Hausse des prises de homard en Gaspésie : d’autres bonnes années en vue

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Les mesures de conservation appliquées au homard ne sont pas les seules responsables de l’explosion des stocks en Gaspésie, estime Benoît Bruneau, biologiste chez Pêches et Océans Canada. Des changements dans l’environnement du crustacé ont aussi un rôle à jouer dans la hausse des prises, multipliées par deux en Gaspésie, depuis cinq ans.

En Gaspésie, 1 802 tonnes de homard ont été débarquées en 2015. C’est deux fois plus qu’en 2011 et le double de la moyenne des 25 dernières années (1990-2014). Les prises dans la zone 19 (côté nord de la Gaspésie) et dans la zone 20 (de Bonaventure à la pointe du parc Forillon) ont d’ailleurs atteint un record historique l’an dernier.

C’est dans les zones 19 et 21 (en amont de Bonaventure) que la hausse est la plus fulgurante. Les captures de 2015 y ont été trois à quatre fois plus élevées que celles de 2011 et que les moyennes historiques.

Depuis les années 1990, les homardiers gaspésiens ont adopté de nombreuses mesures de conservation. Ils ont accepté d’augmenter la taille minimale de capture de 76 à 82 millimètres (largeur du céphalo-thorax). Ils ont réduit le nombre de leurs casiers de 250 à 235 par pêcheur. Des permis ont aussi été rachetés, au nombre de 46 entre 2003 et 2013.

L’augmentation de la taille minimale a été particulièrement bénéfique puisqu’elle a fait grimper la quantité d’œufs produite, souligne monsieur Bruneau, qui travaille à l’Institut Maurice-Lamontagne de Mont-Joli. «À 76 millimètres, le homard n’avait pas le temps de se reproduire qu’il était déjà pêché. Maintenant, la grande majorité des homards peuvent se reproduire. Il y a eu un gros boum de recrutement. En 2011, les pêcheurs me disaient : «Je n’ai jamais vu autant de petits homards dans mes casiers.»

«Mais même dans les régions de l’est où il n’y a pas eu tant de mesures de conservation, il y a de bonnes hausses», ajoute monsieur Bruneau. Cela fait dire aux scientifiques que l’environnement du homard change de manière à lui donner un coup de pouce.

Quels sont ces changements? Plusieurs facteurs sont en cause et restent à étudier, avertit monsieur Bruneau. Il s’avance à dire que la hausse de la température de l’eau «peut avoir une incidence favorable sur le développement des larves. Elles grandissent plus vite, se déposent donc plus tôt sur le fond. Plus tôt elles se déposent, plus tôt elles peuvent se cacher des prédateurs.».

Les larves en bas âge sont dans la colonne d’eau, à la merci des courants. «Une fois au fond, en phase cryptique, c’est le premier moment où la mortalité diminue, indique monsieur Bruneau. Le homard peut nager de façon active pour éviter certains prédateurs. Ça entraine une meilleure survie.»

Les scientifiques observent un mouvement vers le nord dans la distribution du homard. «Dans la partie sud de l’aire de répartition, comme au Cap Hatteras, en Caroline du Nord, les conditions sont moins favorables : il y a moins de homards. Dans la partie nord, comme en Gaspésie, c’est plus favorable : il y a plus de homards», illustre le biologiste.

Ces changements n’ont rien à voir avec une quelconque migration du homard, insiste monsieur Bruneau. Ce sont les populations en place qui prospèrent, et non des individus d’une zone qui voyagent vers une autre.

La preuve, c’est que la taille des homards à maturité sexuelle demeure la même dans chacune des zones, explique le biologiste. Le homard de l’Île-du-Prince-Édouard atteint la maturité sexuelle autour de 72 ou 73 millimètres. Celui des Îles-de-la-Madeleine y arrive plutôt à 82 ou 83 millimètres. «S’il y avait un mélange, je le verrais dans les structures de taille.»

La pêche devrait continuer à être bonne, estime monsieur Bruneau. «Il y a un pic de recrutement qui entre dans la pêche en 2016 et le reste arrive en 2017. Les prises devraient rester à des niveaux élevés.»

Le biologiste met un bémol. «Dans la zone 20, la pêche au homard reste une pêche de recrutement. C’est caractérisé par le fait que la majorité des individus capturés sont ceux qui entrent dans la pêche. S’il y avait un mauvais recrutement une année, il y aurait un gros impact sur les finances des pêcheurs. Les sciences considèrent que, malgré les bons résultats, il faut continuer à réduire l’effort de pêche et diversifier la taille du homard pêché. Il faut pouvoir laisser davantage de homards sur le fond, réduire le taux d’exploitation.»

BIOLOGIE – page 10 – Volume 29,2 – Avril-Mai 2016

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À propos de l'auteur : 

Geneviève Gélinas

Geneviève Gélinas travaille comme journaliste pour Graffici et à la pige principalement pour Le Soleil et The Spec. Elle se fait un plaisir de plonger dans le monde des pêches et de l’aquaculture plusieurs fois par année pour le compte de Pêche Impact. Elle s’est fixée à Gaspé pour de bon en 2002, après des études à l’Université de Montréal où elle a complété un certificat en journalisme et un baccalauréat en musique. Née et élevée à Yamachiche en Mauricie, rien ne la destinait à faire sa vie en Gaspésie, sinon des racines à Mont-Louis côté maternel. Elle a débarqué ses bagages à Gaspé, en 2002, et ne les a plus refaits depuis, sinon pour voyager avec son conjoint et leurs deux jeunes Gaspésiens, de souche ceux-là!

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