Un appui apprécié pour les aides-pêcheurs et les travailleurs d’usines

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Les entreprises de pêche frappées de plein fouet par les mesures de protection de la baleine noire ont apprécié l’aide débloquée par le gouvernement du Québec le 15 juin afin d’appuyer par le biais de programmes de formation les aides-pêcheurs et les travailleurs d’usines dont la saison a été écourtée par des fermetures de quadrilatères de capture de crabe des neiges et de homard. Ces fermetures ont empêché plusieurs crabiers de capturer la totalité de leur quota individuel, et les quantités plus basses que prévues ont limité les heures de transformation dans les usines. Dans le homard, ce sont 73 détenteurs de permis gaspésiens qui ont vu leur saison écourtée à sept semaines. Dix-neuf homardiers supplémentaires ont dû redoubler d’effort pour changer leurs casiers de place. O’Neil Cloutier, directeur du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie, résume la situation en disant des gens du gouvernement du Québec: «Une chance qu’ils étaient là. Le gouvernement du Québec a réagi. Il a senti une injustice. J’ai des problèmes avec d’autres actions de ce gouvernement. Ils ont été corrects. C’est un beau programme, accorder 50 heures par semaine, à 20 $ de l’heure, pendant six semaines   (…) Ils ont tenu compte de la réalité des travailleurs des pêches.» Lui-même homardier, il avait essuyé dans les jours précédant le 15 juin deux refus de la part du ministre fédéral des Pêches et des Océans, Dominic LeBlanc. Le premier refus avait trait à une demande des homardiers visant à repousser les quadrilatères de fermeture de façon à ce qu’ils ne touchent pas la côte et que la fermeture ne touche pas les eaux dont la profondeur est inférieure à dix brasses. Cette option semblait d’autant plus probante que les homardiers gaspésiens n’ont jamais vu de baleine noire dans leurs secteurs de pêche. La seconde requête d’O’Neil Cloutier proposait à Pêches et Océans Canada une surveillance jour et nuit des quadrilatères de fermeture décrétés par le ministère, jusqu’à la fin de la saison. Dans ce cas aussi, les homardiers ont mordu la poussière. O’Neil Cloutier est tenté d’envoyer un état de compte au ministre Dominic LeBlanc afin de l’informer de tous les coûts écopés par les homardiers depuis ce qu’il est convenu d’appeler la crise de la baleine noire. «Disons qu’on va garder le contact avec lui. Il sera mis au courant des coûts. Deuxièmement, il faut établir des conditions pour que la situation revienne à la normale en 2019. C’est une véritable psychose que les zones fermées ont provoquée, pas seulement dans les pêches. Énormément de citoyens veulent savoir pourquoi une pêche qui va si bien est fermée pour tant de homardiers. Si je marche sur la rue, je me fais arrêter par des gens qui me pose ces questions. C’est comme ça à la journée longue», raconte monsieur Cloutier. «En 1992, une crise majeure a débuté dans la morue. Le choc d’aujourd’hui est aussi difficile à prendre parce que la ressource n’est pas en danger et qu’on risque de revivre ça l’an prochain si on n’adapte pas les mesures de protection de la baleine noire à la situation de la Gaspésie. Tout ça est arrivé parce que le gouvernement fédéral n’a pas mis en place un protocole spécifique aux eaux canadiennes. Ils se sont fait imposer le protocole américain», déplore monsieur Cloutier. Les 73 homardiers ayant vécu une saison de sept semaines ont perdu chacun des revenus «allant de 25 000 $ à 150 000 $, en prenant en compte une moyenne de revenus de 2016 et 2017», note monsieur Cloutier. Il n’est pas question de vacances pour O’Neil Cloutier et il souhaite que les gestionnaires de Pêches et Océans Canada comprendront aussi la nécessité de travailler dès maintenant pour soustraire le milieu des pêches à un stress aussi intense qu’inutile alors que la ressource est abondante. «Il faudra commencer la saison plus tôt. On va aussi discuter plus tôt. Il faut créer une table de travail. Ce à quoi on assiste, c’est un niveau de tension extrême sur la base que leur (les gens de Pêches et Océans Canada) argumentaire ne tient pas la route. Si on ne peut démontrer ça, on va connaître d’autres graves problèmes. J’ai un gars qui est venu pleurer dans mon bureau. Il n’arrive pas à croire ce qui arrive. «On n’a pas vu de baleine!!!». Les premières victimes, ce sont les pêcheurs de homard de la Gaspésie, et les travailleurs d’usines (…) Qu’ils se grouillent le cul», lance monsieur Cloutier à l’attention des gestionnaires du ministère. Bill Sheehan, copropriétaire de l’usine E. Gagnon et Fils, de Sainte-Thérèse-de-Gaspé, fulmine aussi à l’endroit de Pêches et Océans Canada, d’autant plus que le ministre Dominic LeBlanc a indiqué d’entrée de jeu qu’il n’y aurait pas d’indemnisation financière suivant les fermetures décrétées par son gouvernement. Quant au programme québécois d’aide annoncé par les ministres François Blais, d’Emploi et de Solidarité sociale, Laurent Lessard, d’Agriculture, Pêcheries et Alimentation (MAPAQ) et Pierre Moreau, responsable de la Gaspésie, monsieur Sheehan se déclare «très satisfait. On a appelé lundi et l’annonce a eu lieu vendredi, pour être en vigueur dimanche. Les programmes sont déjà en action pour les employés qui en ont besoin. C’est difficile de demander un meilleur service. Les autorités ont pratiquement monté une cellule de crise, avec le MAPAQ et le CLE (Centre local d’emploi), alors que le dialogue avec le fédéral a été inexistant.» Dans les autres usines de transformation de produits marins touchées par la crise, Lelièvre, Lelièvre et Lemoignan de Sainte-Thérèse-de-Gaspé et Poisson Salé Gaspésien, de Grande-Rivière, l’impact sera moindre que chez E. Gagnon et Fils. «Ça se peut que je perde une semaine de travail», signale Roch Lelièvre, qui emploie 200 personnes. Chez Poisson Salé Gaspésien, Réal Nicolas note qu’il y a possibilité que son personnel, composé de 250 personnes, puisse en grande majorité passer l’année sans recourir aux programmes du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale. «J’ai déjà 60% de mes employés qui sont qualifiés pour l’assurance-emploi. C’est le cas des employés qui travaillent aux Fumoirs Gaspé Cured», note-t-il à propos de l’entreprise détenue par Poisson Salé Gaspésien et Lelièvre, Lelièvre et Lemoignan. Ce fumoir fonctionne de septembre à avril. Poisson Salé Gaspésien compte aussi depuis 30 % d’employés ayant travaillé jusqu’en décembre et qui sont sur le point d’être qualifiés à l’assurance-emploi. «En fait, ce sont mes nouveaux employés, 10 % de la main-d’œuvre, qui auront peut-être besoin du programme d’aide», signale Réal Nicolas. En tout et partout, environ 800 travailleurs d’usines et 150 aides-pêcheurs pourraient avoir besoin du programme d’aide du gouvernement du Québec. La somme totale de cette aide pourrait atteindre 2 millions $. «Le principe, c’est de maintenir le lien d’emploi entre les travailleurs et les usines. On rembourse 100 % des frais et des salaires. C’est très, très rare. Habituellement, c’est 50 % mais personne ne s’attendait (à une telle crise)», a indiqué le ministre François Blais, le 15 juin à Sainte-Thérèse-de-Gaspé. La formation des travailleurs d’usines mettra l’accent sur l’amélioration de leur polyvalence. Les aides-pêcheurs suivront principalement des cours telle la fabrication de casiers, le ramendage, le montage de filets, la mécanique marine, etc... De son côté, Laurent Lessard, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation a été un peu cinglant à l’endroit du gouvernement fédéral en souli-gnant son manque de communications avec les pêcheurs. «On peut faire de la cogestion», a suggéré monsieur Lessard, en rappelant à ses collègues d’Ottawa que les technologies permettent aux pêcheurs de suivre l’évolution des baleines signalées par les vols d’observation de Pêches et Océans Canada. LA GASPÉSIE – page 5 – Volume 31,3 – Juin-Juillet-Aout 2018

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À propos de l'auteur : 

Gilles Gagné

Gilles Gagné, né à Matane, le 26 mars 1960. J'ai fait mes études universitaires à Ottawa où j'ai obtenu un baccalauréat avec spécialisation en économie et concentration en politique. À l'occasion d'une offre d'emploi d'été en 1983, j'ai travaillé pour Pêches et Océans Canada comme observateur sur deux bateaux basés à Newport, deux morutiers de 65 pieds. Le programme visait l'amélioration des conditions d'entreposage des produits marins dans les cales des bateaux et de leur traitement à l'usine. Cet emploi m'a ouvert des horizons qui me servent encore tous les jours aujourd'hui. En 1989, après avoir travaillé en tourisme et dans l'édition maritime à Québec, je suis revenu vivre en région côtière et rurale, d'abord comme journaliste à l'Acadie nouvelle à Campbellton. C'est à cet endroit que j'ai rédigé mes premiers textes pour Pêche Impact, à l'été 1992. Je connaissais déjà ce journal que je lisais depuis sa fondation. En octobre 1993, j'ai déménagé à Carleton, pour travailler à temps presque complet comme pigiste pour le Soleil. J'ai, du même coup, intensifié mes participations à Pêche Impact. Je travaille également en anglais, depuis près de 15 ans, pour l'hebdomadaire anglophone The Gaspé SPEC et je rédige l'éditorial du journal Graffici depuis 2007.

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