Les hausses record de captures de homard ne passent pas inaperçues

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Jean-Sébastien Vacher pêche le homard depuis 10 ans sur la Côte-Nord. Il a bien vu la hausse vertigineuse du succès de pêche depuis 2016. Le pêcheur de Port-Cartier reste quand même prudent avec les statistiques. Jean-Sébastien Vacher a confiance pour l’avenir de la pêche du homard dans la région, mais n’ajouterait pas de permis trop rapidement. «Il n’y a pas beaucoup de données. Le succès de pêche a surtout augmenté parce que l’effort de pêche a augmenté», explique le pêcheur qui a exploité un des premiers permis de homard de la région, à Baie-Johan-Beetz près de Havre-Saint-Pierre.On ne peut nier qu’il y a une plus grande présence de homard sur la Côte-Nord. La hausse de la température de l’eau dans le golfe du Saint-Laurent est documentée et l’impact sur certaines espèces marines aussi. Les scientifiques admettent que le succès de reproduction s’accroît avec des eaux un peu plus chaudes. Une cinquantaine de homardiers exploitent maintenant quatre zones de pêche sur la Côte-Nord. Le plan de gestion 2019 prévoyait 11 semaines de pêche, avec un nombre limité de casiers, mais pas de limite de quotas. La pêche est complétée depuis la fin de juillet.

2019 COMPARABLE À 2018

La hausse des captures de homard pour la Côte-Nord se chiffrait à 300 %, de 2016 à 2018. Les hypothèses sur les causes comme le réchauffement de l’eau, se précisent au fil des études scientifiques, mais les données sur le homard de la Côte-Nord se font encore rares. Pêcherie Uapan opère quatre permis commerciaux, dont un dans la baie de Sept-Îles. Après des prises record consécutives de 2015 à 2018, elle a capturé environ 60 000 livres de homard en 2019, ce qui est comparable à 2018. L’entreprise innue a réduit l’effort de pêche au homard parce qu’elle a dû remplacer un bateau moins performant. La hausse du homard disponible sur la Côte-Nord ne reculera pas, pense le directeur général de Pêcherie Uapan, Yan Tremblay. Il croit qu’il est temps d’augmenter le nombre de permis dans la région. Le phénomène rend la pêche commerciale au homard lucrative et créatrice d’emplois sur la Côte-Nord, mais il faut considérer l’ensemble des changements constatés dans le golfe du Saint-Laurent. Yan Tremblay s’inquiète de la baisse des captures du crabe des neiges et de la crevette. «Le homard est en hausse, mais tous ces changements soulèvent bien des questions», déclare le directeur de Pêcheries Uapan. Jean-Sébastien Vacher lui donne raison pour l’ajout de permis de pêche au homard dans la baie de Sept-Îles. La zone est très grande. La communauté innue l’exploite depuis longtemps et les rendements sont bons. Ce n’est pas nécessairement le cas à Port-Cartier, Baie-Trinité ou en Minganie. Jean-Sébastien Vacher a aussi capturé 60 000 livres de homard au large de Port-Cartier, en 55 jours de pêche. C’est comparable à 2018 pour lui. Il note de meilleurs rendements, mais du homard plus petit et il doit se déplacer davantage dans la zone pour le trouver.

PÊCHER EN TOUTE LIBERTÉ

Jean-Sébastien Vacher a pêché le bourgot et le homard à Natashquan, Havre-Saint-Pierre et Anticosti, avant de déménager à Port-Cartier. Il a essayé de faire vivre sa famille de la pêche au homard il y a 10 ans avec une première saison de 5 000 livres, alors que le homard se vendait 4 $ la livre. «Impossible d’en vivre à l’époque. Je suis arrivé dans la «manne» lorsque j’ai acquis un permis à l’île Anticosti. C’est le meilleur endroit au monde pour la pêche du homard. Mais ce ne sont pas des conditions intéressantes pour la conciliation travail-famille lorsque tu es parti 3 ou 4 mois en mer», affirme celui qui a quitté un emploi de fonctionnaire pour la liberté qu’apporte la profession de pêcheur. Lorsqu’il a vendu son permis d’Anticosti pour en acheter un à Port-Cartier, son plan était fait. Il a aménagé un vivier de type bassin en eaux naturelles où il peut conserver et dégorger le homard de plusieurs pêcheurs de la Côte-Nord, avant de l’acheminer vers les poissonneries de la région et via un grossiste, vers les marchés à l’extérieur. L’entreprise de pêche embauche 6 personnes. Jean-Sébastien Vacher regarde l’avenir en homme prudent. «Ça ne peut pas croître éternellement. Il y aura un plafond. La zone que j’exploite à Port-Cartier est différente de celle de Baie-Trinité où les rendements sont moindres. Celle de Sept-Îles est beaucoup plus grande. Je pêche ici depuis 4 ans, mais de façon intensive depuis 2 ans. J’ai repris un permis qu’exploitait Jean Coulombe, mais ça totalise un historique de seulement 6 ans. Je me déplace beaucoup et déjà dans certaines petites baies, il y a moins de homard.» La vision du pêcheur Jean-Sébastien Vacher se rapproche plus de la prudence des scientifiques, que de celle des politiciens ou des dirigeants de l’industrie. «Il faut aussi faire attention à l’ambition, même lorsque les perspectives sont belles», commente monsieur Vacher. Le pêcheur croit que le mode de gestion de la pêche au homard au Québec a fait ses preuves. La gestion de cette pêcherie par quotas individuels n’apporterait rien de mieux pour le homard de la Côte-Nord. Il suffit de réduire ou d’augmenter le nombre de casiers ou de permis pour une bonne gestion. En bon pêcheur prudent, Jean-Sébastien Vacher a décidé cette année de remettre à l’eau les gros géniteurs pour favoriser la reproduction du homard dans sa zone.

 

LA CÔTE-NORD – page 10 – Volume 32,4 Septembre-Octobre-Novembre 2019

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À propos de l'auteur : 

Jean St-Pierre

Jean St-Pierre œuvre dans le domaine des communications depuis 1983, d’abord dans son Saguenay natal, puis à Havre-Saint-Pierre et à Sept-Îles. Il a travaillé comme animateur et journaliste, notamment au Nord-Est, à CILE-MF et Pur FM 94. Jean agit comme correspondant à Pêche Impact en Côte-Nord, depuis plusieurs années.

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