Un retour à la moyenne dans le crabe des neiges

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Le total des prises admissibles de crabe des neiges dans les quatre zones du sud du golfe Saint-Laurent pourrait baisser de 42% en 2018 comparativement à l’an passé, pour s’établir à 25 286 tonnes métriques. Ce fléchissement est important, considérant que le contingent avait atteint 43 475 tonnes il y a un an, mais il ramène ce quota global à une valeur moyenne. La baisse de 42% découlerait de l’application de la règle de précaution en tenant compte de la biomasse commerciale disponible à la pêche. Cette biomasse se situe à 66 021 tonnes métriques en 2018, comparativement à 99 145 en 2017. Selon la règle de précaution, un taux d’exploitation de 38,3% s’applique quand la biomasse s’établit à   66 021 tonnes métriques. Ce taux était de 44% en 2017, puisque la biomasse commerciale exploitable était bien supérieure. «Il n’y a rien à craindre avec une biomasse exploitable de 66 021 tonnes métriques. D’une part, l’augmentation vécue l’année dernière était, je n’aime pas dire anormale, mais disons exceptionnelle. D’autre part, nous revenons à un niveau de biomasse commerciale moyen. Si on fait la moyenne de la biomasse commerciale entre 2012 et 2017, on arrive à 66 073 tonnes métriques. Ça revient à la normale», explique le biologiste Mikio Moriyasu, du ministère fédéral des Pêches et des Océans. La biomasse commerciale de 2017 avait bénéficié d’un phénomène massif de saut de mue d’une classe d’âge en 2015. Cette classe d’âge a donc mué l’année suivante. «Une fois muée, ça prend une année complète avant qu’une classe d’âge soit disponible pour être capturée. Le groupe de 2015 a donc rejoint le groupe de 2016 pour entrer dans la pêche en 2017. C’est revenu à la normale cette année. On   reste dans une biomasse saine», ajoute M. Moriyasu. Il note que des sauts de mue surviennent fréquemment chez des spécimens. «Il y en a toujours. Un saut de mue, ça existe tous les ans, mais ce n’est pas un gros phénomène comme en 2015», souligne le biologiste. Le relevé de pêche scientifique fournissant les données de 2018 a été réalisé lors de l’été 2017, du          9 juillet au 21 septembre, au moyen de 335 traits de chalut effectués à bord du bateau Jean-Mathieu. La biomasse commerciale de 2018 est composée dans une forte proportion de crabes entrant dans la pêche pour la première année. «Il y a beaucoup de recrues. Le stock est constitué de 78% de recrues. Il y a moins de crabe restant de 2017. On pensait qu’il y aurait un peu plus de biomasse restante», note Mikio Moriyasu, qui qualifie le phénomène de léger problème. «On examine des paramètres pour expliquer la situation. Est-ce que du crabe est sorti du golfe? Est-ce qu’il y a eu des débarquements non enregistrés?», demande-t-il. La marge d’erreur de l’évaluation des stocks se situe quand même à 20%, ce qui pourrait expliquer en partie la sous-représentation de crabe plus âgé, ajoute M. Moriyasu. «On ne pense pas à une mortalité spéciale dans le golfe. Il n’y a pas de facteur supportant cette hypothèse», résume-t-il. La proportion de 78% de crabe recrue représente un volume de 51 262 tonnes métriques, dont 46 200 tonnes de mâles adultes. Les 51 262 tonnes représentent un fléchissement de 31% par rapport aux       74 269 tonnes de recrutement de l’an passé. Les 14 759 tonnes métriques de biomasse résiduelle de 2017 constituent une baisse importante de 40% comparativement à celle de 2016, alors qu’elle s’élevait à 24 876 tonnes. Si les biologistes se grattent un peu la tête quant au sort de la biomasse commerciale résiduelle de 2017, ils ont noté des signes encourageants pour l’avenir. «Il y a encore beaucoup de petits crabes et nous n’avons pas noté de diminution de femelles», note Mikio Moriyasu. Le biologiste est peu enclin à faire des prédictions de biomasse, mais il croit, avec les chiffres disponibles actuellement, que la biomasse commerciale de 2019 pourrait rester dans la moyenne. «Je pense que ce sera stable. On ne peut aller à plus d’un an (à partir d’un relevé scientifique). Parler de 2019, c’est deux ans après le relevé de 2017», note-t-il. S’il se risque à donner un avis à propos de 2019, c’est parce que les écarts de biomasse semblent moins excentriques, depuis quelques années. «On dirait qu’avant, on voyait cinq ans d’augmentation, parfois un peu plus, puis cinq ans de diminution. Par exemple, l’année de relevé 2004 a été la plus haute de cette période, et l’année 2011 (avant la très dure année 2010) a été la plus basse. Présentement, on voit que les années de relevés 2015 et 2016 ont été au plus haut. Ça devrait baisser cinq ans. Mais ce n’est pas ce qu’on voit. On prévoit que la biomasse de 2019 sera à peu près égale à celle de 2018. L’amplitude (entre les creux et les sommets de biomasse) me semble diminuer», observe M. Moriyasu. Dans le sud du golfe du Saint-Laurent, une des quatre zones, la zone 12, occupe nettement la tête du peloton, avec une biomasse qui accapare généralement près de 85% de la biomasse totale. Cette année confirme la règle puisque 83,7% de la   biomasse du sud du golfe se trouve dans cette zone. «La biomasse commerciale dans la zone 12 est de 54 739 tonnes métriques. Elle est aussi de 5 340 tonnes dans la zone 19, de 637 tonnes dans la zone 12E et de 4 657 tonnes dans la zone 12F (…) On ajoute à cela 142 tonnes dans la zone A, dont la moitié, 71 tonnes, va dans la zone 12E et l’autre moitié dans la zone 12F. Une quantité de 142 tonnes de la zone B s’en va dans la zone 12F», précise aussi le bio-logiste. À cela s’ajoutent les 395 tonnes métriques de la zone C, qui n’est pas ouverte à la pêche, le secteur étant réservé à la recherche. En proportion, la zone 19 renferme 8,2% de la biomasse commerciale du sud du golfe, comparativement à 1% pour la zone 12E, à 7,1% pour la zone 12F et à 1% pour les zones tampons A et B, et la zone non assignée C. En 2018, les biologistes notent que les concentrations locales de crabe de taille commerciale sont observées au banc Bradelle, dans la Baie-des-Chaleurs, dans la partie sud du canal des Îles-de-la-Madeleine et dans la partie sud-est du sud du golfe du Saint-Laurent. Si le taux d’exploitation de 38,3% est appliqué uniformément dans le sud du golfe du Saint-Laurent, les quotas se présenteront comme suit : Zone 12 : 21 106 tonnes métriques Zone 19 : 2 044 tonnes métriques Zone 12E : 271 tonnes métriques Zone 12F : 1 864 tonnes métriques Mikio Moriyasu rappelle que les hypothèses de contingents demeurent des hypothèses, justement, tant que les gestionnaires de Pêches et Océans Canada n’ont pas rédigé le plan de pêche. Ces hypothèses ont été émises suite à la revue scientifique par les pairs, les 24 et 25 janvier, à Moncton. «On ne peut pas dire ce que seront les contingents. C’est ensuite discuté au comité consultatif (qui a eu lieu le 28 février). La science n’a pas le mandat de fixer les quotas. C’est la responsabilité de la gestion, qui prend en compte les aspects de sciences et les éléments socio-économiques. Ils vont décoder ce qu’ils jugeront important et le communiquer au ministre. Dans le passé, il n’y a pas eu trop de bifurcations, comparé à la suggestion des sciences», explique M. Moriyasu. Selon les évaluations des biologistes du ministère des Pêches et des Océans, le recrutement à mesurer lors des relevés de l’été à venir pourrait s’établir à 47 700 tonnes métriques. Dans ces conditions, en ajoutant la biomasse résiduelle qui devrait rester dans l’eau à l’issue de la saison 2018, la biomasse totale pourrait atteindre 69 780 tonnes en 2019. Mikio Moriyasu prévient toutefois que ce type de projection comporte son lot d’imprévisibilité, comme le témoigne la biomasse résiduelle plus faible que prévu, suite aux relevés de 2017. RAPPEL DE 2017 ET DU PASSÉ RÉCENT Le taux d’exploitation en 2017 dans le sud du golfe s’est établi à 44%. Entre 1998 et 2017, les taux d’exploitation ont varié de 20,8 à 45%. En 2017, le total admissible des captures révisé pour l’ensemble du sud du golfe était de 43 475 tonnes métriques. Dans la zone 12, le contingent était de 39 651 tonnes et les captures ont atteint 39 825 tonnes. La pêche a débuté le 25 avril et s’est terminée le 24 juillet. Dans la zone 19, le quota a été fixé à   2 945 tonnes et les captures ont 2 944 tonnes, pour une pêche ayant débuté le 13 juillet et qui s'étant achevée le 5 août. Dans la zone 12E, le contingent de 199 tonnes a été légèrement dépassé par des captures de 203 tonnes. Elles ont été menées du 20 avril au 22 juin. Dans la zone 12F, le quota de 680 tonnes a débouché sur des prises de 684 tonnes. La pêche a débuté le 19 avril pour se terminer le 15 juin. FLOTTILLES ACTIVES Dans la zone 12, un total de 354 bateaux, propriétés de détenteurs de permis traditionnels ou d’un nouvel accès, ont pris part à la pêche. Dans la zone 19, les 107 bateaux participants venaient tous du Cap Breton. Dans la zone 12E, quatre crabiers traditionnels y ont été actifs en 2017: deux du Nouveau-Brunswick, un du Québec et un de l’Île-du-Prince-Édouard. Dans la zone 12F, 16 crabiers traditionnels sont actifs, de même que deux participants temporaires, en l’occurrence dix des Îles-de-la-Madeleine et six du Cap Breton. LE SUD DU GOLFE – pages 5 et 6 – Volume 31,1 – Février-Mars 2018

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À propos de l'auteur : 

Gilles Gagné

Gilles Gagné, né à Matane, le 26 mars 1960. J'ai fait mes études universitaires à Ottawa où j'ai obtenu un baccalauréat avec spécialisation en économie et concentration en politique. À l'occasion d'une offre d'emploi d'été en 1983, j'ai travaillé pour Pêches et Océans Canada comme observateur sur deux bateaux basés à Newport, deux morutiers de 65 pieds. Le programme visait l'amélioration des conditions d'entreposage des produits marins dans les cales des bateaux et de leur traitement à l'usine. Cet emploi m'a ouvert des horizons qui me servent encore tous les jours aujourd'hui. En 1989, après avoir travaillé en tourisme et dans l'édition maritime à Québec, je suis revenu vivre en région côtière et rurale, d'abord comme journaliste à l'Acadie nouvelle à Campbellton. C'est à cet endroit que j'ai rédigé mes premiers textes pour Pêche Impact, à l'été 1992. Je connaissais déjà ce journal que je lisais depuis sa fondation. En octobre 1993, j'ai déménagé à Carleton, pour travailler à temps presque complet comme pigiste pour le Soleil. J'ai, du même coup, intensifié mes participations à Pêche Impact. Je travaille également en anglais, depuis près de 15 ans, pour l'hebdomadaire anglophone The Gaspé SPEC et je rédige l'éditorial du journal Graffici depuis 2007.

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