mardi, juillet 28, 2026
AccueilNouvellesActualitésLe Saint-Laurent en transformation

Le Saint-Laurent en transformation

L’estuaire et le golfe du Saint-Laurent continuent de subir d’importants bouleversements liés aux changements climatiques. Le portrait dressé par des chercheurs de Pêches et Océans Canada est préoccupant, même si certaines espèces semblent profiter des nouvelles conditions.

Le 13 mai à l’Institut Maurice-Lamontagne de Mont-Joli, Hugues Benoît et David Drolet ont présenté leur bilan 2025 sur l’état de l’écosystème marin du Saint-Laurent.

Eaux plus chaudes

Hugues Benoît a affirmé que les changements observés depuis plusieurs années devraient se poursuivre. «Les tendances au réchauffement, avec l’acidification et l’hypoxie, vont continuer au courant des décennies à venir.»

Selon le chercheur scientifique en océanographie physique et chimique, ces transformations ont des effets visibles sur la composition des espèces dans le golfe et l’estuaire. «On voit, depuis le début des années 2000, une tendance vers une composition d’espèces qui favorise les eaux plus chaudes. Donc, ce sont des espèces adaptées aux eaux chaudes.»

Cette modification de l’écosystème touche particulièrement les espèces qui servent de nourriture à de nombreux poissons et mammifères marins. Parmi elles figurent la crevette nordique, le hareng et le maquereau. «On observe une tendance à la baisse depuis le début des années 1980, soit une diminution d’environ les deux tiers de la biomasse de ces espèces», a précisé M. Benoît.

Le chercheur note toutefois une légère amélioration récente. Malgré cela, les niveaux observés rappellent ceux de la fin des années 1970, à une époque marquée par l’effondrement de plusieurs stocks de harengs.

Des poissons en moins  bonne santé

Les relevés scientifiques montrent une détérioration de la condition physique de plusieurs espèces. «Des poissons ont transigé vers des conditions plus faibles dans les années 2010, a indiqué Hugues Benoît. On voit des poissons plus maigrichons.»

Dans le nord du golfe, l’augmentation récente de la biomasse est surtout attribuable au sébaste. Sans cette espèce, les scientifiques constatent plutôt une baisse de la biomasse au cours des dernières années.

Dans le sud du golfe, le déclin observé depuis les années 1980 demeure marqué. «On voit une diminution importante de biomasse, principalement liée à une diminution de piscivores», a-t-il affirmé. À son avis, les poissons de fond du sud du golfe se trouvent dans un état critique depuis plusieurs décennies.

Superprédateurs en hausse

Certaines espèces situées au sommet de la chaîne alimentaire affichent une meilleure situation. Le phoque gris, le thon rouge et le fou de Bassan ont connu une importante remontée après des décennies de surexploitation ou de contamination. «Les stocks se portent mieux», a confirmé M. Benoît.

Le chercheur a néanmoins précisé que près de la moitié des stocks de superprédateurs demeurent dans une zone critique. Durement touché par la grippe aviaire en 2021 et 2022, le fou de Bassan semble progressivement se rétablir. À l’inverse, le phoque du Groenland connaît une diminution lente depuis le milieu des années 1990.

Migration des homards

Les changements climatiques favorisent certaines espèces, dont le homard. Selon David Drolet, les eaux plus chaudes ont transformé la répartition de cette espèce. «Dans les 25 ou 30 dernières années, on a vu des changements rapides et importants : une migration graduelle de la répartition vers le nord. On semble avoir une colonisation des homards dans les zones plus froides.» Des observations du crustacé ont été signalées jusqu’à Cacouna, dans des secteurs où l’espèce était pratiquement absente auparavant.

En Gaspésie et sur la Côte-Nord, les débarquements augmentent dans des secteurs autrefois considérés comme marginaux. Le ministère évalue la possibilité de délivrer de nouveaux permis commerciaux dans ces régions.

«La pêche au homard est la plus lucrative au Canada, avec des débarquements d’une valeur autour de 2 milliards de dollars», a rappelé le chercheur.

Mieux prévoir l’avenir

Les chercheurs tentent de mieux comprendre l’effet de la température sur les premiers stades de vie du homard. À l’Institut Maurice-Lamontagne, des expériences sont réalisées sur 900 juvéniles exposés à différentes températures allant de 5 à 28 degrés Celsius. «Avec des températures froides, les taux sont plutôt faibles et ça augmente à une température intermédiaire pour atteindre un maximum autour de 20 ou 21 degrés Celsius», a décrit David Drolet.

Les scientifiques ont ensuite créé des modèles permettant de prévoir la croissance des homards selon différents scénarios climatiques. «On semble avoir un outil qui va être utile pour une gestion proactive», a affirmé le scientifique.

Des gagnants et des perdants

« Dans un contexte de changement climatique, on parle souvent de gagnants et de perdants, a soulevé Hugues Benoît. Sur le plan halieutique, c’est le portrait qu’on voit. » Ainsi, certaines espèces profitent du réchauffement, comme le thon rouge, le flétan atlantique et le merlu argenté, qui devient de plus en plus abondant dans le golfe.

Pendant ce temps, d’autres espèces peinent à s’adapter aux nouvelles conditions.

ENVIRONNEMENT – page 29 – Volume 39,2 Mai – Juin – Juillet 2026

300 X 250 Lelièvre, Lelièvre et Lemoignan
300 X 250 Desjardins
300 X 250 Marindustriel
300 X 250 Polymos
300 X 250 Harnois Énergies
300 X 250 Techno Soude Marine
300 X 250 Cain Lamarre
300 X 250 Hydraunav
300 X 250 Chantier naval Forillon
300 X 250 Mackay Marine
300 X 250 AssurExperts Clovis Morris
300 x 250 Trinav
ARTICLES RELIÉS
- Annonceurs -
300 X 250 Marindustriel
300 X 250 Mackay Marine
300 X 250 Lelièvre, Lelièvre et Lemoignan
300 X 250 Polymos
300 X 250 Techno Soude Marine
300 X 250 Harnois Énergies
300 X 250 Hydraunav
300 X 250 AssurExperts Clovis Morris
300 X 250 Cain Lamarre
300 X 250 Desjardins
300 X 250 Chantier naval Forillon
300 x 250 Trinav

POPULAIRES