Une saison satisfaisante pour les crabiers de la zone 16

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La pêche au crabe des neiges s’est faite rapidement cette année dans la zone 16 de la Moyenne-Côte-Nord. «Je n’ai jamais-vu une pêche aussi rapide», affirme le président du regroupement des pêcheurs. Les pêcheurs de la Côte-Nord craignaient-ils des fermetures de zones pour protéger les baleines, avant d’avoir capturé toutes leurs lucratives prises ? «Non! On ne voit jamais de baleines noires dans nos eaux de la Côte-Nord pendant la saison de pêche au crabe des neiges», assure Paolo Gionet, le président de l’Office des pêcheurs de crabe des neiges de la zone 16. SIGNES D’ABONDANCE Après seulement trois semaines en début de saison, 50 % des quotas étaient déjà capturés dans la vaste zone 16 s’étendant de Natashquan à Pointe-des-Monts. «Il y a du crabe en abondance ici. Dès l’ouverture, les rendements étaient bons cette saison. Mes collègues pêcheurs traditionnels me disent qu’ils remettent à l’eau beaucoup de jeunes crabes. Il y a de la relève. La ressource crabe est en bonne santé sur la Côte-Nord. On voit bien qu’il y aura une belle reprise dans 2 ou 3 ans dans la zone 16. Il faut seulement respecter le cycle de reproduction», constate Paolo Gionet. Les pêcheurs de cette zone profitent d’un statuquo pour les captures en 2018, après deux baisses consécutives. Les captures se répartissent assez également sur ce territoire, grâce à des pêcheurs basés dans différentes communautés. Le cycle de 8 à 10 ans de croissance des stocks de crabe des neiges, rend les rendements plus évidents dans les eaux plus à l’Ouest pour 2018. Les pêcheurs de l’Est de la zone 16 comme ceux de Natashquan, ont aussi complété leur saison sans difficulté. «Nos inquiétudes se confirment concernant le crabe des neiges dans les environs de la rivière Romaine en Minganie, où Hydro-Québec complète la construction de quatre centrales hydroélectriques. Nos pêcheurs habitués de naviguer entre Havre-Saint-Pierre et Magpie ont toujours craint l’impact des chantiers Romaine. On le voit bien cette année, qu’il y a des déplacements de la ressource. C’est vrai aussi pour le bourgot», prétend le président de l’Office des pêcheurs de crabe des neiges de la zone 16. Les pêcheurs ont amorcé la saison avec une entente satisfaisante avec l’Association québécoise des industriels de la pêche (AQIP) représentant les propriétaires d’usines de transformation. Ils ont reçu 4,80 $ la livre. Un ajustement est prévu en fin de saison en fonction du prix réel sur le marché international. Les pêcheurs de la Côte-Nord espèrent recevoir 5,50 $ la livre pour leurs captures 2018 comme leurs collègues de la Gaspésie. «On apprécie cette entente qui nous permet d’éviter de retourner encore devant la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec, comme ce fut le cas trop souvent dans le passé. Pour l’Office des pêcheurs, ça fait une bonne différence d’avoir embauché un directeur général qui gère les relations avec les propriétaires d’usines et la négociation avec l’AQIP sur le prix au débarquement. Ça permet aux pêcheurs de mettre l’accent sur leur métier et de capturer le crabe des neiges en toute sécurité, sans tracasseries administratives», soutient Paolo Gionet. PÊCHEUR INNU INDÉPENDANT Pour sa part, Norbert Fontaine est devenu le premier Innu à se lancer dans les pêcheries de façon indépendante. Les Autochtones sont très présents dans l’industrie de la pêche sur la Côte-Nord, mais toujours avec des entreprises contrôlées par des conseils de bande, comme l’Agence AMIK qui réalise des activités de pêche et de recherche pour 6 communautés autochtones ou l’usine UMEK qui transforme le crabe des neiges des Innus à Sept-Îles. Norbert Fontaine a payé cinq millions de dollars en début de saison à un pêcheur de Baie-Trinité, pour acheter un bateau et un des 39 permis traditionnels de crabe des neiges dans la zone 16. Sa nouvelle entreprise familiale possède aussi des permis de pêche pour d’autres espèces et projette d’investir en aquaculture. «On complète une magnifique première saison. Le crabe des neiges était au rendez-vous. C’est une ressource stable. On peut compter sur des revenus réguliers chaque année. Ma nouvelle entreprise, c’est d’abord pour mes trois fils. Mon aîné sera diplômé capitaine au printemps prochain», affirme fièrement Norbert Fontaine. L’homme d’affaires innu a été le premier capitaine de bateau autochtone diplômé au Québec en 1996. Il a fondé pour le conseil de bande d’Uashat mak Mani-Utenam l’entreprise Pêcheries Uapan en 2005. SOLIDARITÉ AVEC LA GASPÉSIE Les pêcheurs de la Côte-Nord n’ont pas été touchés par la crise qui a frappé la Gaspésie, où des zones de pêche ont été fermées pour protéger les baleines. Le président du regroupement des pêcheurs précise que les baleines noires ne fréquentent pas les zones au nord d’Anticosti pendant la saison de crabe qui se termine autour de la Saint-Jean-Baptiste dans la région. «Nous sommes solidaires avec les pêcheurs de la rive Sud confrontés à des fermetures de zones. On peut même contribuer à un fonds de solidarité s’ils ont besoin», annonce le président de l’Office des pêcheurs de crabe de la Moyenne-Côte-Nord, Paolo Gionet. D’autres sortes de mammifères marins, dont les rorquals à bosse et les baleines bleues aussi en péril dans le Saint-Laurent, se nourrissent sur la Côte-Nord au printemps. Les nouvelles règles imposées cette année par le ministre Dominic LeBlanc concernent seulement la protection des baleines noires, dont les nombreux décès en 2017 ont été beaucoup médiatisés. Selon l’écologiste de Sept-Îles Jacques Gélineau, la majorité des baleines observées sur la Côte-Nord montrent des signes de blessures et d’empêtrement avec des engins de pêche. Il fait pression sur le MPO pour étendre les mesures de protection à la Côte-Nord. «Les pêcheurs de la Côte-Nord devront contribuer au mouvement pour la protection des espèces de mammifères marins en péril. Ils ont des pratiques à changer et ils le savent très bien», affirme-t-il. «La cohabitation entre l’industrie de la pêche sur la Côte-Nord et les baleines est plus harmonieuse», croit pourtant le   directeur de Pêcheries Uapan, Yan Tremblay. L’entreprise opère plusieurs permis de capture de diverses espèces en Moyenne-Côte-Nord. «Les baleines se pointent plus tard au nord d’Anticosti. Leur comportement pour s’alimenter est différent», précise-t-il. «Nous sommes intervenus en début de saison auprès des gestionnaires du ministère fédéral des Pêches pour maintenir nos pratiques sécuritaires pour faire notre travail. Il est inévitable d’avoir des cordages solides pour attacher les casiers. Le problème des baleines et des engins de pêche ne concerne pas les pratiques actuelles des pêcheurs. Il flotte beaucoup de vieux cordages et même des cages perdues dans le passé. Ça traine dans les eaux du Saint-Laurent longtemps et devient invisible pour les grands mammifères», croit le président de l’Office des pêcheurs Paolo Gionet. UNE TAXE TRUMP? Ce dernier est surtout préoccupé par la menace d’une nouvelle taxe américaine sur les produits de la mer du Québec. «Tous nos produits transitent sur le marché à Boston. Le crabe des neiges du Québec y est toujours en demande. Mais la mena-ce du président Trump de taxer davantage pourrait déstabiliser notre industrie, calcule Paolo Gionet. Le porte-parole des crabiers de la Côte-Nord comprend aussi les problèmes grandissants de recrutement de la main-d’œuvre pour les usines de transformation. Selon Paolo Gionet, il s’agit d’emplois saisonniers en usine et sur les quais, malheureusement peu valorisés. Il affirme que les pêcheurs sont prêts à s’asseoir avec les propriétaires d’usines pour aider l’industrie à garder ses travailleurs, grâce à un programme d’assurance-emploi plus adéquat et de la formation. Les capitaines propriétaires de bateau de pêche vivent le même problème avec les hommes de pont. «Il faut garder notre monde dans l’industrie. Ce sont des métiers qui demandent des compétences et qui méritent que les gens obtiennent des revenus permettant d’en vivre toute l’année», conclut Paolo Gionet, qui y voit un des grands défis à venir dans l’industrie des pêches sur la Côte-Nord. Le gouvernement du Canada exige plus de semaines de travail pour se qualifier et offre moins de prestations en assurance-emploi pour les Nord-Côtiers vivant dans les villes et villages entre Tadoussac et Sept-Îles, ce qui crée un trou noir de revenus pendant l’hiver pour les travailleurs saisonniers. LA MOYENNE-CÔTE-NORD – page 12 – Volume 31,3 – Juin-Juillet-Aout 2018

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À propos de l'auteur : 

Jean St-Pierre

Jean St-Pierre œuvre dans le domaine des communications depuis 1983, d’abord dans son Saguenay natal, puis à Havre-Saint-Pierre et à Sept-Îles. Il a travaillé comme animateur et journaliste, notamment au Nord-Est, à CILE-MF et Pur FM 94. Jean agit comme correspondant à Pêche Impact en Côte-Nord, depuis plusieurs années.

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