mardi, avril 16, 2024
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Abondance observée des stocks de crabe des neiges dans la plupart des zones de pêche

Après s’être retrouvée dans le creux de vague d’un cycle naturel de 8 à 10 ans, l’abondance des stocks de crabe des neiges poursuit, tout comme l’an dernier, sa phase ascendante de recrutement dans la plupart des zones de pêche. Les scientifiques notent cependant des décalages entre les zones, ce qui fait varier les indices d’abondance.

C’est le constat qu’en fait la biologiste à l’évaluation des stocks de crabe des neiges de l’estuaire et du nord du golfe pour Pêches et Océans Canada. «On s’attend à des augmentations à court terme, notamment dans l’estuaire (zone 17)  et la grande zone 16, où on voit le recrutement à la pêche s’en venir, confirme Sarah Loboda. Pour la pêche, c’est une bonne nouvelle.»

En revanche, il y a aussi de mauvaises nouvelles. Parmi elles, la zone 12B demeure sous-moratoire. Par ailleurs dans la zone 12A, la première pour laquelle les scientifiques ont développé des points de référence, des signes positifs ont été observés avec des indicateurs à la hausse. Cependant, les niveaux sont encore très faibles. «On serait dans la zone critique malgré l’augmentation des indicateurs, confirme la chercheuse de l’Institut Maurice- Lamontagne à Mont-Joli. C’est un petit nuage dans la vision globale des zones.»

Déjà l’an dernier, les scientifiques avaient constaté que la ressource amorçait un nouveau cycle biologique à la hausse dans plusieurs zones de pêche. «Dans le cycle d’abondance, il semble y avoir un décalage; dans les zones du nord-est, le cycle est plus avancé, nuance la spécialiste du crabe des neiges. Il resterait donc une ou deux années de recrutement et après, on amorcerait les années sans recrutement, c’est-à-dire qu’on serait dans la descente du cycle.»

HAUSSES DE QUOTAS À PRÉVOIR PRESQUE PARTOUT

À l’exception des zones 12A et 14, où il est fort probable que le statu quo demeure, les hausses de quotas sont à prévoir presque partout. Dans la zone 17, les indicateurs principaux sont en hausse. Mme Loboda s’attend donc à ce que la biomasse disponible pour la pêche soit supérieure cette année par rapport à l’an dernier. «Par contre, il y a un retard dans cette zone, soulève la chercheuse. Il y a beaucoup de femelles qui vont atteindre la maturité. Donc on veut laisser assez de mâles pour permettre de protéger le potentiel reproducteur de la population de l’estuaire. On a recommandé des augmentations, mais un peu plus basses que les indicateurs de biomasse semblaient indiquer.»

Les indicateurs d’abondance de biomasse de la zone 16 présentent de légères hausses. On peut présager que la biomasse disponible pour la prochaine saison de pêche soit similaire ou supérieure à la précédente. «Dans cette zone, le cycle d’abondance est vraiment dans sa phase ascendante, analyse Mme Loboda. On a plus de femelles reproductrices disponibles et on voit que le recrutement à la pêche des mâles est en augmentation.»

Dans les zones 12C, 15 et 16A, un grand secteur situé au nord-est de l’île d’Anticosti, les portraits sont somme toute similaires. «On est dans la phase ascendante, indique la scientifique. On a des biomasses disponibles à la pêche supérieures à ce que l’on a vu à la saison précédente. Donc on s’attend à des augmentations de biomasses pour 2024.»

La zone 14 présente une stabilité de la biomasse parce qu’il n’y a plus de nouveaux crabes. «Même les adolescents sont en baisse, remarque Sarah Loboda. Donc on a une stabilisation des crabes qui étaient disponibles à la saison précédente et qui ne sont pas encore en abondance. Dans le cycle, on est vers le haut de la vague, donc moins dans la phase ascendante que les autres zones. C’est pour ça qu’on irait pour un statuquo.»

Une abondance de recrues a été observée du côté nord de la zone 13. Mais même si l’abondance des adolescents est en diminution, les scientifiques s’attendent à ce que la biomasse disponible pour la prochaine saison de pêche soit supérieure à celle de 2023.

La zone 12A est la première pour laquelle le secteur des sciences a entrepris des démarches de développement d’une approche de précaution. «Considérant que l’approche est en développement et que les stocks sont dans la zone critique malgré une amélioration des indicateurs principaux de biomasse commerciale, on recommande des prélèvements assez faibles pour favoriser le rétablissement des stocks de crabe des neiges», fait savoir Mme Loboda.

La zone 12B est sous moratoire depuis 2022. «On est en discussion autant avec la gestion que l’industrie pour développer un plan de rétablissement, souligne la biologiste de Pêches et Océans. On avait développé un plan pour aller chercher des données à l’été 2023. Mais malheureusement, ça n’a pas pu se concrétiser. On va donc recommencer les discussions au printemps pour savoir ce qu’on fera cette année et l’année suivante.»

Des données préliminaires avaient été récoltées à l’été 2022 lors d’un relevé à l’échelle de la zone. Or 74 % des casiers étaient vides. «Comme on n’a pas réussi à y retourner depuis, on ne sait pas si l’abondance a repris dans ce secteur», fait-elle savoir.

LE CRABE DES NEIGES ET LES CHANGEMENTS ENVIRONNEMENTAUX

À la lumière de l’analyse globale de l’état des stocks de crabe de l’estuaire et du nord du golfe, des préoccupations émanent du secteur des sciences. «On travaille beaucoup à documenter les changements environnementaux, souligne Mme Loboda. Il va y avoir des projets de recherche sur les liens entre les changements dans l’environnement et la productivité des stocks de crabe des neiges. C’est une espèce qui est cyclique, donc avec des stades de vie complexe. On aimerait mieux comprendre et mieux documenter comment ces changements pourraient affecter autant l’habitat que le potentiel reproducteur et la productivité des stocks.»

Avec des expériences en bassin, les scientifiques savent déjà que la température et le niveau d’oxygène influencent la survie du crabe des neiges. «On pourrait aussi voir, comme pour d’autres espèces dans le golfe et l’estuaire, si les prédateurs ont changé parce que l’habitat a changé, souhaite la spécialiste. Est-ce que certains prédateurs qui n’avaient pas accès au crabe des neiges y ont maintenant accès? Il faut vraiment regarder l’écosystème dans son ensemble. C’est ce qui va nous permettre de mieux comprendre ce qui se passe actuellement et mieux nous outiller pour prévenir et prédire ce qui va se passer dans l’avenir.»

Chose certaine, les zones de pêche où sont observés les plus grands changements de température et les plus grands impacts sur l’habitat du crabe sont celles qui sont situées au sud. «Dans les zones 16 et 17, on voit de très grands changements, confirme Sarah Loboda. Plus on monte vers le nord, plus ces changements s’estompent. Par contre, ce sont des stocks qui sont encore très productifs. C’est donc difficile de faire des liens à plus ou moins court terme entre la productivité des stocks et la température.»

ESTUAIRE ET NORD DU GOLFE – page 20 – Volume 37,1 Février-Mars 2024

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