Un coussin financier en cas de catastrophe et des fonds pour soutenir la croissance de la production maricole

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En cas de phénomènes naturels exceptionnels, les mariculteurs pourront être dédommagés pour des pertes s’élevant jusqu’à              150 000 $. C’est l’une des mesures du plan d’action québécois 2018-2025 pour l’industrie maricole. Jusqu’ici, un mariculteur qui voyait ses moules dévorées par les macreuses (un canard marin) ou ses équipements emportés par les grandes marées pouvait y perdre sa chemise. Entre la mise à l’eau de mollusques et leur récolte s’écoulent plusieurs années, laps de temps où la nature peut se déchaîner. Les mariculteurs demandaient des garanties depuis plusieurs années. «Ça prenait un programme de gestion des risques», a admis le ministre québécois de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, Laurent Lessard, présent le 27 avril à Gaspé pour annoncer son plan. Le nouveau programme couvre les pertes de stocks de mollusques (moules, huîtres ou pétoncles) ainsi que les pertes ou bris de structures maricoles causés par des phénomènes biologiques ou climatiques exceptionnels. Le mariculteur pourra recevoir 40 % de la valeur des ventes projetées ou encore 100 % des dépenses essentielles à la production des stocks en s’appuyant de pièces justificatives. Le plus bas des deux montants s’appliquera. En outre, 75 % des dépenses nécessaires à la réparation ou   au remplacement de structures seront remboursées, jusqu’à un maximum de 150 000 $. FONDS POUR LES FUTURES RÉCOLTES La Société de développement de l’industrie maricole (SODIM), qui fonctionnait au ralenti ces dernières années, lance un nouveau programme pour fournir des liquidités aux mariculteurs pendant que leur stock atteint le stade commercial. «Le cycle de production se mesure en années, de trois à sept ans. Les inventaires sont difficiles à supporter. Ça prend de l’aide», a expliqué le président de la SODIM, Marc Cayouette. La SODIM financera jusqu’à 40 % du «prix de vente réaliste des inventaires». Les modalités encouragent une croissance modérée. «L’aide est plafonnée à 50 % de la production de l’année d’avant dans l’espèce visée», précise M. Cayouette. GOUVERNANCE RÉFORMÉE À LA SODIM Pour son fonctionnement, la SODIM recevra 100 000 $ par an pendant les trois prochaines années. La gouvernance de l’organisme a été revue. «On a mis plus de distance entre les entrepreneurs et le conseil d’administration», indique M. Cayouette, un ancien directeur régional du Fonds de solidarité FTQ. Le nombre d’administrateurs est passé d’une dizaine à cinq et tous viennent du monde de la finance; aucun mariculteur n’est administrateur. «Dans notre fonds d’investissement pour les entreprises maricoles, on a encore 2 millions de dollars disponibles à l’investissement», indique M. Cayouette. Au fil des ans, environ 15 millions de dollars ont été investis en mariculture par la SODIM, moitié en prêts et moitié en capital-actions. «Sur 24 démarrages, six ou sept entreprises ont fait faillite ou ne sont plus opérantes», résume M. Cayouette. Il précise que ce taux d’échec n’a rien d’exceptionnel pour un secteur en démarrage. La SODIM a perdu «sûrement autour de 3 millions de dollars» au fil des ans, estime son président. La SODIM vise à limiter son investissement dans une entreprise maricole à 25 % à 30 % la mise. «On va essayer de trouver des investisseurs nouveaux, des gens qui n’ont pas froid aux yeux», dit M. Cayouette. AIDE À LA MISE EN MARCHÉ Le ministère appuiera la mise en marché des produits maricoles québécois lorsque le secteur sera prêt à augmenter sa présence sur les marchés. L’aide pourra atteindre 100 000 $ pour une demande collective, a annoncé le ministre. Le MAPAQ s’engage à soutenir la recherche et le développement dans le secteur maricole, notamment par l’intermédiaire de Merinov et d’Innovamer. Le plan du MAPAQ prévoit aussi d’accompagner les mariculteurs dans leur démarche pour restructurer leur Regroupement. Une somme de 85 000 $ y sera consacrée, a indiqué le ministre Lessard. Le mariculteur Jean-Philippe Hébert, président de Fermes marines du Québec à Newport, souligne que les mariculteurs demandaient depuis longtemps un programme de compensation en cas de catastrophe naturelle. Il se demande comment ce programme interagira avec celui de la SODIM. «Tu ne veux pas te faire avancer de l’argent, perdre ta production et le devoir à la SODIM», dit-il. En ce qui concerne la recherche et développement, M. Hébert souligne que les mariculteurs sont souvent incapables de payer les tarifs facturés par Merinov. Conséquence : très peu de projets de recherche en mariculture voient le jour. «Il y a du travail à faire», croit M. Hébert. Le Québec compte une vingtaine d’entreprises maricoles, la majorité en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine. En 2016, la valeur des ventes de la production maricole a totalisé 1,9 million de dollars. L’industrie fournit 80 emplois. DOUBLER LA PRODUCTION Québec vise à doubler la production aquacole de la province d’ici 2025, soit de la faire passer de 1 600 tonnes produites   annuellement à 3 200 tonnes. L’objectif inclut la production en pisciculture et en mer. Pour l’aquaculture sur la terre ferme, Québec appuiera le recours à des technologies offrant de meilleures performances environnementales. Le plan mentionne la recirculation de l’eau et le traitement des eaux et des rejets afin de réduire les rejets de phosphore. La production piscicole québécoise, concentrée sur la truite arc-en-ciel et l’omble chevalier, devra être diversifiée. L’omble de fontaine et la perchaude ont notamment un potentiel intéressant, note le ministère, qui encouragera les projets qui diversifient et accroissent la production. Bien des critiques adressées à l’aquaculture, comme l’élevage en cages ou les poissons génétiquement modifiés, ne s’appliquent pas à la situation québécoise, souligne le MAPAQ dans son plan. L’aquaculture d’ici doit promouvoir son secteur auprès des consommateurs en faisant valoir ses bonnes pratiques. Le MAPAQ s’engage à soutenir ces efforts de positionnement. SCÈNE PROVINCIALE – page 9 – Volume 31,2 – Avril-Mai 2018

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À propos de l'auteur : 

Geneviève Gélinas

Geneviève Gélinas travaille comme journaliste pour Graffici et à la pige principalement pour Le Soleil et The Spec. Elle se fait un plaisir de plonger dans le monde des pêches et de l’aquaculture plusieurs fois par année pour le compte de Pêche Impact. Elle s’est fixée à Gaspé pour de bon en 2002, après des études à l’Université de Montréal où elle a complété un certificat en journalisme et un baccalauréat en musique. Née et élevée à Yamachiche en Mauricie, rien ne la destinait à faire sa vie en Gaspésie, sinon des racines à Mont-Louis côté maternel. Elle a débarqué ses bagages à Gaspé, en 2002, et ne les a plus refaits depuis, sinon pour voyager avec son conjoint et leurs deux jeunes Gaspésiens, de souche ceux-là!

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