Un nouvel outil d’aide à la prise de décision est expérimenté pour cibler le début de la saison de la pêche au homard

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Québec accorde une aide financière de 123 000 $, dont une part de 74 000 $ du ministère des Sciences, de l’Économie et de l’Innovation et 49 000 $ provenant de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, en appui aux travaux de recherche du Rassemblement des pêcheurs et pêcheuses des côtes des Îles (RPPCI). Ces travaux, menés dans le cadre d’une entente de partenariat avec Merinov (Pêche Impact 1er mars 2018), visent entre autres le développement d’un outil d’aide à la décision pour cibler le moment idéal du début de la saison de pêche au homard, en lien avec la température de l’eau sur le fond.

LECTURE EN TEMPS RÉEL

Deux bouées dotées de senseurs électroniques, conçues par la firme française Flex Sense, ont été ancrées au Nord et au Sud de l’archipel à la fin juin, explique le biologiste chargé de projet au Centre d’innovation des pêches et de la mariculture, Jean-François Laplante. «On a une sonde qui est à peu près à cinq pieds en haut du fond et une autre à mi-colonne d’eau, dit-il. Ça fait qu’au printemps, on est capable de voir quand la température de surface commence à avoir un impact sur la température du fond.» Ça permet aussi de valider l’adéquation que fait l’océanographe physicien Peter Galbraith de l’Institut Maurice-Lamontagne, selon laquelle la température de surface mesurée par télédétection prend deux semaines à se propager à 30 mètres de profondeur. (On se rappellera à ce propos que c’est lorsque la température atteint 1,5 degré Celsius que le homard commence à sortir de son hibernation.)

Ainsi, l’information est simultanée, précise M. Laplante. «Les bouées retransmettent les données captées par les senseurs sur une plateforme web, et avec une application mobile, les pêcheurs peuvent se connecter aux bouées et avoir, en temps réel, les températures au fond de l’eau.» Chacun des 325 pêcheurs de la flottille de pêche au homard des Îles y auront d’ailleurs accès dès qu’on leur communiquera le mot de passe et le nom d’utilisateur, détenu par le RPPCI. «Parce qu’il ne faut pas oublier que c’est une contribution des 325 pêcheurs qui permet ce développement, explique le président du Rassemblement, Charles Poirier. Ce n’est pas le RPPCI. C’est le RPPCI qui est promoteur avec Merinov, mais c’est un projet qui appartient aux 325 pêcheurs.»

Les bouées Flex Sense, qui coûtent 20 000 $ chacune, mesurent également les paramètres physico-chimiques de l’eau, tels que sa salinité et son acidité. Elles assurent donc un suivi des modifications que pourraient provoquer les changements climatiques, souligne Jean-François Laplante. «Les carapaces de homard et la mue dépendent d’un Ph optimal de l’eau, dit-il. Donc, si, éventuellement – on parle de réchauffement climatique et de perturbations – il y a de quoi qui change, on va pouvoir anticiper l’impact sur la ressource.»

REVENUS DU CRABE DES NEIGES

À terme, le RPPCI vise le déploiement de deux autres de ces bouées avec senseur électronique pour couvrir également les secteurs Est et Ouest du territoire de pêche au homard des Îles-de-la-Madeleine. «Les quatre points cardinaux, c’est ça notre objectif, indique Charles Poirier. Mais ça va dépendre si le fédéral veut nous donner du crabe pour nous subventionner.»

Ainsi, les sommes investies par le RPPCI dans ce programme de recherche en partenariat avec Merinov – on parle de 162 500 $ pour 2018-2019 – proviennent des revenus de son allocation de crabe des neiges de 2017. Pêches et Océans Canada a alors divisé à parts égales le volume alloué à la flottille des homardiers madelinots, entre leurs deux principales associations, le RPPCI et l’APPIM (Association des pêcheurs propriétaires des Îles).

Or, cette année, à cause d’une mésentente entre les deux organisations sur une proposition émanant du RPPCI pour une nouvelle formule de partage au prorata de leur effectif respectif – ce dernier se disant fort de l’adhésion de plus des deux tiers de la flottille – le Ministère a plutôt choisi de confier la ressource directement aux pêcheurs par tirage au sort. Pour 2019, Charles Poirier revient à la charge et revendique 100 % de l’allocation de crabe des neiges au profit des travaux de son organisation. «100 % parce qu’on a démontré notre vision et la manière qu’on gérait le fonds du crabe des neiges, et on le gère pour les 325 pêcheurs, fait-il valoir. Et ce serait réaliste qu’on ait 100 % du crabe des neiges pour la continuité des projets et pour d’autres projets à venir. Parce que, comme vous le savez, pour obtenir le financement du crabe des neiges, il faut aller vers la recherche.»

RECRUTEMENT RECORD

D’ailleurs, le RPPCI appuie aussi financièrement, désormais, les travaux de suivi annuel du recrutement du homard que fait Merinov en complémentarité avec ceux du ministère fédéral des Pêches. À ce sujet, Jean-François Laplante rapporte que le renouvellement de la ressource s’annonce tout particulièrement abondant cette année, selon ses relevés de larves menés à la surface de l’eau, à la fin juillet et au début août. Le biologiste précise que leur éclosion est deux fois plus importante cette année, que la dernière cohorte la plus nombreuse qu’il ait observée à ce jour. «C’est très intéressant, dit-il. Depuis qu’on fait ces suivis, c’est vraiment une année record en termes de recrutement. On va aller voir en septembre, si ça se confirme sur les pouponnières. Parce qu’on installe aussi des collecteurs – c’est des genres de pièges à larves de homard – qui nous permettent de voir la densité de déposition sur le fond, donc, combien de homard de l’année par mètre carré.»

Et, tandis que l’Institut Maurice-Lamontagne fait depuis plus de 25 ans ce même type de suivi en plongée de la déposition larvaire, plus précisément sur la pouponnière des Demoiselles de la baie de Plaisance, Merinov, de son côté, se concentre depuis 2011 sur le secteur de la Pierre de l’Église, également du côté Sud de l’archipel. Cependant, Jean-François Laplante rapporte avoir ajouté un autre site de prélèvement à sa mission annuelle, cet été, soit à l’île-aux-Goélands, du côté Nord. «L’objectif d’aller chercher ces données-là, c’est d’augmenter, disons, la résilience des travaux de Pêches et Océans, dit-il. On peut poser la question : quelle est la représentativité de la pouponnière des Demoiselles sur l’ensemble du stock de homard? Donc, en étendant les travaux à la Pierre de l’Église et à l’île-aux-Goélands, bien, ça nous permet de voir si ce qu’on voit aux Demoiselles est représentatif, ou si on voit d’autres tendances sur d’autres pouponnières.»

Il faut prévoir huit ans, entre la déposition larvaire du homard sur le fond et son entrée dans la pêche commerciale.

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT – page 23 – Volume 31,4 – Septembre-Octobre-Novembre 2018

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux

Hélène Fauteux, journaliste et coordonnatrice de la salle des nouvelles de CFIM, la radio communautaire des Îles-de-la-Madeleine depuis 29 ans. Je collabore à Pêche Impact depuis les premières heures du journal. Diplômée de l'Université Concordia, à Montréal, où je me suis spécialisée en presse électronique, au sein des facultés de communication et de journalisme. J’ai fait mes premières armes dans la presse écrite pendant mes études, au Canada français, à l'hebdo du Haut-Richelieu. Depuis j’habite dans l'archipel madelinot où elle j’ai épousé un pêcheur de homard et j’ai développé une solide expertise du secteur des pêches et de la mariculture, épine dorsale de l'économie locale.

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