Échouage du JONEVE : la Garde côtière sera mieux équipée en 2020

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Le crevettier JONEVE, qui s’est échoué à Rivière-au-Renard le 14 avril, finira démantelé et recyclé en pièces détachées. Cet accident a déclenché un débat sur les services de la Garde côtière canadienne, qui s’est engagée à déployer un plus gros bateau de recherche et sauvetage dans le secteur dès 2020.

Le 14 avril au matin, le crevettier JONEVE, appartenant à la communauté de Gesgapegiag, a subi un bris de gouvernail au large de Port-Cartier. Le capitaine du crevettier JD CAROLINE KRISTINE, Martin Paré, l’a alors remorqué jusqu’à l’entrée du port de Rivière-au-Renard, où les câbles de remorquage ont cassé. Le JONEVE a dérivé et s’est échoué sur les rochers. L’équipage de quatre hommes a été secoué par le vent et les vagues pendant quatre heures avant d’être évacué par un hélicoptère de la Défense nationale.

C’est seulement quand les câbles ont cassé que le bateau de la Garde côtière, le NGCC Cap d’Espoir, a quitté l’abri du port dans l’intention de lancer un nouveau câble au JONEVE. Il n’y est pas arrivé, et la coque du Cap d’Espoir a raclé les rochers deux fois, endommageant sa coque et l’obligeant à retourner au quai.

Le Cap d’Espoir, une vedette de recherche et sauvetage, mesure 14,7 mètres. Pour son capitaine, Herman Synnott, qui est dans le milieu de la pêche depuis 60 ans, le bateau «a l’air d’un maringouin» à côté des crevettiers du secteur, qui font en moyenne 20 à 24 mètres. «C’en est ridicule», renchérit le capitaine du JONEVE, Pierrot Dupuis, qui a 49 ans d’expérience.

Les pêcheurs de Rivière-au-Renard demandent un bateau plus adéquat à la Garde côtière depuis «facilement 20 ans», mentionne M. Synnott. «Chaque fois qu’un bateau de pêche est en panne, la Garde côtière a toujours un problème de manque de force, de manque de carburant [donc un manque d’autonomie] ou il y a trop de vent.»

«Il n’y a pas eu de perte de vie. On a été chanceux. Mais il aurait pu y en avoir», dit M. Synnott.

Les capitaines auraient aimé que le Cap d’Espoir sorte de l’abri du port avant, pour garantir la manœuvre de remorquage en s’attachant à l’arrière du JONEVE.

Le responsable régional du sauvetage maritime à la Garde côtière, Stacy Dufour, indique que l’équipage du Cap d’Espoir s’apprêtait à sortir du port quand les câbles ont cassé. Le JONEVE était alors à seulement 30 mètres du quai.

UN NOUVEAU BATEAU DE SAUVETAGE

Le Chantier naval Forillon est en train de construire six des futurs navires de recherche et sauvetage de la Garde côtière, qui mesurent 19,5 mètres de long et 6,9 mètres de large, comparativement à 14,7 mètres et 4,3 mètres pour le Cap d’Espoir.

«On a comme objectif, en 2020, de positionner une de ces unités à Rivière-au-Renard», indique Stacy Dufour. «Ça avait déjà été annoncé», ajoute-t-il, sous-entendant que ça n’a rien à voir avec l’échouage du JONEVE. En attendant le nouveau navire, le Cap d’Espoir est «une unité adéquate pour répondre aux besoins», estime M. Dufour.

«Pour stabiliser des situations qui risquent de s’envenimer, on va faire du remorquage, mais notre mission première est de sauver des vies. Si un navire a besoin d’un remorquage, on va demander à un bon samaritain ou à une compagnie privée de répondre à la demande», dit M. Dufour. Cette façon de procéder restera la même avec un nouveau navire, indique-t-il.

Hubert Desgagnés, un officier retraité de la Garde côtière, suit l’évolution de la flotte de son ancien employeur. Les mensurations gonflées du nouveau navire n’en feront pas un remorqueur, explique-t-il. «Le nouveau bateau étant plus gros et plus lourd, ça va augmenter légèrement sa capacité de remorquage. Mais le but est d’aller vite, pour aller sauver des gens. Tandis qu’un remorqueur, par définition, c’est lent.»

Herman Synnott espère que la Garde côtière respectera son engagement de baser un nouveau bateau à Rivière-au-Renard dès 2020 et ne le repoussera pas indéfiniment. «Une autre responsabilité, c’est de former leur personnel pour faire de la recherche et sauvetage. Ils sont mal formés et mal équipés. Ce n’est pas un blâme envers les employés. C’est la responsabilité de la direction de la Garde côtière de former ses employés», ajoute M. Synnott.

L’Atelier de soudure Gilles Aspirault, de Rivière-au-Renard, a racheté le JONEVE. Pour Mathieu Bernier, propriétaire associé de l’entreprise, le navire n’était récupérable d’aucune façon. Le 1er mai, des bulldozers ont donc tiré le crevettier plus haut sur la berge. Le jour même, des travailleurs ont entamé le démantèlement, tâche qui doit durer d’une à deux semaines. Les morceaux seront ensuite recyclés ou vendus à la pièce.

RECHERCHE ET SAUVETAGE – page 33 – Volume 31,2 – Avril-Mai 2018

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À propos de l'auteur : 

Geneviève Gélinas

Geneviève Gélinas travaille comme journaliste pour Graffici et à la pige principalement pour Le Soleil et The Spec. Elle se fait un plaisir de plonger dans le monde des pêches et de l’aquaculture plusieurs fois par année pour le compte de Pêche Impact. Elle s’est fixée à Gaspé pour de bon en 2002, après des études à l’Université de Montréal où elle a complété un certificat en journalisme et un baccalauréat en musique. Née et élevée à Yamachiche en Mauricie, rien ne la destinait à faire sa vie en Gaspésie, sinon des racines à Mont-Louis côté maternel. Elle a débarqué ses bagages à Gaspé, en 2002, et ne les a plus refaits depuis, sinon pour voyager avec son conjoint et leurs deux jeunes Gaspésiens, de souche ceux-là!

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