyager avec son conjoint et leurs deux jeunes Gaspésiens, de souche ceux-là!

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