Pour son 10e anniversaire, l’AMIK organise un colloque sur les pêches autochtones au Québec

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Pour fêter son 10e anniversaire, l’agence AMIK prépare une grande réflexion sur les pêches autochtones au Québec. Souvent, c’est pour régler des problèmes que l’on organise un colloque. Cette fois, c’est pour célébrer la belle contribution des Premières Nations dans l’industrie des pêches au Québec.

Ce colloque aura des airs de fête puisque la progression des autochtones dans le domaine des pêcheries commerciales a été fulgurante au cours des 15 dernières années. Les communautés autochtones du Québec maritime sont responsables de plus de 15% des débarquements. Leurs contributions représentent des millions de dollars et des centaines d’emplois. Grâce à de grands efforts de formation, les retombées économiques reviennent en bonne partie à des citoyens des Premières Nations.

Le directeur de l’Agence Mamu Innu Kaikusseht (AMIK, «ensemble les pêcheurs autochtones» en langue innue), Léo St-Onge, a proposé l’idée d’un colloque aux gestionnaires des pêches des communautés qui forment son conseil d’administration. La rencontre prévue le 30 novembre à Uashat (Sept-Îles) regroupera des gens des deux rives pour faire le point sur l’importance des pêches autochtones et réfléchir sur l’avenir.

UN PEU D’HISTOIRE

Onze communautés autochtones œuvrent dans les pêches commerciales au Québec. Elles ont pris progressivement une place dans l’industrie, à la suite du jugement Sparrow de la Cour suprême du Canada en 1992. Il reconnaissait des droits de pêche dans le Saint-Laurent aux Premières Nations. Quelques années plus tard, le jugement Marshall confirmait l’obligation du gouvernement de reconnaitre des droits de pêche, de chasse et de cueillette aux Premières Nations. Il accordait un accès accru à la ressource pour les autochtones de la rive sud du golfe.

Le gouvernement fédéral s’est donné une stratégie en mandatant le ministère des Pêches et des Océans (MPO) pour faire une place aux Innus de sept communautés de la Côte-Nord, aux Micmacs de trois communautés de la Gaspésie et aux Malécites d’une communauté du Bas-Saint-Laurent. Les Innus de trois communautés de la Côte-Nord ont été les premiers lors de la saison de pêche 1996 à opérer un permis de capture de crabe des neiges. Les Micmacs et les Malécites ont commencé leurs pêches commerciales en 2000.

Les communautés autochtones de pêche ont graduellement augmenté leur présence dans l’industrie en achetant des permis de crabe des neiges, puis des bateaux, en créant des entreprises, en négociant des droits de capture de plusieurs autres espèces et en s’impliquant jusqu’à devenir propriétaires d’usines de transformation de produits de la mer et de poissonneries pour la distribution.

Le programme autochtone de gestion des ressources aquatiques et halieutiques a aussi soutenu la création de deux agences, l’AMIK et l’Association de gestion halieutique Mi’gmaq et Malécite (AGHAMM). Cette dernière a été créée en 2012 et regroupe trois communautés, dont celles des Micmacs de Gesgapegiag et de Gespeg ainsi que celle des Malécites de Viger, qui sont impliquées dans la pêche commerciale de la crevette nordique, du crabe des neiges, du homard et de certaines espèces de poissons de fond.

L’EXEMPLE DES INNUS

Le gestionnaire des pêches à l’Agence AMIK, Serge Langelier, a suivi de proche l’évolution des Innus dans les pêches commerciales sur la Côte-Nord. Il agissait comme directeur du Regroupement des pêcheurs de la Haute et Moyenne-Côte-Nord avant d’être embauché par l’AMIK.

«On n’a pas donné grand-chose aux autochtones au début. Le MPO a simplement favorisé le processus pour en arriver à une entente de cogestion avec les pêcheurs de crabe des neiges. Dans la lucrative zone 16, par exemple, la porte s’est ouverte doucement, d’abord avec un permis pour Uashat, puis Mingan et Natashquan», rappelle Serge Langelier.

Aujourd’hui, les Innus disposent de 13 des 39 permis du groupe A de crabe des neiges dans la zone 16 en Moyenne-Côte-Nord. Les Innus possèdent aussi des permis pour la capture du crabe des neiges dans les zones 15 et 17. Le crabe des neiges constitue environ 70% des pêches autochtones sur la Côte-Nord. Les sept conseils de bande situés sur le littoral de la Côte-Nord exploitent aussi des droits de pêche pour la crevette, le poisson de fond, la palourde, le buccin et le pétoncle.

«C’est clair que le crabe des neiges apporte plusieurs millions de dollars dans les communautés autochtones de la Côte-Nord. Les revenus et le potentiel sont excellents également pour d’autres    espèces. Toutes nos pêches ont été lucratives en 2016. Seule la capture de la crevette est en diminution et soulève des inquiétudes sur notre territoire. La ressource crevette   montre des signes qu’elle a fourni son maximum aux pêcheurs. Il y a définitivement plus de poissons de fond dans les zones du nord du Saint-Laurent. Par exemple, le sébaste qui devait devenir une espèce en péril il y a 15 ans revient en abondance», précise monsieur Langelier.

Depuis sa naissance en 2006, l’AMIK a multiplié les efforts pour offrir de la formation. Aujourd’hui, les équipages sont 100% constitués de marins et de capitaines issus des Premières Nations sur les trois bateaux opérés par l’agence et sur la plupart des bateaux des conseils de bande de la Côte-Nord.

RÉFLÉCHIR POUR L’AVENIR

Sous le thème «Les pêches autochtones au Québec : bilan et enjeux», le colloque de l’AMIK va mettre en évidence l’importance croissante de la place des Premières Nations dans les pêches au cours de la dernière décennie. Les quatre secteurs d’activités de l’agence seront abordés lors de la journée de concertation, soit la gestion des pêches, la recherche scientifique, la protection de la ressource et la mise en marché des produits de la mer.

«Il devient important de bien voir où nous sommes rendus après une intégration en accéléré des autochtones dans les pêches. Il est surtout primordial de réfléchir sur où nous souhaitons aller. L’AMIK a permis un grand partage d’expertise en dix ans. Chaque communauté a vécu ses expériences. Chacune a ses forces et ses faiblesses. Notre travail en formation a eu un impact énorme dans les sept communautés membres de l’AMIK. Il faut aujourd’hui reprendre les échanges sur les prochaines priorités. Il devient très intéressant d’élargir la réflexion et de partager avec les pêcheurs et les gestionnaires autochtones de la Gaspésie», remarque Serge Langelier.

La responsable de l’organisation du colloque, Claire Pédrot, lance l’invitation aux communautés micmaques de la Gaspésie et aux Malécites de Viger. Elle espère aussi une participation de représentants du ministère des Pêches et des Océans, du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, des industriels de la transformation, des associations de pêcheurs ainsi que des autres partenaires et intervenants de l’industrie.

L’Agence AMIK prépare un portrait complet de l’importance des pêches autochtones au Québec. Elle recevra jusqu’au 19 septembre les propositions pour les conférences du colloque, avant d’élaborer la programmation de la journée du 30 novembre.

«C’est vrai que l’on ne part pas d’une problématique pour l’organisation de ce colloque de concertation, mais les enjeux sont majeurs et les sujets de réflexions peuvent être nombreux. La présence autochtone dans le secteur des pêches a évolué très rapidement. Les retombées économiques sont considérables et appréciables, mais il faut penser aussi à un développement durable, à la protection des connaissances traditionnelles et de l’environnement», souligne Claire Pédrot.

Réf.: ÉVÈNEMENT – page 10 – Volume 29,4 – Aout – Septembre 2016

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À propos de l'auteur : 

Jean St-Pierre

Jean St-Pierre œuvre dans le domaine des communications depuis 1983, d’abord dans son Saguenay natal, puis à Havre-Saint-Pierre et à Sept-Îles. Il a travaillé comme animateur et journaliste, notamment au Nord-Est, à CILE-MF et Pur FM 94. Jean agit comme correspondant à Pêche Impact en Côte-Nord, depuis plusieurs années.

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