Pêche au turbot : un début de saison moins performant en 2017

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Les pêcheurs de turbot connaissent une première moitié de saison en dents de scie, alors que le turbot est difficile à capturer. Les prix record négociés avec les transformateurs compensent en partie les prises parfois de moitié moindres à celles de l’an dernier.

«C’est assez tranquille», résume Rosario Jr Dunn, de Rivière-au-Renard. «J’ai commencé la saison à 50 milles nautiques de Rivière-au-Renard et j’ai déménagé mes filets trois fois. Je pense que le poisson est là, mais il se passe quelque chose. D’après moi, les courants travaillent très fort en-dessous. L’eau est sale.»

«Je suis parti du Banc Parent [au large de Grande-Vallée], je suis descendu à l’île d’Anticosti. Maintenant, je m’essaye à Cap Gaspé. C’est pareil partout mais je me suis rapproché pour diminuer mes dépenses», ajoute M. Dunn.

L’an dernier, Rosario Jr Dunn rapportait environ 20 000 livres de turbot par sortie. Cette année, c’est plutôt 10 000 livres. «J’ai 40 000 livres de moins de prises que l’an dernier à pareille date», indiquait le pêcheur le 22 juin.

«Je m’attends à ce que ça revienne. À toutes les saisons, vers la mi-juillet, le turbot est arrivé», nuance M. Dunn. Il prévoit avoir besoin de quatre semaines de plus que l’an dernier pour pêcher son quota, ce qui le mène à la fin août.

Pierre-Nicolas Tanguay Lévesque décrit aussi sa saison comme «assez ordinaire». «Je pêche dans le bout de Tourelle en montant vers Matane. Je fais des petites levées. Le poisson bouge beaucoup. Ce n’est pas constant. Il faut se déplacer souvent.»

«Normalement, à ce temps-ci, on a les trois quarts du quota de pris et je ne suis même pas rendu au tiers», indique M. Tanguay Lévesque le 22 juin. «Ma première levée avant le 15 mai, ça s’annonçait super bon. Après, on s’est mis à trouver des bûches, des arbres, des souches dans les filets. C’est assez unique, et ça brise les filets.»

La crue des rivières vécue au début mai aurait perturbé les courants, estiment plusieurs pêcheurs.

Monsieur Tanguay Lévesque ne se plaint pas. Il observe beaucoup de jeunes turbots, ce qui est de bon augure pour les prochaines années. «On vient de faire trois excellentes saisons», remarque-t-il aussi. Et la météo a été «assez douce et clémente» si on la compare aux dernières années. «C’est plus chaud, on a beaucoup de vents d’ouest, sud-ouest.»

«L’autre point positif, c’est que le prix est bon. Ça compense un peu. On s’approche du seuil de rentabilité, mais on reste au-dessus», dit M. Tanguay Lévesque. Les pêcheurs de turbot obtiennent un prix record au débarquement de 1,80 $ la livre, soit 0,10 $ de plus qu’en 2016.

La lenteur des prises en début de saison a des répercussions chez les transformateurs. De plus, certains pêcheurs de turbot détiennent aussi des allocations de crabe de neiges dans la zone 12. Ils ont pris plus de temps pour capturer des quotas de crabe doublés par rapport à l’an dernier.

Dans le turbot, «on est presque 50 % en arrière de l’an dernier. D’habitude, le 15 mai, les pêcheurs qui font affaire avec nous ont fini le crabe. Cette année, ils ont commencé à pêcher le turbot une semaine et demie à deux semaines plus tard. Mais sans ça, on serait quand même 25 % à 30 % en arrière», dit Luc Reeves, directeur général de Pêcheries gaspésiennes à Rivière-au-Renard.

Chez Cusimer, à Mont-Louis, la transformation est aussi moins avancée que d’habitude, pour les mêmes raisons. Le coordonnateur des opérations, Dann Normand, s’attend à ce que certains pêcheurs attendent le printemps prochain, avant le 15 mai, pour finir de pêcher leur quota de 2017, en espérant de meilleures conditions.

Quant au marché du turbot, «il se comporte assez bien, mais il est à la baisse», rapporte Luc Reeves. Cette baisse est surtout sensible sur le marché du turbot entier, expédié vers la Chine, dit-il. En 2017, Pêcheries gaspésiennes vendra 75 % de sa production en filets, au Québec, et seulement 25 % entière en Chine. L’an dernier, ces proportions étaient respectivement de 66 % et 33 %.

PÊCHE COMPÉTITIVE

La première ouverture pour la pêche compétitive au turbot a eu lieu le 23 mai. Vingt-trois navires, incluant ceux des communautés autochtones, y ont participé. Pour une deuxième année, le ministère des Pêches et Océans (MPO) a établi des limites maximales individuelles de capture.

«On prend le quota global et on le divise par le nombre de personnes intéressées. On peut voir ça comme une mesure transitoire vers la mise en place de quotas individuels par pêcheur», explique Jean-René Boucher, secrétaire de l’Office des pêcheurs de flétan du Groenland du Québec et directeur général du Regroupement des pêcheurs professionnels du nord de la Gaspésie.

La limite par pêcheur était de 18 000 livres pour la première ouverture et a été prise en un peu moins de deux semaines. La seconde ouverture commencera le 23 juin et intéresse 15 pêcheurs qui auront droit à 11 000 livres chacun.

Invité à commenter le marché à la baisse du turbot, M. Boucher déclare que «c’est possible, mais Terre-Neuve paie le turbot un minimum de 2,25 $ la livre au débarquement. On peut croire qu’on n’a pas encore atteint le prix maximal».

LES POISSONS DE FOND – page 12 – Volume 30,3 – Juin-Juillet-Aout 2017

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À propos de l'auteur : 

Geneviève Gélinas

Geneviève Gélinas travaille comme journaliste pour Graffici et à la pige principalement pour Le Soleil et The Spec. Elle se fait un plaisir de plonger dans le monde des pêches et de l’aquaculture plusieurs fois par année pour le compte de Pêche Impact. Elle s’est fixée à Gaspé pour de bon en 2002, après des études à l’Université de Montréal où elle a complété un certificat en journalisme et un baccalauréat en musique. Née et élevée à Yamachiche en Mauricie, rien ne la destinait à faire sa vie en Gaspésie, sinon des racines à Mont-Louis côté maternel. Elle a débarqué ses bagages à Gaspé, en 2002, et ne les a plus refaits depuis, sinon pour voyager avec son conjoint et leurs deux jeunes Gaspésiens, de souche ceux-là!

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