Prêt de 2 millions $ de Québec : nouveau départ pour Fermes marines

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Fermes marines du Québec reçoit un prêt de 2 millions de dollars du ministère québécois de l’Économie, de l’Innovation et de l’Exportation. L’entreprise et sa société affiliée, Fermes marines de Gaspé, vont améliorer l’écloserie de Newport et ajouter des structures d’élevage dans la baie de Gaspé pour doubler la production de pétoncle d’ici trois ans. Ce soutien met fin à la saga du crédit d’impôt refusé à l’entreprise, ce qui l’avait mise dans une position délicate, l’obligeant à suspendre sa production de naissain depuis deux ans.

En janvier, l’écloserie démarrera un cycle de production de naissain de pétoncle. Six mois plus tard, soit l’été prochain, ces jeunes pétoncles seront prêts à être déposés dans des cages dans la baie de Gaspé où ils poursuivront leur croissance pendant trois ans.

Le prêt de Québec entrainera des investissements de 2,5 M$ pour Fermes marines. L’entreprise améliorera le système de filtration et de pompage de l’écloserie. «Il y avait un déficit dans la qualité de l’eau pour une partie de la production qui était plus délicate», explique Jean-Philippe Hébert, président de Fermes marines.

L’entreprise construira une salle multifonctions, destinée notamment aux plantules d’algues, dans la partie inachevée de l’usine. «On a beaucoup de demandes de promoteurs avec des idées de projets parce qu’on est les seuls à avoir des installations de cette qualité-là. Pour produire des plantules d’algues, il a fallu cannibaliser certaines pièces. La nouvelle salle servira à la production d’algues et aux nouvelles espèces pour lesquelles on est en discussion», explique monsieur Hébert.

Le fait de couvrir de béton la partie inachevée, présentement sur terre battue, rendra Fermes marines conforme aux exigences pour exporter ses pétoncles hors Québec. «On a beaucoup de demandes pour Toronto, Vancouver, New York ou Boston, mais on ne peut pas vendre là-bas pour l’instant», dit monsieur Hébert.

Fermes marines achètera de nouvelles structures d’élevage afin d’augmenter sa production de pétoncle. L’entreprise a 2,5 millions de pétoncles en croissance dans la baie de Gaspé en ce moment et souhaite passer à 5 millions de pétoncle à la fin de 2018. Fermes marines automatisera aussi les équipements sur le pont de son bateau, histoire de fournir à la tâche avec ce nouveau volume.

«Les deux dernières années n’ont pas toujours été comme on voulait, on a souvent été en attente. On relance les choses comme on voulait qu’elles soient», a déclaré monsieur Hébert lors de l’annonce du prêt, le 16 novembre, à l’écloserie, en présence du ministre responsable de la Gaspésie, Jean D’Amour.

«On voulait un message clair et net du gouvernement que si on met de l’argent, le gouvernement aussi est partie prenante», ajoute monsieur Hébert, qui estime avoir reçu ce message.

CRÉDIT D’IMPÔT : FIN DE LA SAGA

Ce prêt met fin à la saga du crédit d’impôt à l’investissement de 1,5 million de dollars sur lequel comptait Fermes marines du Québec lors de la construction de l’écloserie, en 2010-2011, un projet de 7,5 mil- lions $. Les analystes du gouvernement avaient finalement conclu que les entreprises maricoles n’avaient pas droit à ce crédit. «Il n’y a rien eu de malhonnête, c’est juste que les lois fiscales sont tellement complexes…», commente monsieur Hébert. Le crédit d’impôt, «on a mis un X dessus, le dossier est clos», précise l’homme d’affaires.

«On est ailleurs maintenant, a déclaré Jean D’Amour en réponse à la question de Pêche Impact. On parle de 2 millions $. Ça vient harmoniser les choses […]. Cette situation de précarité, je ne veux plus qu’on la vive. Il y a une entreprise, elle est là pour longtemps et on va être là pour la soutenir.»

En 2014 et en 2015, l’écloserie n’a pas produit de naissain de pétoncle, sa fonction première. «Concrètement, ç’a été un trou de deux ans dans la production. On a importé du naissain et on a géré la mise en marché du pétoncle en conséquence. Il y a eu beaucoup de jonglage, de stress, mais on a pris les bonnes décisions», estime monsieur Hébert.

«Pour garder la main-d’œuvre qualifiée, on a lancé un projet de diversification avec les plantules d’algues. On repart avec des livres et un bilan très sains et, maintenant, on peut produire plus d’une espèce», dit le président.

Par ailleurs, le Regroupement des mariculteurs du Québec continuera de demander des programmes de soutien à la mariculture, indique monsieur Hébert. Parmi les mesures possibles, le crédit d’impôt est «le plus simple», estime-t-il. Les mariculteurs n’auraient pas besoin d’attendre l’analyse par des fonctionnaires de leur demande de prêt ou de subvention, pas nécessairement accordée en bout de ligne, dit monsieur Hébert. «Il n’y a pas beaucoup de professionnels pour analyser les demandes, ce n’est pas hyper-rapide.» Dans le cas d’un crédit d’impôt, l’entreprise injecte la majeure partie de l’argent investi, ce qui garantit le sérieux des projets, ajoute le président.

Questionné par Pêche Impact, le ministre D’Amour ne s’est pas engagé à élargir le crédit à l’investissement au secteur de la mariculture, mais a déclaré qu’il «souhaite être à ce rendez-vous-là».

Fermes marines employait huit personnes au cours de la dernière année, vu ses activités réduites. Il aura besoin de douze employés lors du retour à la normale, soit huit à l’écloserie de Newport et quatre à Gaspé pour l’élevage.

L’entreprise prévoit ajouter, au terme des investissements de 2,5 M$, quatre personnes pour s’occuper des plantules d’algues et trois sur un second navire.

Monsieur Hébert souhaite toujours établir une usine de transformation de ses produits, pétoncles et algues. Il vise l’année 2019 pour cette étape qui ajouterait 12 à 15 personnes supplémentaires à l’équipe.

L’entreprise fournit le marché québécois en pétoncle frais, surtout les restaurants haut de gamme.

APPUI FINANCIER – page 23 – Volume 28,6 – Décembre 2015 – Janvier 2016

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À propos de l'auteur : 

Geneviève Gélinas

Geneviève Gélinas travaille comme journaliste pour Graffici et à la pige principalement pour Le Soleil et The Spec. Elle se fait un plaisir de plonger dans le monde des pêches et de l’aquaculture plusieurs fois par année pour le compte de Pêche Impact. Elle s’est fixée à Gaspé pour de bon en 2002, après des études à l’Université de Montréal où elle a complété un certificat en journalisme et un baccalauréat en musique. Née et élevée à Yamachiche en Mauricie, rien ne la destinait à faire sa vie en Gaspésie, sinon des racines à Mont-Louis côté maternel. Elle a débarqué ses bagages à Gaspé, en 2002, et ne les a plus refaits depuis, sinon pour voyager avec son conjoint et leurs deux jeunes Gaspésiens, de souche ceux-là!

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