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Début de saison acceptable pour les homardiers dans les zones 18, 16 et 15 et les prix payés à quai sont jugés excellents

Le coup d’envoi de la pêche au homard en Côte-Nord a eu lieu les 11, 15 et 18 mai pour les communautés autochtones et les pêcheurs allochtones actifs dans les zones 18, 16 et 15 qui couvrent le territoire des Escoumins à Blanc-Sablon. Les résultats des premières semaines d’activité sont jugés satisfaisants et encourageants selon les personnes interrogées par Pêche Impact à la fin mai et au début juin.

La zone 18

En Haute et Moyenne-Côte-Nord, la zone 18, qui s’étend des Escoumins jusqu’à Natashquan compte 8 permis commerciaux et 22 permis exploratoires actifs.

Pêcherie Uapan, appartenant à la communauté innue de Uashat mak Mani-utenam, exploite un total de 3 permis commerciaux dans les sous-zones 18G (Havre-Saint-Pierre), 18D (Sept-Îles) et 18B (Baie-Trinité) et 4 permis exploratoires, dont 2 dans 18D (Sept-Îles), 1 dans 18C (Port-Cartier) et 1 dans 18E (Rivière-au-Tonnerre).  Son directeur Benoît Saint-Onge se dit satisfait du début de la présente saison.

«Même si la pêche a débuté un peu plus lentement en raison d’une température de l’eau très froide, la saison se déroule bien et nous pouvons observer certaines variations dans les captures d’une sous-zone à l’autre. Le secteur de Sept-Îles est assurément le meilleur dans la zone 18. Celui de Port-Cartier donne également de bons résultats avec un potentiel de développement intéressant. À Baie-Trinité, ça progresse et on voit aussi une augmentation des prises. Quant à Havre-Saint-Pierre, on remarque une certaine stabilité des captures», affirme M. Saint-Onge.

À Port-Cartier, à sa première année à titre de capitaine-propriétaire, Roméo Vacher nous décrit les résultats de ses 3 premières semaines de pêche avec un optimisme affiché pour la balance de la saison.

«J’ai eu un très bon début de saison la 1ère semaine. Par contre, pour la 2e, un courant d’eau assez fort et froid a fait en sorte que mes prises avaient chuté de près de la moitié. À la 3e semaine, les captures sont redevenues très bonnes. Et là le 1er juin, j’amorce ma 4e semaine avec du beau temps qu’on attendait vraiment et le homard est bien présent dans mes casiers. La qualité de notre homard est bonne et ça augure très bien pour les semaines à venir si la météo collabore», constate Roméo Vacher.

Pour sa part, Pêcherie Shipek, appartenant à la communauté innue d’Ekuanitshit, dispose de 2 permis exploratoires, dont 1 dans 18F (Longue-Pointe-de-Mingan) et 1 dans 18G (Havre-Saint-Pierre). Son directeur Guy Vigneault explique qu’un seul permis est exploité en 2026.

«Pour le secteur de Havre-Saint-Pierre, on exploite ce permis pour une 3e année et les prises pour la dernière semaine de mai ont été bonnes. Les vents ont été dominants les 2 premières semaines et les rendements des captures étaient moins élevés, mais nous sommes confiants pour la suite de la saison. Quant au permis du secteur de Longue-Pointe-de-Mingan, nous ne l’avons pas activé en 2026 parce qu’il s’agit sous-zone où l’on note une absence totale de la ressource et l’eau est très froide. Après 3 années infructueuses d’essais pour la récolte de données, il n’y avait même pas assez de homards pour payer  le carburant», souligne le directeur de Pêcherie Shipek.

Les zones 16 et 15

Dans la zone 16, qui compte 9 permis commerciaux pour le territoire compris entre Kegaska et Chevery, Pêcherie Shipek y exploite 1 permis à l’est du village de La Romaine.

«La pêche a débuté le 18 mai et les prises ont été moins bonnes que l’an dernier en début de saison parce qu’il faisait passablement froid, mais là on voit que les captures sont un peu meilleures au début juin. La température plus clémente à venir devrait améliorer nos rendements des captures» espère Guy Vigneault.

Dans la zone 15, où l’on retrouve 66 permis commerciaux exploités entre Harrington et Blanc-Sablon, la saison comptait seulement 2 semaines d’activité au moment où Pêche Impact s’est entretenu avec André Rowsell.

«Personnellement, pour mon secteur à Harrington, mes prises sont meilleures que l’an passé, mais ce n’est pas le cas pour tous les pêcheurs. Nous avons perdu quelques jours de pêche parce que la température n’a pas toujours été bonne. Ici, en Basse-Côte-Nord, la pêche au homard débute lentement parce que plusieurs pêcheurs exploitent en même temps le crabe des neiges. À partir de juin, la pêche va être plus intense et les conditions météo devraient être meilleures. J’entame ma 6e saison de pêche au homard et les prises sont en hausse à chaque année. Je suis très content», déclare M. Rowsell.

Enfin, Pêcherie Shipek exploite 3 permis dans les secteurs de Baie-des-Moutons, Pakua Shipu et Vieux-Fort.

«Nous avons débuté la saison un peu plus tard parce que la température était encore très froide et avec la présence de neige observée à certains endroits. Nous aussi on a perdu quelques jours de pêche. C’est donc un début de saison plus lent avec des premières captures un peu moins bonnes que l’an passé, mais au début juin, ça s’annonçait mieux. Ça demeure une pêche en développement qui progresse d’une année à l’autre» précise Guy Vigneault.

Pour ce qui est des prix obtenus au débarquement qualifiés de très bons jusqu’à présent, les pêcheurs de la zone 18 reçoivent les mêmes que ceux observés aux Îles-de-la-Madeleine dans le cadre du plan conjoint de mise en marché du homard en vigueur. Ils ont été de 8,38 $, 8,48 $ et 8,14 $ pour les 3 premières semaines. Toutefois, pour le homard de plus de 6 livres, ils n’en obtiennent que les  deux tiers. Dans la zone 15, les pêcheurs livrant leurs prises à la Coopérative des pêcheurs de Harrington ont obtenu un prix de 6,40 $ la livre lors des 2 premières semaines. Un boni pourrait peut-être leur être accordé au terme de la saison.

LA CÔTE-NORD – page 6 – Volume 39,2 Mai – Juin – Juillet 2026

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Robert Nicolas
Robert Nicolas est actif depuis près de 30 ans dans le domaine des communications et de l’information reliées plus spécifiquement au secteur des pêches et de l’aquaculture commerciales. Détenteur d’un baccalauréat en Information-communication de l’Université de Moncton, il agit à titre de collaborateur du journal Pêche Impact dès sa naissance en 1988, pour ensuite en devenir le coordonnateur/rédacteur en chef en 1992 jusqu'à aujourd'hui. Observateur privilégié de l’évolution de l’industrie durant toute cette période, Robert Nicolas devient le responsable du Bureau école-industrie de l'École des pêches et de l'aquaculture du Québec (ÉPAQ) en 2011 où il met au profit de cette institution d'enseignement ses connaissances des enjeux et des réalités propres à chacune des régions maritimes du Québec.
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