vendredi, avril 24, 2026
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Une hausse du prix au débarquement souhaitée par les crabiers madelinots afin de compenser la baisse de leurs quotas individuels

Les crabiers madelinots espèrent une hausse du prix au débarquement ce printemps, afin de compenser la baisse anticipée de leurs quotas individuels de captures. En 2025, avec la diminution de plus de 28 % du contingent global du sud du golfe, les prix à quai avaient bondi de 3 $/lb par rapport à l’année précédente, s’établissant à 7,00 $/lb pour les navires avec cale à glace et à 7,25 $/lb pour les bateaux dotés d’une cale à eau.

«On est un peu à la merci des États-Unis et des décisions imprévisibles de Donald Trump qui ont une grosses influence sur les marchés, ça fait que ça reste à suivre, commente Steve Lapierre, capitaine du ROI DE CARREAU et président de l’association de la zone 12F. […] Mais c’est sûr qu’étant donné que la biomasse du sud du golfe au complet est à la baisse de beaucoup ces dernières années, ça créé une rareté sur les marchés et une pression à la hausse sur les prix. La demande est plus forte pour le crabe. Ça peut nous aider à avoir une meilleure situation.»

De plus, Eudore Aucoin, crabier traditionnel de la zone 12 et président de l’entreprise Fruits de mer Madeleine de L’Étang-du-Nord, fait remarquer qu’il n’y aurait présentement que très peu de crabe des neiges en inventaire sur les marchés. «On s’attend à un bon prix, mais il faut aussi qu’il y ait un équilibre, ajoute-t-il. Parce qu’on se rappellera qu’il y a quatre ans, la saison avait commencé à 8 $/lb et l’année d’après ç’avait tombé à 2,50 $/lb! Il y a toujours un danger à un prix trop élevé. Si le crabe est extrêmement cher, les gens n’en mangent pas. Ils ne peuvent pas se le permettre.»

Perte d’approvisionnements

Par ailleurs, l’usine Fruits de mer Madeleine doit faire face à un double enjeu en matière d’approvisionnement cette année. C’est que l’entreprise appartenant majoritairement à un groupe de crabiers traditionnels sera non seulement affectée par la baisse des approvisionnements due à la décroissance de la biomasse de la ressource, elle devra aussi composer avec le manque à gagner que provoque la vente du permis de pêche de l’un de ses actionnaires, Gino Poirier qui fut jusque-là capitaine du BEL ESPOIR. Ce permis est assorti d’un quota individuel transférable (QIT) dont la moyenne par bateau se situera à 140 000 lb cette année, selon les estimations d’Eudore Aucoin.

«C’est sûr que ça vient compliquer la planification, admet-il. Ç’a un impact sur la rentabilité de l’usine, c’est clair. Peu importe qu’il y ait baisse de quota ou pas, l’usine qui a doublé sa capacité de production l’an dernier est prête à recevoir plus de bateaux. On a investi justement pour ça, pour arriver à moins restreindre les bateaux sur les quantités à apporter ou sur les horaires de sortie; pour que chacun ait une plus grande latitude.»

La valeur d’un permis de crabe des neiges de la zone 12 est si élevée par les temps qui courent – soit de plus de 10 M$ – que celui de Gino Poirier a dû être racheté par six pêcheurs, dont cinq Gaspésiens et le Madelinot Marco Turbide, qui s’en sont partagés le QIT. M. Turbide, capitaine du SAN MARCO, livre traditionnellement ses captures à l’extérieur de l’archipel. En fin de saison 2024 et tout au long de la pêcherie 2025, il avait toutefois fait ses débarquements chez Fruits de mer Madeleine parce que Madelipêche en étant partenaire à 15 %, il avait espoir de se monnayer un accès à la ressource sébaste. Or comme ses propositions de rachat d’une partie des actifs de l’entreprise spécialisée dans la pêche au poisson rouge sont restées lettres mortes, M. Turbide ne cache pas qu’il soit tenté d’aller voir ailleurs, cette année.

«Je ne ferme pas la porte à livrer aux Îles, nous confie-t-il néanmoins. Mais nous n’avons encore eu aucune discussion en ce sens à ce jour.» Cela ne saurait d’ailleurs pas tarder, s’il faut en croire Eudore Aucoin, «On devrait parler avec Marco dans les prochaines semaines, assure-t-il. On espère qu’il continuera de nous livrer son crabe parce que Madelipêche c’est un dossier et le crabe c’en est un autre. On va souhaiter faire la part des choses.»

Reste aussi à déterminer à court terme qui rachètera les actions que détient Gino Poirier chez Fruits de mer Madeleine. Bien qu’il qui nous ait été impossible de rejoindre le principal intéressé pour ce reportage, le président de l’entreprise précise que tous ses actionnaires doivent être actifs au sein de la flottille de pêche au crabe des neiges. Ainsi en avaient décidé ses fondateurs en 1991, soit les parents de Gino et d’Eudore-Henry-Fred Poirier et Héliodore Aucoin -, de même que Robert Thériault et Benoît Poirier de Havre-aux-Maisons.

Début tardif

Dans un autre ordre d’idée, le capitaine du Sanbrendor croit que le début de saison de pêche pourrait être un peu plus tardif cette année, en raison du couvert de glace qui fut nettement plus important que celui de l’hiver 2025. Selon ce que rapporte le Service canadien des glaces d’Environnement Canada, la banquise s’étendait sur 15 % de la superficie du Golfe en date du 29 janvier. À pareille date l’an dernier, on parlait d’une étendue de plus ou moins 8 %. Cela avait mené les crabiers à obtenir l’autorisation de prendre la mer dès le 4 avril.

Malgré tout, c’est aussi cette année que les crabiers traditionnels des zone 12 et 12F du sud du Golfe auront droit à 15 casiers supplémentaires en début de saison, afin d’accélérer la capture de leurs quotas respectifs avant l’arrivée des baleines noires de l’Atlantique Nord. La mesure s’inscrit dans le cadre d’un projet-pilote visant à limiter les interactions entre la pêcherie et les mammifères menacés de disparition. Leur population n’est estimée qu’à 380 individus, dont 70 femelles reproductrices

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Hélène Fauteux
Hélène Fauteux est diplômée en communications et journalisme de l'Université Concordia. Établie aux Îles-de-la-Madeleine depuis 1986, elle a développé une solide expertise en matière de pêche et de mariculture.
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