Colloque sur la sécurité des bateaux de pêche : le prix annuel au capitaine Yvan Cloutier

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L’équipage du capitaine Yvan Cloutier, un crabier de Sept-Îles, connaissait ses procédures d’urgence sur le bout des doigts : ses marins les pratiquaient chaque début de saison. Cette assiduité a valu au capitaine Cloutier le Prix annuel du Comité permanent sur la sécurité des bateaux de pêche du Québec   (CPSBPQ). Plus important, elle a peut-être sauvé la vie de ses cinq membres d’équipage quand un incendie s’est déclaré sur le navire le 21 juin 2016.

Le CPSBPQ tenait son colloque les 8, 9 et 10 février à l’Hôtel Rimouski. Il a attiré 225 personnes, dont plus de la moitié de pêcheurs.

Yvan Cloutier «a été mis en nomination par plusieurs personnes parce qu’il a été très proactif en matière d’exercices», explique Robert Fecteau, gestionnaire de sécurité maritime à Transports Canada et vice-président du Comité. «Il exigeait annuellement des exercices pratiques de son équipage, avec habit d’immersion. Il fallait sauter à l’eau, embarquer dans le canot rigide. Tout le monde à bord avait des procédures écrites. Personne n’a paniqué, tout le monde a accompli ses tâches telles que pratiquées. Tout s’est fait dans les règles de l’art, l’appel de détresse, l’évacuation. À cause de son leadership, monsieur Cloutier a sauvé ses membres d’équipage. Parce qu’en cas de feu sur navire de fibre de verre, il ne faut pas perdre de temps», poursuit monsieur Fecteau.

La récompense arrive alors que le nouveau Règlement sur la sécurité des bateaux de pêche entrera en vigueur le 13 juillet 2017. Il remplacera le Règlement sur l’inspection des petits bateaux de pêche, édicté il y a plus de 40 ans et devenu désuet. Monsieur Cloutier était en avance sur bien des mesures de sécurité qui deviennent obligatoires. C’est le cas de beaucoup de pêcheurs québécois, insiste Marc Doucet, un crabier de Rimouski président du Comité. «Une bonne partie de la flotte québécoise est déjà conforme», dit-il.

RÈGLEMENT

Dorénavant, l’équipage devra tenir des exercices pour pratiquer les mesures d’urgence et en consigner les détails dans un dossier. La fréquence des exercices n’est pas spécifiée, mais devra être suffisante «pour que l’équipage soit capable d’effectuer les procédures en tout temps», indique le règlement.

Le nouveau règlement promulgue certaines interdictions, comme celle d’utiliser un bateau si les conditions environnementales peuvent compromettre la sécurité des personnes à bord, sauf si elles portent des gilets de sauvetage. Auparavant, «il n’y avait pas d’interdiction de la sorte. Cette interdiction donne l’obligation au capitaine de faire porter une veste de flottaison individuelle ou un gilet de sauvetage si les conditions météo ne sont pas bonnes. C’est une approche où on laisse son jugement au capitaine», explique monsieur Fecteau.

Les petits bateaux feront face à davantage d’exigences quant à l’équipement de sécurité. «Sous l’ancien règlement, des navires de plus ou moins 12 m pouvaient naviguer jusqu’à 20 milles au large avec seulement des gilets de sauvetage. Advenant l’abandon du navire, l’équipage n’avait pas de façon de se protéger contre l’hypothermie», rappelle monsieur Fecteau. Maintenant, selon sa longueur et les risques auxquels il est exposé, le navire devra se doter d’engins de sauvetage.

Le règlement contient aussi des exigences nouvelles sur la stabilité : «Beaucoup d’accidents qui ont causé des pertes de vie au cours des 30 dernières années étaient dus à des problèmes de stabilité. Notre règlement était désuet là-dessus. Seulement quelques navires devaient faire faire une évaluation de stabilité. Au Québec, les bonnes pratiques des constructeurs et des pêcheurs font que la plupart des bateaux de plus de 15 tonneaux ont des données de stabilité. Maintenant, il y aura des exigences pour tous les bateaux de pêches, qu’ils fassent de 6 m à 9 m ou de 9 m à 24 m, et qu’ils soient des navires neufs ou usagés. Les navires existants bénéficieront de lignes directrices pour démontrer leur stabilité», dit monsieur Fecteau.

Le nouveau règlement «est bien accueilli parce que les pêcheurs sont soucieux de leur sécurité. Ils ont une bonne culture de sécurité, ils sont bien informés de la réglementation. L’industrie est prête à prendre ce tournant», estime monsieur Fecteau.

MENTALITÉ

Les mentalités changent, observe Marc Doucet, fils de crabier qui lui-même en est à sa douzième saison de pêche. Auparavant, les pêcheurs se conformaient aux exigences de sécurité parce qu’ils y étaient obligés, dit-il. «Le matériel, du moment que tu l’avais à bord, tu étais en loi, que tu saches t’en servir ou non. Mais depuis sept ou huit ans, les gars sont plus prévoyants. Ils font des exercices. Il y a eu des pertes de vie. Il y a eu des accidents où certains s’en sont sortis mieux que d’autres. Les pêcheurs sont plus sensibilisés.»

Selon monsieur Doucet, la tenue de réunions et de colloques sur la sécurité a aidé à sensibiliser tant les capitaines que les hommes de pont.

ATELIERS

Le salon tenu en marge du colloque rassemblait une trentaine d’exposants, des entreprises de mécanique marine ou d’équipements de pêche et des institutions. Six ateliers étaient offerts aux parti-cipants, en plus des panels de discussion et présentations.

L’atelier «Un homme à la mer» s’est déroulé dans la piscine de l’hôtel. «Le nouveau règlement exige pour tous les bateaux de pêche un système pour rembarquer quelqu’un à bord sans son aide. Avec l’aide d’un fournisseur, on a fait une démonstration en piscine», indique Robert Fecteau.

Les organisateurs du colloque offraient aussi l’atelier «Pêche et tourisme : comment demeurer légal». L’atelier a dû être annulé faute d’un nombre suffisant d’inscriptions, mais le sujet demeure pertinent, alors que les adeptes de la pêche sportive au thon rouge ou au bar rayé se multiplient, notamment en Gaspésie. Plusieurs pêcheurs sont tentés d’étirer leurs revenus en offrant de la pêche au large aux touristes. Sauf que ça ne s’improvise pas. Lorsqu’un pêcheur transporte une personne qui n’est pas un membre d’équipage, les exigences changent. Le capitaine doit vérifier, entre autres, quels sont les brevets et l’équipement de sécurité nécessaires, ainsi que les normes de construction des bateaux.

L’inspecteur Michel Castonguay de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), qui est aussi vice-président du Comité, a présenté la nouvelle mouture du Guide Santé et sécurité à bord des bateaux de pêche, un document de 50 pages publié par la CNESST, agrémenté de dessins et de tableaux. La dernière version datait d’il y a dix ans et des ajustements étaient nécessaires, notamment sur la question des chutes par-dessus bord, des accidents survenus à trois reprises au Québec de 2010 à 2015.

Le CPSBPQ continuera de tenir un colloque aux deux ans et une réunion tous les ans. Il espère aussi se doter d’un employé permanent. «Ça nous permettrait d’être plus présents dans le milieu à longueur d’année, de faire des représentations au fédéral et au provincial pour promouvoir la culture de la sécurité. On pourrait faire la veille de ce qui se passe dans le monde et diffuser ce qui se passe au Québec», indique monsieur Castonguay.

SÉCURITÉ À BORD DES NAVIRES – page 5 – Volume 30,1 – Février-Mars 2017

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À propos de l'auteur : 

Geneviève Gélinas

Geneviève Gélinas travaille comme journaliste pour Graffici et à la pige principalement pour Le Soleil et The Spec. Elle se fait un plaisir de plonger dans le monde des pêches et de l’aquaculture plusieurs fois par année pour le compte de Pêche Impact. Elle s’est fixée à Gaspé pour de bon en 2002, après des études à l’Université de Montréal où elle a complété un certificat en journalisme et un baccalauréat en musique. Née et élevée à Yamachiche en Mauricie, rien ne la destinait à faire sa vie en Gaspésie, sinon des racines à Mont-Louis côté maternel. Elle a débarqué ses bagages à Gaspé, en 2002, et ne les a plus refaits depuis, sinon pour voyager avec son conjoint et leurs deux jeunes Gaspésiens, de souche ceux-là!

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