samedi, juin 13, 2026
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Tous les yeux tournés vers la ressource homard pour plus d’une raison

L’arrivée du mois de juin nous oblige à porter une attention toute particulière aux activités de pêche commerciale et exploratoire au homard pratiquées dans les régions du Québec maritime pour plus d’une raison.

Premièrement, rappelons-nous qu’il s’agit de la composante la plus importante de notre industrie de la capture avec plus de 600 entreprises actives.

Deuxièmement, cette flottille de pêche est aussi très créatrice d’emplois. Au fil des ans, elle est devenue le plus gros employeur à bord des navires, toutes flottilles confondues.

Troisièmement, en raison du déclin ou encore de la disparition de certaines espèces marines, la pêche au homard représente maintenant le poumon économique d’une plus grande majorité de communautés côtières.

Fait à ne pas sous-estimer, les retombées économiques découlant de cette pêche trônent au sommet de l’ensemble de la valeur des débarquements québécois, ces dernières années. Idem pour le tonnage ramené à quai.

Dans la présente édition, nous vous présentons donc les premiers résultats de la saison 2026 observés dans toutes les régions concernées. Pour certains homardiers, la moitié de leur saison était déjà complétée alors que pour d’autres le tiers ou le quart de leur activité avait été atteint.

De façon globale, les rendements enregistrés des captures, à ce jour, ont été jugées à la fois excellents, très bons et acceptables malgré les conditions climatiques exécrables qui ont prévalues durant tout le mois de mai et même au début juin. La très grande majorité des pêcheurs affichaient un optimiste certain pour les semaines suivantes si la belle température pouvait enfin être de la partie.

La situation est toutefois inquiétante, pour ne pas dire alarmante, pour près d’une cinquantaine de homardiers actifs dans un secteur bien précis du côté sud de la Gaspésie, soit celui à l’ouest de Cap-d’Espoir jusqu’à Port-Daniel, à l’entrée de la baie des Chaleurs.  Plusieurs d’entre eux nous ont confirmé qu’ils subissaient des baisses de rendements depuis la saison 2024, après avoir atteint des sommets en 2023.

Dans cette portion de territoire d’une distance de près de 70 km, les débarquements réalisés sont en forte chute. Des baisses de 20 % à 50 % sont observées en 2026, comparativement à la même période l’an dernier. Le gros «boum» des captures, qui se   manifeste habituellement lors des quatre premières semaines de pêche, n’est jamais survenu.

Pire encore, au moment d’écrire ces lignes le 8 juin, des débarquements d’à peine une centaine de livres du précieux crustacé étaient ramenés à quai par certains homardiers de Grande-Rivière. Les questionnements sont nombreux et les réponses tardent à venir pour expliquer la situation actuelle.  Un dossier à suivre de près d’ici la fin de la présente saison.

Le crabe des neiges plus rare et plus difficile à capturer

Seconde pêche d’importance au Québec maritime, celle du crabe des neiges ne passera pas à l’histoire en 2026. Les crabiers des zones de pêche les plus importantes devaient encore composer avec des biomasses commerciales disponibles à leur plus bas niveau. Ce qui n’a pas facilité la capture de la ressource de façon particulière dans la zone 12 du sud du golfe avec l’arrivée des baleines noires plus tôt qu’à l’habitude.

Mince consolation pour les exploitants, les prix au débarquement sont demeurés bons, bien que les conditions de mise en marché aient été plus lentes. À moins d’imprévus majeurs, les prochaines années s’annoncent meilleures parce que certaines biomasses amorceront un retour vers le haut dès 2027.

La crevette reprend vie!

L’une des bonnes nouvelles du printemps aura certes été les captures de crevette observées dans la zone Sept-Îles, en mai dernier. Même si seulement une demi-douzaine de crevettiers ont été actifs, les rendements obtenus ont été très bons. Des livraisons à quai de 40 000 à 100 0000 livres lors de certaines sorties en mer sont porteuses d’un peu d’espoir pour tous les acteurs de cette industrie qui en arrachent depuis un bon moment.

La fin juillet-début août, avec un plus grand nombre de crevettiers en action, devrait nous permettre de porter un meilleur jugement quant à l’état actuel de la ressource pour l’ensemble des quatre zones de pêche qui seront alors exploitées en même temps.

ENTRE-NOUS – page 5 – Volume 39,2 Mai – Juin – Juillet 2026

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Robert Nicolas
Robert Nicolas est actif depuis près de 30 ans dans le domaine des communications et de l’information reliées plus spécifiquement au secteur des pêches et de l’aquaculture commerciales. Détenteur d’un baccalauréat en Information-communication de l’Université de Moncton, il agit à titre de collaborateur du journal Pêche Impact dès sa naissance en 1988, pour ensuite en devenir le coordonnateur/rédacteur en chef en 1992 jusqu'à aujourd'hui. Observateur privilégié de l’évolution de l’industrie durant toute cette période, Robert Nicolas devient le responsable du Bureau école-industrie de l'École des pêches et de l'aquaculture du Québec (ÉPAQ) en 2011 où il met au profit de cette institution d'enseignement ses connaissances des enjeux et des réalités propres à chacune des régions maritimes du Québec.
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