Transformation du crabe des neiges : une saison écourtée par les soubresauts de la baleine noire

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Les mesures de protection de la baleine noire dans le sud du golfe Saint-Laurent ont affecté la transformation, en plus d’affecter la capture. Les débarquements irréguliers, souvent faibles en réalité, et le fait qu’une partie du quota global restera à l’eau ont signifié la fin de la période de travail pour des centaines d’employés d’usines et d’employés aux tâches connexes. Copropriétaire de l’usine E. Gagnon et Fils, de Sainte-Thérèse-de-Gaspé, Bill Sheehan souligne que les 500 employés de l’entreprise ont été ou seront touchés d’une façon ou d’une autre par l’absence de régularité des débarquements et le volume inférieur à ce que le contingent indiquait en avril. Il a parlé à Pêche Impact le 22 juin, alors qu’il restait huit jours à la saison. «Il y a 90 % du quota de capturé dans le zone 12, le sud du golfe. À l’usine, on s’attendait à transformer 8 millions de livres de crabe cette année. On a dépassé 6,5 millions de livres. Il restera autour de 5 % du quota de la zone 12 à l‘eau. De notre côté, il manquera peut-être un million de livres à l’usine. C’est beaucoup. C’est deux semaines d’ouvrage perdues pour les travailleurs d’usine. Ils perdront probablement aussi deux semaines avec le homard, aussi touché par la baleine noire. On pensait que le homard prendrait la relève du crabe», aborde Bill Sheehan. Considérant que le prix versé par E. Gagnon et Fils pour le crabe s’établit à 5,50 $ la livre au débarquement, et la valeur ajoutée à l’usine, les revenus perdus par l’entreprise approcheront les 10 millions de dollars, si un million de livres restent à l’eau. «C’est une baisse de revenus pour la compagnie, mais ce sont surtout des revenus qui ne sont pas distribués dans la communauté. Nos 20 camionneurs perdront de 40 à 50 voyages vers les marchés. Nos 75 employés au débarquement manutentionnent moins de produits, et perdent des heures. Nos 325 employés d’usine perdent quatre semaines, deux dans le crabe et deux dans le homard. Il y a moins de volume donc moins de revenus pour notre équipe à l’administration. Nous avons commandé du stock pour 8 millions de livres, comme les produits d’emballage. Bon, ça servira l’an prochain et c’est moins grave que le sort des travailleurs. L’entreprise s’en sortira, c’est certain mais tout ça, pour des mesures de gestion non appropriées, de la part de Pêches et Océans Canada ? C’est ce qui dérange le plus. Le ministre (Dominic) LeBlanc a prouvé qu’il était loin des communautés», analyse Bill Sheehan. Ce qui choque aussi les transformateurs et les pêcheurs par rapport à l’allure qu’a pris 2018, c’est que les paramètres de départ indiquaient une saison fort convenable. «Avec un prix au débarquement de 5,50 $ la livre, c’est une bonne saison, bonne par rapport au prix moyen. Pour le volume, c’était un retour à la normale, après le record de 2017. Si le quota avait été pris, on aurait eu une très bonne saison», résume monsieur Sheehan. L’appétit des Américains et des Japonais pour le crabe des neiges explique en grande partie ce prix record de 5,50 $ la livre. «C’est vraiment le jeu de l’offre et la demande. La pêche d’hiver en Alaska a diminué de 70 % depuis deux ans. C’est une pêche difficile depuis plusieurs années (…) Les inventaires étaient bas et ils restent bas», explique Bill Sheehan. Les prises en baisse à Terre-Neuve ont aussi joué un rôle dans l’offre plus limitée   devant des acheteurs en quête de produit, dit-il. Quant au dollar canadien, il continue de constituer un facteur avantageux pour les exportateurs canadiens. «Récemment, notre dollar se tient à 1,30 $, 1,31 $ ou 1,32 $ (dollar canadien pour un dollar américain). Il était à 1,26 $ dans le gros de la saison. C’est un peu en bas de la moyenne de l’an passé, à 1,35 $. Ça reste assez bon», commente Bill Sheehan. LE SUD DU GOLFE – page 8 – Volume 31,3 – Juin-Juillet-Aout 2018

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À propos de l'auteur : 

Gilles Gagné

Gilles Gagné, né à Matane, le 26 mars 1960. J'ai fait mes études universitaires à Ottawa où j'ai obtenu un baccalauréat avec spécialisation en économie et concentration en politique. À l'occasion d'une offre d'emploi d'été en 1983, j'ai travaillé pour Pêches et Océans Canada comme observateur sur deux bateaux basés à Newport, deux morutiers de 65 pieds. Le programme visait l'amélioration des conditions d'entreposage des produits marins dans les cales des bateaux et de leur traitement à l'usine. Cet emploi m'a ouvert des horizons qui me servent encore tous les jours aujourd'hui. En 1989, après avoir travaillé en tourisme et dans l'édition maritime à Québec, je suis revenu vivre en région côtière et rurale, d'abord comme journaliste à l'Acadie nouvelle à Campbellton. C'est à cet endroit que j'ai rédigé mes premiers textes pour Pêche Impact, à l'été 1992. Je connaissais déjà ce journal que je lisais depuis sa fondation. En octobre 1993, j'ai déménagé à Carleton, pour travailler à temps presque complet comme pigiste pour le Soleil. J'ai, du même coup, intensifié mes participations à Pêche Impact. Je travaille également en anglais, depuis près de 15 ans, pour l'hebdomadaire anglophone The Gaspé SPEC et je rédige l'éditorial du journal Graffici depuis 2007.

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