Les efforts pour la mise en marché de produits du phoque sont de plus en plus palpables

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SeaDNA a gagné son pari visant la création d’une demande pour les produits du phoque. Depuis le début de ses activités, en mars 2016, elle a mis sur pied un réseau de distribution de viande qui approvisionne plus de 50 restaurants au pays. Un de ces restaurants de Toronto, le Ku-kum Kitchen, a notamment fait l’objet d’une pétition, cet automne, appelant au retrait de cette viande de son menu.

Or, selon la directrice des ventes de SeaDNA, Romy Vaugeois, son chef, Joseph Shawana, a plutôt choisi d’en ajouter. «Aux dernières nouvelles c’était très positif pour lui; il n’y avait plus de place jusqu’après les Fêtes! Et, il a rajouté un plat. Il sert maintenant tant le tataki que le tartare. Donc, c’est encourageant!»

De plus, SeaDNA exporte de l’huile de phoque du Groenland riche en oméga-3 et de la viande de loup-marin séchée, appelée jerky, en Corée du Sud, où l’entreprise a développé un système de vente en ligne. «C’est un produit, autant en Corée qu’au Canada, pour lequel il faut expliquer aux gens la différence avec l’huile d’oméga-3 de poisson, précise Mme Vaugeois. Donc, ça prend quand même un certain temps à développer le marché. Mais, jusqu’à présent, ça va bien et c’est encourageant.»

D’ailleurs, la directrice des ventes de SeaDNA dresse également un bilan positif de sa participation à la mission commerciale du premier ministre Couillard en Chine, à la fin janvier. Romy Vaugeois y a signé une entente de partenariat avec une entreprise de distribution de Pékin. Cela va lui permettre d’écouler ses produits d’huile de phoque directement sur le marché chinois, plutôt que par le commerce en ligne.

«Ça prend une licence spéciale pour pouvoir distribuer des produits de santé en Chine; ce qui est quand même complexe à enregistrer, explique-t-elle. Donc, ce serait eux qui auraient le droit d’import et qui pourraient faciliter la distribution de nos produits dans les pharmacies et les épiceries chinoises.»

En fait, le partenaire chinois de SeaDNA est toujours en démarche pour enregistrer cette licence de santé nécessaire à l’importation des gélules d’huile de loup-marin, précise Mme Vaugeois. «C’est un processus qui pourrait prendre quelques mois encore», dit-elle.

Son entreprise, formée d’une alliance entre Mirvest International et la Boucherie Côte à Côte, de Cap-aux-Meules, travaille aussi en partenariat avec l’entreprise terre-neuvienne Carino, pour traiter la viande de phoque et extraire une huile de première pression. Cette huile est ensuite raffinée, encapsulée et embouteillée dans d’autres usines du pays, réglementées par Santé Canada, avant sa mise en marché.

TOTAL OCÉAN

De leur côté, Total Océan et son directeur général, Claude Thériault, ont, d’un commun accord, mis fin au contrat qui les liait, à la fin décembre. Elle-même orientée vers la production d’une huile riche en oméga-3 tirée de la graisse de phoques gris, l’entreprise est toujours en attente d’une importante subvention de la part du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) pour démarrer ses activités. Or, son vice-président, François Gaulin, explique que, dans l’intervalle, elle veut limiter ses dépenses au strict minimum, d’où la fin du contrat de M. Thériault.

C’est que Total Océan doit d’abord obtenir le feu vert du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques, avant le décaissement du MAPAQ. M. Gaulin affirme que les signaux qu’il reçoit sont positifs. «Selon ce qu’on en sait du dossier, un : le dossier est complet, dit-il. Les sept points, finalement, auxquels on a répondu, on attend simplement la confirmation. Et, selon les sources, ils seraient prêts à émettre le permis.»

Ainsi, Total Océan espère débuter la production de son usine située sur la pointe de Havre-aux-Maisons dès le mois de mars. La valorisation industrielle du gras de loup-marin se fera au rythme des arrivages, qui devront respecter des protocoles de collecte bien précis pour en prévenir l’oxydation et en assurer une qualité optimale, précise François Gaulin.

La nouvelle entreprise, qui sera créatrice d’une vingtaine d’emplois saisonniers, compte deux chasseurs, Denis Éloquin et Bruno-Pierre Bourque, au nombre de ses actionnaires. L’instigateur du projet de 3,5 millions $, Claude Thériault, en demeure un des actionnaires privilégiés.

RETRAITE PIERRE-YVES DAOUST

Enfin, notons que le réputé vétérinaire Pierre-Yves Daoust, qui a notamment participé aux nécropsies de baleines noires aux Îles-de-la-Madeleine cet été, veut se libérer de ses tâches administratives à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard, afin d’aller plus souvent sur le terrain pour documenter les mammifères marins, en particulier le phoque gris. Ce spécialiste en pathologie de la faune précise toutefois qu’il reste actif dans la formation de la relève à titre de professeur associé.

Mais il explique qu’il veut avant tout consacrer plus de temps à ses travaux de recherche en soutien au développement de l’industrie du loup-marin, afin de contrecarrer la désinformation des groupes abolitionnistes. «Pour pouvoir fournir autant d’informations objectives que possible aux chasseurs de phoque, pour vraiment aider l’industrie à maintenir une industrie professionnelle et à maintenir la qualité de leurs produits», explique M. Daoust.

Le scientifique était d’ailleurs dans l’archipel, à la mi-janvier, pour prendre des échantillons dans le cadre de la chasse aux phoques gris afin de poursuivre ses analyses sur la présence de contaminants dans les muscles et le foie des animaux. Ces travaux sont menés pour le compte de l’Association des chasseurs de phoque intra-Québec, que dirige Gil Thériault. «Comme Pierre-Yves Daoust le dit lui-même, c’est du travail en amont, parce qu’on veut justement prendre les devants. On ne veut pas arriver et puis se faire prendre avec des choses qu’on ne sait pas. Donc, on essaie d’en savoir le plus possible sur l’animal et puis, comme ça, d’éviter qu’on ait trop de critiques sur notre travail», précise le porte-parole des chasseurs.

C’est à Terre-Neuve, en 1999, que le vétérinaire d’origine québécoise a commencé à s’intéresser aux différents aspects de la chasse au phoque, dont le bien-être animal, les méthodes d’abattage et la qualité des produits qui en sont issus. Dès l’année suivante, il a commencé à tisser des liens professionnels et d’amitié avec les Madelinots.

REPÈRE – page 29 – Volume 31,1 – Février-Mars 2018

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À propos de l'auteur : 

Hélène Fauteux
hfauteux@hotmail.com'

Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.

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