Une année difficile pour les crevettiers avec des baisses significatives de rendement et une chute des prix au débarquement

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Le mauvais rendement de la pêche combiné au retard pris en début de saison et aux baisses de quotas font de 2017 une année à oublier pour l’industrie de la crevette. Le crustacé a surtout été difficile à capturer dans la zone Sept-Îles, alors que les pêcheurs s’en sont mieux sortis dans Anticosti et Esquiman. Les captures autorisées dans les zones d’Anticosti et de Sept-Îles ont diminué de      15 % entre 2016 et 2017, rappelle Patrice Element, directeur de l’Office des pêcheurs de crevette de la ville de Gaspé. Et la crevette semblait environ 30 % moins abondante dans ces zones, avaient prévenu les biologistes de Pêches et Océans Canada en début d’année. «On appréhendait que la pêche serait un peu plus difficile en 2017. Dans Anticosti, c’est probablement la même chose ou un peu mieux qu’on pensait. Dans Sept-Îles, c’est pire qu’on pensait», résume M. Element. Le 14 novembre, environ la moitié des crevettiers pêchaient encore. Mais ils s’apprêtaient à arrêter, entre autres parce que la météo clémente de l’été et du début de l’automne avait pris fin, rapportait le directeur. «Il y aurait des possibilités de pêcher encore, mais les taux de capture sont tellement faibles que certains vont arrêter. Et la météo est horrible, il vente beaucoup.» La saison a commencé très tard. Les crevettiers et les usines du Grand Gaspé se sont entendus sur les prix le 16 mai, alors que la pêche était permise depuis le 1er avril. Plusieurs pêcheurs craignaient de ne pas avoir le temps de capturer tout leur quota. Finalement, «la plupart des pêcheurs vont prendre à peu près leur quota. Quelques-uns vont en laisser à l’eau pour des raisons particulières, comme des bris», indique M. Element. Les prix sont de 1,19 $ la livre pour la grosse crevette, 0,99 $ pour la moyenne et 0,85 $ pour la petite. Dans les faits, les pêcheurs obtiennent un prix moyen d’environ 1 $ la livre, rapporte M. Element. «La crevette est plus petite que d’habitude, mais c’est une tendance qui a été observée l’an dernier aussi.» Chez Pêcheries Marinard, on a transformé 12 millions de livres de crevette en 2016. Cette année, «on s’attendait à faire 10,2 millions de livres, mais finalement, on s’attend à clore la saison avec 9,2 millions de livres», indique le président-directeur général Pascal Noël. Les 16 bateaux qui livrent chez Marinard laissent donc 1 million de livres de crevette à l’eau au total. Monsieur Noël n’a «jamais vu une pêche aussi lente dans Sept-Îles». L’usine a transformé ses premières crevettes le 22 mai, soit un début très tardif. «C’est une saison en dents de scie, à oublier. Sur le plancher, on s’est organisés. On a fait du réemballage, on a travaillé sur deux quarts [plutôt que trois]. Tous les travailleurs sont qualifiés à l’assurance-emploi, mais il a fallu jouer du coude», explique le PDG. Les bonnes années, ses employés travaillent entre 20 et 25 semaines. Ils en feront en moyenne trois de moins cette année. Marinard devrait transformer un peu de crevettes congelées cette année, ce que l’usine n’avait pas fait en 2016. Ce sera de la crevette nordique du Labrador, prévoit M. Noël, pour 100 000 à 500 000 livres. «On regarde ça de près. Il y aura possiblement une baisse de quotas l’an prochain. Les usines monoproduction devront se préparer à importer.» «Pour 2018, il faut trouver une façon de partir très tôt pour ne pas laisser de crevette à l’eau. C’est important pour l’économie, celle des usines, des pêcheurs et du village», insiste M. Noël. «D’après moi, on [les pêcheurs et les usines] va se rapprocher très tôt en 2018», ajoute-t-il. Dave Cotton, un crevettier de Rivière-au-Renard, parle d'abord des longues négociations quand on lui demande de décrire sa saison 2017, qu’il qualifie de «souffrante». «Le point majeur, ça a été les négociations très difficiles du début de saison. On a pris un mois et demi de retard et ça a eu de graves répercussions sur la capture. Quand on a commencé à pêcher, notre patron de pêche était remis en question.» En d’autres mots, il était plus difficile de cerner les bons endroits pour pêcher en fonction du moment de la saison. Ces difficultés créent de la «mauvaise anxiété», dit M. Cotton. Le moindre bris pouvait devenir grave, puisqu’il n’y avait pas de marge pour se rattraper, explique-t-il. «J’ai fini le 14 novembre. Pour moi, c’est presque un mois plus tard que d’habitude. Et il n’y avait pas de petites vacances entre les voyages. Tu t’exposes aux mêmes éléments, tu rentres moins de crevettes. Et humainement, la famille ne nous voit pas et on ne voit pas la famille.» M. Cotton a tout de même capturé tout son quota de 760 000 livres. «Je respecte les producteurs québécois et j’ai de l’attachement à livrer chez nous. Mais les producteurs québécois ont été très chanceux, au printemps 2017, que Terre-Neuve ait été en moyens de pression. Un gars comme moi, qui est totalement libre, je serais allé débarquer à Terre-Neuve», ajoute M. Cotton, dont le MAPAQ a cessé de cautionner le prêt après qu’il ait livré un voyage à Terre-Neuve en début de saison 2016. Quant à Yan Bourdages, un autre crevettier de Rivière-au-Renard, il qualifie sa saison de «moyenne». Il pêche principalement son quota dans Esquiman et travaille pour une communauté autochtone dans la zone Anticosti. «J’ai été dans les deux meilleures zones du Golfe pour cette année. Ç’a été assez bon. Ce n’était pas les mêmes taux de capture qu’il y a cinq ans, mais j’ai pris 10 000 à 12 000 livres par jour dans Esquiman, et même jusqu’à 18 000 livres.» Enfin, au moment d’aller sous presse, Pêches et Océans Canada indiquait que 11 633 tonnes métriques de crevette avait été débarquées au Québec, pour une valeur de 27,1 millions$. GASPÉ-NORD – page 15 – Volume 30,5 – Décembre 2017-Janvier 2018

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À propos de l'auteur : 

Geneviève Gélinas

Geneviève Gélinas travaille comme journaliste pour Graffici et à la pige principalement pour Le Soleil et The Spec. Elle se fait un plaisir de plonger dans le monde des pêches et de l’aquaculture plusieurs fois par année pour le compte de Pêche Impact. Elle s’est fixée à Gaspé pour de bon en 2002, après des études à l’Université de Montréal où elle a complété un certificat en journalisme et un baccalauréat en musique. Née et élevée à Yamachiche en Mauricie, rien ne la destinait à faire sa vie en Gaspésie, sinon des racines à Mont-Louis côté maternel. Elle a débarqué ses bagages à Gaspé, en 2002, et ne les a plus refaits depuis, sinon pour voyager avec son conjoint et leurs deux jeunes Gaspésiens, de souche ceux-là!

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